samedi 6 mai 2017

Richard STRAUSS – Une vie de héros - Christian THIELEMANN (2003) – par Claude TOON



- Retour de l'un de vos postromantiques favoris M'sieur Claude ! Richard Strauss le bavarois, l'intro de 2001, celui que m'dame Maggy Toon n'aime guère…
- Ma parole Sonia, vous espionnez mon couple ou quoi ?! Oui, j'avoue ma séduction pour la Kolossal musique de Strauss et "Une vie de héros" en particulier…
- Ah ! Vous voyez, votre chérie préfère les musiques moins tonitruantes, comme moi… hihi. Heuuu, qui est le héros d'ailleurs dans cette affaire…
- C'est Richard Strauss lui-même. Comme Berlioz dans la symphonie fantastique, le jeune Richard se met en scène. C'est à la mode à la fin du XIXème siècle ce goût de l'ego…
- L'ego, c'est un euphémisme… Enfin tout dépend de la sémantique cachée derrière le mot héros. Qui est ce M'sieur Thielemann à la carrure de bûcheron…
- Un chef berlinois d'une cinquantaine d'années, donc assez jeune dans la corporation. Pourtant il se revendique de la tradition d'un Furtwängler ou d'un Karajan, d'où des critiques souvent peu justifiées…

Le héros Strauss faisant de la luge
Oui, Sonia n'a pas tort en soulignant l'intérêt que je porte à la musique ou plutôt à certaines œuvres essentielles de Richard Strauss, porte-étendard avec Mahler du renouveau musical quasi moderniste de l'époque postromantique. Il n'y a pas que le sérialisme de Schoenberg et la polyrythmie de Stravinsky qui ont marqué le tournant du XIXème au XXème siècle ! Ô oui, chez Strauss le génial côtoie le médiocre. Ainsi, ce grand et passionnant poème symphonique Une vie de héros dans lequel le compositeur met en scène la vie d'un artiste, sera suivi de la Sinfonia domestica, carnet symphonique de sa vie conjugal que l'on peut écouter une fois dans sa vie par curiosité, mais pas forcément deux (ça se note 2/6 même sous la direction de Rudolf Kempe).
Début 2014, j'avais ouvert le bal des chroniques sur les poèmes symphoniques de Richard Strauss, le style le plus prisé du maître en son début de carrière. Évidemment, au menu : Ainsi parla Zarathoustra, avec une image de 2001 Odyssée de l'espace de Kubrick ; un billet dans lequel la biographie du compositeur bavarois était détaillée dans ses grandes lignes. (Clic)
Le célèbre poème symphonique Ainsi parla Zarathoustra, ambitieux et un tantinet grandiloquent, forme avec Don Juan, Macbeth, Don Quichotte, Till L'Espiègle et quelques autres partitions, un groupe d'ouvrages inspirés par la littérature, la philosophie (Nietzsche pour Zarathoustra) et la nature (Aus italian – bof). Avec Une vie de héros, Strauss explore une nouvelle voie dans son art, illustre ses propres interrogations sur la vie de l'homme et du créateur (avec un c minuscule). Cela dit, le compositeur reste généraliste dans le sens où les différents épisodes s'assemblent en tant que récit des moments marquants voire épiques que tout homme rencontrera dans son existence. Cette remarque fixe les limites de l'égocentrisme du projet souligné par Sonia. Ultérieurement, des sous-titres ont été donnés aux six parties de l'œuvre. En voici le tableau avec des cases à cocher. Je l'ai rempli pour moi, faites de même dans la seconde colonne, tout le monde va s'apercevoir qu'un héros sommeille en lui…
1.    Le héros
4.    Le champ de bataille

