mardi 30 janvier 2018

PHIL MOTT - UN P'TIT COUP D'PHIL (2010) - par Pat Slade




Aujourd’hui sera un grand plongeon dans l’inconnu pour beaucoup de gens, ainsi que pour moi avec l’album de l’ami Phil Mott.




Les débuts avec Naos





Il y a des chroniques qui s’écrivent en deux coups de cuillère à pot, d’autres où en une heure tout est bâché, emballé, édité ! Mais pour celle-ci, j’ai une peur panique de me planter grave ! Pourquoi ? Parce que le Phil Mott en question est un pote virtuel avec qui j’ai beaucoup de contacts, et parler d’un pote est toujours plus difficile qu’avec un artiste que tu ne rencontreras jamais. Tu ne peux pas te fâcher avec lui, Claude Toon par exemple n’aura jamais de problème avec Mozart et Beethoven si vous voyez ce que je veux dire.

Alors qui est Phil Mott ? Le bonhomme a déjà de la bouteille et de la route dans les jambes, ce n’est pas un perdreau de l’année comme on dit. Mais quand je dis ça, je ne veux pas dire que c’est un vieillard, c’est que dans le domaine de la musique, il a du métier  et des kilomètres parcourus dans sa besace.

Naos
Il fût le chanteur du groupe de rock progressif (En français s’il vous plait !) Naos. Naos était un groupe de rock progressif français qui n’a rien à voir avec le groupe de métalleux lyonnais. Alors que la France est submergée par la vague progressive, certains se lanceront dans l’aventure avec plus ou moins de succès. Créé en 1976 par les frères Pagano du coté de Versailles, sa ligne musicale se promène entre celle d’Ange et de Mona Lisa. Après quelques mouvements au sein du groupe, Phil Mott (Philippe Mottee) se plantera devant le micro en 1981. Énumérer les musiciens qui sont passés par Naos serait fastidieux, je ne citerai que Lucien Pagano guitariste le père fondateur et l’âme du groupe. Beaucoup de scènes et plusieurs tremplins, dont un au Gibus où ils finiront second sur 400 groupes inscrits, ce qui leur donnera l’opportunité d’enregistrer un 45 tour «L’indien». Ils signent chez Baillemont Productions en 1990, la boite au catalogue bien fourni, où l’on pouvait trouver des noms comme Ange, Julos Beaucarne, Albert Marcoeur ou Claude Demet. Ils vont enregistrer en 1985 une K7 4 titres «L’Envol», puis un CD 1990 «Roc et Légendes», ce sera aussi l’année de la création de leurs fan-club «La Confrérie des Mages de Khétevel» qui éditera un fanzine : «Le Parchemin des Mages».

Un second album sort deux ans plus tard «Naïf le Rêveur», l’album marchera mieux que le premier et Naos commence à se faire une carte de visite plus importante dans le milieu progressif. En 1994, ils participeront à la compilation Muséa en l’honneur d’Ange : «A Propos D’Ange» où ils reprennent «Le Nain de Stanislas». Une compilation où l’on peut aussi trouver des groupes comme Versailles, Galaad, Claude «Chouchou» Demet  et même Christian Decamps. Peu de temps avant la mise en sommeil du groupe, en 1998 : une tournée en Russie avec Mona Lisa, du moins une partie du groupe, soit Dominique Le Guennec chanteur emblématique du groupe et trois membres de Versailles. Si Naos était la pièce la plus importante dans les temples de l’Égypte antique, les textes et la musique du groupe ne sont pas des hiéroglyphes.   


Allo ? Non mais allô quoi !



Phil Mott est un personnage atypique, haut en couleur avec de l’humour à revendre. De ses débuts au sein de Naos, on découvre un personnage barbu avec une tignasse mi-longue et légèrement frisée, un peu comme un Christian Decamps époque «Sève qui peut». Sa voix d’ailleurs se rapproche plus de celle du leader d’Ange à ses débuts que de celui de Mona Lisa. Elle est plus chaude, plus ronde alors que celle de Dominique Le Guennec est plus aiguë et plus métallique. En 2010, il s’essaye à la solitude avec «Un p’tit coup d’phil», un premier album solo composé de 16 titres. Les années ont passé et les images sur le livret de l’artiste le font plus ressembler à un Jean-Michel Brezovar avec des cheveux blancs.

Le titre éponyme «Un P’tit Coup D’Phil» : une histoire d’espérance amoureuse sous couvert rock’n’ rollesque qui commence par un répondeur couvert par de la slide guitare. «L’Idiovisuel» Phil Mott tire à boulet rouge sur la télé réalité et sur plein d’autres petites choses du petit écran qui nous abrutissent et nous déshumanisent ; en plus, musicalement, sa déménage bien ! La voix à un peu changer (Est-ce l’âge qui veux ça ?), elle sonnerait plus comme celle de Tristan Nihouarn (Stan) le chanteur et fondateur du groupe breton Matmatah, du moins sur ce titre.

