mardi 27 juin 2017

JENGHIZ KHAN "Well cut" (1971)


Mine de rien la Belgique aura produit au cours des 70's une poignée de disques qui demeurent prés de 50 ans plus tard (ça ne nous rajeunit pas !) des pépites recherchés des collectionneurs et passionnées de ces folles années musicales, et régulièrement cités dans les ouvrages spécialisés du genre. J'en citerai une poignée qui me viennent à l'esprit : le purpelien Irish coffee (purplien),  Burning Plague (heavy blues rock à guitares), Kleptomania et son guitar hero Dany Lademacher (qui fut approché pour intégrer Dire Strait), Waterloo (hard prog avec flûte à la Jethro Tull), Machiavel (prog mais pas que, ont touché à tout), les timbrés psyché/prog de Univers Zéro et les Jenghiz Kahn qui nous intéressent aujourd'hui.

Ceux ci se forment en 1970 avec des musiciens déjà expérimentés issus de différents groupes ayant connu un relatif succès : le guitariste François Georges dit Friswa venant des Partisans, qui firent notamment les clubs d'Hambourg comme les Beatles, le claviériste Tim Brean du Tim Brean Group, comme le batteur Christian Servranck. Premier bassiste du groupe, Rémi Bass, est rapidement remplacé par un certain Pierre Raepsaet dont le groupe liégeois Laurélie vient de  splitter. Ils sont cornaqués par un journaliste, le critic rock du mag TéléMoustique Pierro Kenroll (joli pseudo!), parolier qui fait aussi office de directeur artistique. Rapidement ils se font remarquer sur scène avec des prestations incendiaires, et son duo Raepsaet/Friswa qui en plus de sa créativité musicale assure un vrai show comique. De sacrés personnages ces deux là, Pierre Rapsat qui dés 1973 se fera connaitre en solo avec  une vingtaine d'albums  et sera très populaire  en Belgique, un peu au Québec et pas assez  en France, il décédera en 2002 à 53 ans. Quant à Friswa, issu des quartiers populaires bruxellois, baraqué et ceinture noire de karaté, prompt à faire le coup de poing il s’avérera un chanteur et guitariste doué. Aprés Jenghiz Kahn il tournera avec plusieurs groupes, s'essaiera en solo, mais le manque de reconnaissance et des soucis personnels auront raison de lui puisqu'il se suicidera en Janvier 1988.
Pierre Rapsat, Friswa, Christian Servranck et Tim Brean

Le nom de Jenghiz Kahn avait été choisi pour la terreur associée au chef mongol et de fait  ce groupe de furieux, Friswa en tête, fait effet sur le public et mets le feu aux planches des festivals où ils se produisent. L'album sort en Avril 1971 avec une pochette dessinée par Jamic, caricaturiste de TéléMoustique (qui présentent les têtes des 4 musiciens décapités brandies par un géant)  et atteint les meilleures ventes belges, ce qu'aucun groupe local n'avait réussi à faire depuis des lustres.

On commence avec les 7'46 de "Pain", intro au chant a capella suivi d'une cavalcade heavy à la Black Sab' puis un passage folk acoustique avant la reprise des hostilités, des changements de climat dans un même titre typiques du heavy prog de l'époque avec harmonies vocales, orgue, gros riffs....
"Campus A" est beaucoup plus court, pas loin du british blues hard à la Killing Floor avant "the Moderate" porté par un orgue caverneux et une rythmique pachydermique. Après un nouveau court interlude suite du premier ("Campus B") , retour au  prog de "The Lighter" beaucoup plus calme, avec une touche psyché californien. "Hard Working man" verse dans le rock carré avec encore de belles harmonies vocales et de gros traits de guitares et "Mad lover" vers le psyché acoustique avec quelques bizarreries expérimentales et pour finir les 10 minutes de "Trip to paradise", long voyage vers le paradis (ou l'enfer) ou se côtoient déluge de décibels (gros solo de gratte de Friswa) et plages atmosphériques. Au petit jeu des comparaisons, des noms viennent à l'esprit comme ceux de Vanilla Fudge, May Blitz,Uriah Heep, Deep Purple, Iron Butterfly, Ten Years After, Black Sabbath, Budgie..

Les projets fusent, un deuxième album est en cours d'écriture  mais les problèmes vont survenir, la faute à une scène belge trop étroite qui ne permet pas à ses musiciens de vivre de leur musique, la faute aussi à la vague glam qui emporte tout sur son passage incarnée par les Bowie T-Rex, Slade, Sweet et compagnie et ce qui devait arriver arriva : la fin du groupe en 1972. Nous reste cet album qui sans être un chef d'oeuvre est un bon témoignage de cette époque, à découvrir pour les curieux et les amateurs de rock seventies.

ROCKIN-JL



2 commentaires:

  1. C'est pas mal du tout, ça. Peut-être inégal mais de très bon trucs, avec ce petit côté naïf "résidu d'un psychédélisme 60's".
    Certains passages évoquent effectivement Uriah Heep (époque 70-73). Je rajouterai Gun et Three Man Army, et Shotgun Ltd.

    RépondreSupprimer
  2. oui y'a du psyché là dedans , en fait ça mélange beaucoup de genres, des passages carrément heavy à d'autres prog et même folk; y'avait un gros potentiel chez ce groupe dommage qu'il n'ait pas pu durer un peu plus, il parait qu'ils avaient commencé à écrire pour le second album quelques morceaux très prometteur

    RépondreSupprimer