 
2.    Les adversaires du héros
5.    Les œuvres de paix du héros
3.    La compagne du héros
6.    La Retraite du héros et son accomplissement.
- C'est plus fort que vous M'sieur Claude… Vous essayez toujours de plaisanter à propos de la musique classique sérieuse.
- Mais enfin Sonia, mon petit, saperlipopette !!! Qui a dit que la musique classique devait être sérieuse ??!! Rappelez-vous Haydn il y a une quinzaine… Si vous avez au moins 3 points, vous êtes une héroïne 🙆
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Christian Thielemann
La photo de Christian Thielemann, un verre à la main, en short et polo, est un choix volontaire pour contrer certains snobinards français qui n'ont qu'invectives envers ce chef qui, oui, a choisi d'interpréter la musique en suivant le chemin tracé par la grande tradition romantique, celle d'un Furtwängler, d'un Karajan ou d'un Knapperbusch… Baladez-vous sur Amazon, ça vaut parfois le détour dans la culture de l'insulte !
Thielemann est né à Berlin en 1959. Ce n'est donc pas un jeunot, mais son âge le situe deux générations après celle de son maître Herbert von Karajan dont il fut l'assistant à seulement 19 ans à l'opéra de Berlin ! En dehors de son métier de chef, le maestro joue de l'alto et du piano…
Cet homme assez autoritaire et exigeant, il est vrai, oriente dans un premier temps sa carrière vers la scène de l'opéra. Il sera ainsi l'assistant de Daniel Barenboïm à Bayreuth. Il va beaucoup diriger les opéras de Richard Strauss avec plus ou moins de bonheur car les grands chanteurs de talent semblent se faire rares de nos jours.
Le public germanique apprécie cet artiste qui de 2004 à 2011 a dirigé l'orchestre de Munich et, depuis cette date, il est directeur de la Staastkapelle de Dresde, orchestre prestigieux, là encore de grande tradition straussienne… On le voit souvent diriger la Philharmonie de Vienne. Pour résumé, je trouve que l'on confie de bien belles formations à un chef que certains estiment mauvais !! Passage à Covent Garden et au Metropolitan pour compléter le tableau.

Encore au troquet ! Philou, une bonne blonde allemande s'il te plait...
Thielemann aborde essentiellement un répertoire classique et romantique : Beethoven, Wagner, Mozart, Bruckner et surtout Richard Strauss. Mais il met aussi son talent au service du modernisme de Schoenberg ou Pfitzner.  À une époque où des chefs de sa génération comme Ivan Fisher ou Paavo Järvi jouent la carte de la précision absolue, le chef allemand regarde en arrière vers la tradition esthétique portée en son temps par un Furtwängler ou un Karajan. Et là, en France, les critiques fusent aussi violemment que la mauvaise foi !
Quand Furtwängler usait et abusait du rubato romantique (fluctuation volontaire du tempo à des fins émotionnelles et passionnées), on criait au génie. Quand Christian Thielemann fait de même, on conteste ses capacités à lire et à respecter les partitions. Pourtant, sans remettre en cause la légende Furtwängler, ses témoignages discographiques sont des repiquages de 78 tours et de quelques LP monophoniques au son acide et brumeux, parfois à la limite de l'écoutable, et dans lesquels bien des notes sont masquées… Il existe une Passion selon Saint-Mathieu de Bach de 1950, tronquée, certes avec de grands chanteurs de l'époque, mais au final, nous subissons un pensum surchargé et empesé, théâtralisé et non spiritualisé… Oui, Ok, on ne joue plus guère Beethoven avec 40 cordes de nos jours comme le fait Thielemann, mais si le résultat est beau, bénéficie d'une prise de son moderne, il faut être un intégriste grincheux pour bouder son plaisir. On peut ne pas apprécier ce regard vers le passé musical et dans ce cas se régaler avec d'autres interprétations moins gouleyantes, plus mordantes, mais de grâce : stop aux jugements de valeur sans argumentation pertinente. J'écoute le disque du jour en écrivant… Bon sang de bois, quelle prise de son analytique et dynamique au bénéfice de l'orchestration luxuriante de Strauss. Fin du petit coup de gueule…
La discographie de Thielemann est riche, certes inégale, mais le chef a produit un grand nombre de DVD en parallèle des galettes, un plus pour les amateurs de live.
Le disque écouté ce jour a été capté de bien belle manière avec la Philharmonie de Vienne lors d'un concert en 2003.
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Thor affrontant les géants, M. E. Winge (1872)
Composé en 1898, Une vie de héros n'évoque en rien celle d'un personnage de comics, même si le tableau du dieu Thor ci-contre illustre un imaginaire combatif qui a pu influencer la composition de Richard Strauss. À l’époque, divers intellectuels allemands pouvaient être suspectés d'égotisme car se réclamant de la pensée de Nietzche et de son concept du surhomme héroïque. C'est déjà le cas de Strauss dans Ainsi parla Zarathoustra de 1896. La pensée du philosophe, ami un temps de Wagner friand de héros mythologiques dans le Ring, fera, on le sait, des dégâts dans l’idéologie allemande. La notion équivoque d'individu et de race supérieurs participera à la folie de la doctrine nazie. Ô rien de cela ici, et je partage la plaidoirie de Thielemann qui, dans le livret très complet, voit dans ce poème épique un exercice de musique pure, un panégyrique à la première personne assez fantasque et non dénué d'autodérision… D'ailleurs Strauss, s'il se voit en combattant des notes et des portées, en musicien devant lutter contre le mépris et les critiques ou au contraire jongler avec le succès, se montre aussi en époux et en homme non dépourvu de tendresse comme on peut l'entendre dans le final.
Comme son contemporain Mahler, Strauss continue d'inventer l'orchestre moderne très coloré, à l'opposé des effectifs standards hérités de Beethoven et encore présents chez Bruckner ou Brahms. L'orchestre est immense, comme on peut en juger :
1 piccolo, 3 flûtes, 4 hautbois + cor anglais, petite clarinette, clarinette, clarinette basse, 3 bassons + contrebasson, 8 cors, 5 trompettes, 3 trombones, tuba basse, tuba ténor, timbales, grosse caisse, tambour, 2 caisses claires, cymbales, tam-tam, 2 harpes et les cordes dont un violon solo.