«La Commère» : un très beau texte d’un réalisme saisissant avec l’horloge du temps qui ouvre et ferme le bal. «Cristal» l’histoire d’un simple verre sur une ballade folk-rock, un simple objet peut faire un titre, Confucius ne disait-il pas : «Une image vaut mille mots» ?  «Le Dilemme» Phil Mott à le cul entre deux chaises avec un début de texte que j’ai lu au  moins cinq fois pour en comprendre le sens (Même si je ne suis pas sûr de l’avoir compris en fin de compte !) : «Je suis textophil’ et occupe un interligne d’un ouragan aphonique. La souris basique et mon instinct s’émaille de messages inter-syllabiques.» Heureusement la suite est plus simple à comprendre, le tout arrosé d’une bonne rasade rock.

«Et Même» avec un son de Lap Steel, des paroles qui sentent le vécu. «Pour l’amour de ma sphère» : jolie chanson que je ne taxerais même pas d’écolo (pour moi un écologiste, est un personnage pas pantophobe, mais qui a peur d’un avenir apocalyptique) mais qui fait comprendre beaucoup de choses. «Sous un ciel de Rage» : un clin d’œil sur notre temps, le titre résume bien le texte avec une petite note celtique. «Quand» Pratiquement toute la chanson est plutôt sombre sauf le dernier refrain sur une musique très folkeuse. «L’Inconnu» : une jolie ballade dédiée à une personne avec du violon et en plus Lionel Baillemont aux guitares.

Patrick Rondat
«Chanson Simple» Phil Mott chante pour sa belle sur un rythme qui fait penser au soleil des Antilles. «Massai Attack» : un petit truc qui sert de bouche trou ? Ou un délire de studio ? Du vent, des percussions et un vocal tribal pendant 55 secondes. «Y’a Plus, Y’a Pas, Y’a Pire» Une attaque très rock ou les guitares sont mises en avant. Ca bouge, ça remue, ça déménage avec le solo de Patrick Rondat. Oui ! Le guitar-héro français qui jouera avec les plus grands comme Steve Lukather, Gary Moore et qui fera même la tournée européenne du G3 avec Joe Satriani et Michael Schenker. 


Robert Defer
«Indian’s Death» : après les massaï, un délire amérindien où Phil Mott nous délivre une petite danse de la pluie. «Zone Blues» : un titre qui fleure bon le vécu sur un rythme de blues-rock, l’histoire de l’auteur qui aurait trop abusé du houblon au festival Avoine «Zone Blues» qui a lieu au mois de juillet dans l’Indre & Loire. «Systèmes Angulaires» Encore une débauche de gros son et de guitares pour le dernier titre avec des pointures comme José Larraceleta qui a été le guitariste du groupe Taÿfa (Avec des musiciens comme Patrice Marzin qui a été longtemps le guitariste de H.F.Thiéfaine). Et puis un autre qui n’est pas inconnu : Robert Defer le guitariste blondinet qui participera à quatre albums du groupe Ange.

Lucien Pagano
«Un p’tit coup d’phil» ce sont des musiciens de première bourre, déjà avec le vieux complice de Phil au sein de Naos : Lucien Pagano et tout le reste de ses copains de récréation ne sont pas manchots. Une belle pâte et une qualité dans l’écriture, que ce soit dans les paroles et dans la musique qui n’auraient rien à envier à beaucoup d’autre production française et d’outre manche. Ça suinte l’envie et le plaisir de jouer, c’est du beau, du bon, du français (Cocorico !!). De plus le sympathique Phil Mott et Lionel Baillemont ont créé une société d’aide aux artistes «Welcome Média Music» rejoints ensuite par deux comparses (Pour l’instant en sommeil), qui se battent contre les grosses boites de distribution pour que de jeunes talents à qui on ne donne pas la parole puissent s’exprimer comme ils le disent eux même avec humour : « les " 3 moustiquaires et le dard tagnan", passant outre des "riches lieux' qui ne veulent pas de certains artistes !». Sur leurs catalogues, non content de trouver l’album de l’ami Phil, on peut y trouver la riche idée et l’excellente initiative de la réédition de l’album de Jean Michel Brezovar «Rue du Salbert» avec 5 bonus supplémentaires et un nouveau design. A quand celle de «Couleur du temps» de Daniel Haas ??

Phil Mott ne s’endort pas sur ses lauriers, il a toujours le virus de la musique et, d’après mes sources, mon petit doigt m’aurait dit qu’une possible reformation de Naos pourrait se faire avec un nouvelle album à la clé. Quelques titres m'ont été donnés, mais pour l'instant je reste discret et ne dévoilerait rien (Même sous la torture... à moins d'un gros chèque !)

Si vous voulez vous procurer l’album «Un p’tit coup d’phil», passez commande à l’association « Soleil Noir» 3 place Jules Massenet 37200 Tours, un chèque de 12 € port compris. «Un p’tit coup d’phil» ça vaut bien un p’tit coup d’pouce !     

Comme il n’y a pas de vidéos de l’album de Phil Mott, Un peu de Naos pour vous ouvrir l’appétit.  Contact Facebook (CLIC)
      








Cette chronique est dédiée à mon amie, et amie de Phil Mott, la douce Cathy, fan de prog et lectrice du Deblocnot'. Elle nous a quittés le 22 janvier dernier.

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