1 – Le Héros : Traits grandioses et granitiques des cordes graves et des cors en arpèges. Le thème du héros, la main sur le cœur, sûr de lui, un rien goguenard. Un leitmotiv altier et sophistiqué qui serpente comme à la parade. Un cocktail de chevalerie, d'ambition, d'audace et pourquoi pas d'arrogance virile à la Casanova… L'entrelacs des motifs mélodiques peut faire penser à des variations sur ce thème. Cohérence thématique, leitmotiv à la Wagner, oui mais de forme très libre en jouant sur un chassé-croisé exubérant entre tous les pupitres. La magie du lyrisme de Strauss est bien là, son propos débordant et son orchestration généreuse. L'ivresse sonore symbolise ce héros maître du jeu. Parfois, n'est-ce pas ma chère Maggy, la musique de Strauss est difficile à suivre du fait de l'absence de forme sonate déterministe avec ses expositions, réexpositions et développement judicieusement millimétrés. Ce n'est pas faux, il faut s'abandonner au flot pseudo erratique de ce récit musical fantasque, prêter attention au rôle de chaque note et à chaque intervention instrumentale qui participent au déroulement global de l'intrigue symphonique… Ô oui, exit les chefs à la direction brouillonne et les orchestres aux tuttis approximatifs.
Bien entendu, avec la Philharmonie de Vienne, aucun souci de cohésion, d'esprit d'équipe et bravo aux ingénieurs du son (Ulrich Vette, Jürden Bulgrin, Reinhard Lagemann ; je ne les cite jamais, là je me dois de le faire). Et puis enfin un CD sans trop de compression dynamique, avec des timbales abruptes et une grosse caisse d'artillerie !

La bataille d'Hernani ! Strauss aura la sienne avec Salomé (Clic)
2 – Les adversaires du héros : [4:22] le solo combatif de la flûte rejointe par le hautbois, puis le picolo et enfin le cor anglais, surprend par sa légèreté espiègle. Des accords menaçant des tubas complètent ce conflit entre bonhomie et agressivité symbolisant l'adversité. [5:13] Le leitmotiv lié au héros ressurgit pour contrer ces querelles sans grandes conséquences. Le héros (Strauss himself ?) semble vouloir apporter une réponse apaisée à ses détracteurs. Le développement de ce cours passage réfute un quelconque esprit guerrier, la réflexion s'imposant face aux emportements. Ah les bois de Vienne ! Christian Thielemann met en relief la causticité du propos, équilibre les échanges émoustillés entre pupitres des vents et la sérénité émergeant de l'immense groupe des cordes… "Adversaires" est bien le sous-titre, brutaliser l'orchestre pour illustrer des ennemis aurait été un contresens que le chef évite. On pourra distinguer l'esquisse de la forme Scherzo dans cette partie.

3 – La compagne du héros : L'un des passages les plus développé du poème, une douzaine de minutes. L'élégie et la sensualité les chicaneries marquant toute vie de couple se construit autour d'un tendre, facétieux omniprésent solo du premier violon. Les cordes semblent vouloir imposer la virilité du chef-héros de la maisonnée. La [11:06] mélodie du violon par son charme teinté d'humour contredira cette tentative de dictature masculine. La drôlerie du passage étonne. [12:45] Et non ! Madame ne s'en laissera pas compter. [14:29] On retrouve cette technique si particulière de Strauss consistant à superposer les phrases musicales comme des vagues mélodiques qui se chevauchent, un flux élégiaque et langoureux avec ses arpèges de harpes, ses thrènes voluptueuses des cordes. On se laisse envahir par la beauté plastique des sonorités dionysiaques ou on rejette en bloc ce style B.O. hollywoodienne.

4 - Le champ de bataille : Je pense qu'avec ce sous-titre, Strauss utilise une métaphore ironisant sur les conflits avec les fâcheux et ses contradicteurs comme les critiques et autres journaleux. Une pagaille un peu folle et très rythmée a contrario d'une lourde épopée guerrière telle l'effroyable "la bataille des huns" de Franz Liszt d'une médiocrité braillarde sans bornes. De vous à moi, le compositeur ne porte pas un casque à pointe pour en découdre contre un ennemi surarmé. Nous sommes en 1898, et le compositeur lance dans l'arène toutes ses forces symphoniques à l'instar de ce que fera quelques décennies plus tard Chostakovitch dans ses symphonies illustrant des combats pour la liberté. [20:37] Des appels de trompettes en coulisses (une idée partagée avec Mahler) va bientôt déclencher l'apocalypse, les invectives, la bigorne ; peu de victime. La violence symphonique tente de faire morde la poussière à notre héros dont le thème ressurgit au milieu de la mêlée… [27:05] De toute façon, ce leitmotiv prend enfin le dessus et met fin aux hostilités, on ne naît pas héros par hasard. La "bataille" fracasse le discours musical, regorge de ruptures et de syncopes, déchaîne les percussions. Strauss anticipe en ces années de postromantisme la rudesse sauvage à venir dans les partitions d'un Stravinsky (Le sacre) ou d'un Bartók (Le mandarin Merveilleux).

Le compositeur âgé en plein travail
5 - Les œuvres de paix du héros : [28:20] Ce passage comporte deux parties : une tentative de conclusion à la bataille, un peu lourde et un tantinet redondante, puis [30:20] une méditation qui annonce enfin la réconciliation, une paix intérieure. Les accords de trombones qui introduisent cette réflexion sur le destin d'un héros apaisé apparaissent comme un leitmotiv secondaire, un besoin de retenir l'attention de l'auditeur sur une nouvelle thématique illuminée d'arpèges des harpes qui porte le début du thème du héros, encore et encore… Sans une nouvelle donne de l'orchestration on pourrait ressentir une tendance à la redite, à prolonger de manière hédoniste le poème symphonique. Audacieux de ma part direz-vous… Possible, seule la beauté quasi hypnotique de ses mélodies qui s'enlacent telles des volutes évite sans doute de juger de telle manière ces prolongations sans grand renouvellement de la thématique.

6 - La Retraite du héros et son accomplissement : [34:49] Le dernier "mouvement" constitue un récapitulatif des épisodes précédents. On y ressent un héritage de la fin de Ainsi parla Zarathoustra : l'inquiétude face à la vieillesse, puis une assez longue méditation introduite par le cor anglais qui se poursuit de manière élégante mais un peu banale. Christian Thielemann ne faiblit jamais, adoptant le tempo et les articulations qui confèrent la beauté extatique à cette musique malgré le manque de renouvellement marqué de l'inspiration dans sa conclusion. Ce final reste néanmoins par son architecture complexe un poème dans le poème. La durée de l’œuvre et l'énergie tellurique des forces mises en jeu annoncent le gigantisme et la structure en épisodes de la Symphonie Alpestre (Clic).
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La discographie est pléthorique depuis le premier enregistrement en 1928 par Wilhelm Mengelberg (le dédicataire). Les chefs raffolent de la confrontation avec l'orchestre démesuré et la magie mélodique du compositeur. Cinq propositions qui ne peuvent décevoir pour conclure ce billet…
L'interprétation volcanique, dénuée de toute emphase démonstrative de Rudolf Kempe avec l'orchestre de la Staastkapelle de Dresde est disponible dans un album de 2 CD ou dans l'intégrale présentée lors du commentaire sur Ainsi parla Zarathoustra, Très bon report en CD de ces disques EMI de 1971 (Warner - 6/6). (Clic)
Inexplicablement, l'enregistrement de Karl Böhm à Vienne de 1977 n'existe que dans une anthologie DG de 23 CD réunissant des gravures majeures du chef autrichien entre 1970 et 1981. Une lacune au bénéfice de celle de Dresde en mono de 1957 disponible dans un petit coffret bon marché dédié à Strauss (DG - 5/6). Je vais être franc, cette musique exaltée mérite de la stéréo et de la bonne, j'exclus donc les galettes historiques ou plutôt je les réserve aux fans de Mengelberg, Toscanini, Strauss par lui-même (écoutez la vidéo en guise de témoignage).
Le 6 mars 1954, RCA pose la première pierre de l'histoire de la stéréophonie par la captation au Orchestra Hall de Chicago d'une Vie de héros sous la baguette énergique de Fritz Reiner. Trois micros seulement mais quelle fulgurance. 2 jours plus tard, rebelote avec Ainsi parla Zarathoustra. Quoi de mieux que la folie orchestrale de ces deux œuvres pour promouvoir cette nouvelle technologie. La complicité du Symphonique de Chicago et du taciturne chef hongrois est totale. Pas une ride (RCA – 6/6).
Grand spécialiste de Strauss, Herbert von Karajan a enregistré plusieurs fois ce poème symphonique avec brio, l'hédonisme du compositeur et du maestro allant de pair. La gravure pour EMI semble absente du catalogue mais celle de 1959 avec bien entendu la Philharmonie de Berlin fait le bonheur des collections de réédition (DGG – 6/6).
Enfin pour ceux qui n'aime pas un Strauss trop germanique car parfois sirupeux, la direction fougueuse et au scalpel de Georg Solti avec la Philharmonie de Vienne est pour eux (DECCA – 5/6).

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Une vie de Héros dans l'enregistrement de Christian Thielemann avec la Philharmonie de Vienne, puis un enregistrement historique de 1941 avec Richard Strauss lui-même à Munich. (Le compositeur a 77 ans.) On notera la vivacité des tempos. Malgré le son pâteux, quelle précision dans la battue et quelle verve ! Bref quel peps, un témoignage stupéfiant (6/6).



2 commentaires:

  1. Jolie chronique, et très bon choix des versions proposées à la fin. Pour ma part, je donnerais cependant tous les Solti du monde contre la superbe version de Clemens Krauss -Testament, domaine public-. Par ailleurs, on trouve encore le Karajan/EMI dans la collection "Karajan Edition", ou dans les rééditions en petits coffrets Warner. Le DGG de 1959 est son premier disque DGG pour son retour au sein de la marque : c'est dire l'amour du chef pour le compositeur !
    Plus spécifiquement, et concernant le parallèle Thielemann - Furtwängler : personnellement, je n'apprécie outre mesure ni l'un, ni l'autre, et je ne suis pas trop adepte d'un rubato exacerbé, mais, au moins chez Furtwângler, il était organique. Chez Thielemann, c'est souvent très ostentatoire et parfois un peu téléphoné, pas toujours intégré au discours "comme par nécessité".

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    1. Merci Diablotin pour tous ces compléments toujours aussi passionnés…
      Clemens Krauss ? Moui, vivant, mais le son ne vaut guère mieux que celui de Strauss de 41. Quant aux coquetteries de Willi Boskovsky dans la 3ème partie, je trouve cela un peu chichiteux (je vais me faire lyncher). Une belle interprétation historique cela dit d'un chef disparu trop jeune… La rhapsodie de Brahms avec Ferrier de 1947, beau à pleurer !!! Tiens une idée de chronique…
      Ah il divise le Christian :o) Il est vrai que ces live Beethoven laissent un arrière-goût de trop peu, un manque de provocation chez le bouillant Ludwig van. Verre à moitié plein ou verre à moitié vide ?

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