jeudi 9 mars 2017

DANIEL BALAVOINE au Palais des Sports (1984) - par Pat Slade





30 ans déjà !





Hé oui ! Déjà trente ans que Daniel Balavoine est parti ensemencer le désert en chantant un titre de Francis Cabrel «Tourner les hélicos»… Mais trêve d’humour noir et revenons à un concert qui lui aussi m’a marqué (Un de plus).

Un soir de septembre 1984 à la porte de Versailles, des jeunes gens de tout acabit et de tout âge font la queue devant le Palais des Sports pour allez écouter Daniel Balavoine le petit prodige de la chanson française. La salle de 4500 places sera facilement remplie pendant 9 soirs de suite. S'en suivra la publication d'un double album live d’une assez bonne qualité, à la différence de son précédent album en public enregistré à l’Olympia en 1981 qui souffrait de quelques imperfections.



A Vivre et à Revivre 




Daniel Balavoine va entamer sa dernière tournée et concrétiser et finaliser son rêve de chanteur «Puis après je f’rai des galas, mon public se prosternera devant moi. Des concerts de 100.000 personnes, ou même le tout Paris s’étonne, et se lève pour prolonger le combat» (Le chanteur-1978). Une série de concerts ou la qualité sonore et l’éclairage seront dignes du jeu de scène d’un Balavoine qui mettra toute sa puissance vocale pour offrir à ses fans le meilleur concert du moment.

Il va s’entourer de la crème des musiciens, et pas que des illustres inconnus. Yves Chouard, un des deux guitaristes, qui participera pratiquement à toute la carrière du chanteur que ce soit en tournée ou sur les albums. Il tournera avec pratiquement les plus grands et composera aussi entre autre pour Little Bob Story. Deuxième guitariste ? Si je vous dis qu’il a joué avec Martin Circus ? Gagné ! C’est bien Alain Pewzner. Pour le bassiste, le choix n’est pas difficile, avec un CV comportant des noms comme Mylène Farmer, Véronique Sanson, Hallyday, Sardou, Clerc, Gall, Berger et son groupe du début le Système Crapoutchick, et bien Christian Padovan était le bassiste français par excellence. Pour les claviers, Hervé Limeretz (Avec qui il aura plus tard des problèmes juridiques) et Sylvain Pauchard encore un membre du Martin Circus. Pour la batterie ce sera l’immense Joe Hammer avec ses célèbres moustaches qui iront jusqu’à séduire J.Anderson, B.Brufford, R.Wakeman et S.Howe en 1989. S’ajouteront à tout ce beau monde 4 percussionnistes et les deux panthères noires comme choristes Beckie Bell qui prêtera sa voix à Kassav et à Bill Deraime et Joniece Jamison qui tournera avec Goldman, Montagné et Hallyday mais aussi Elton John et Eurythmics.

Et c’est parti pour un concert d’anthologie, un concert qui restera comme la dernière grande scène de la dernière tournée de Balavoine.

«Lucie» nous met tout de suite dans une ambiance zen, pas de gros accords à te faire sauter les tympans, il enchaîne sur «Les petits lolos» histoire d’un nympholepte tout droit sortie du livre de Nabokov. Entre «Supporter», «La vie ne m’apprend rien» et «Mon fils ma bataille», je ne vais pas faire l’inventaire des 17 titres de la track list, je ne vais m’arrêter que sur certaines chansons comme «Partir avant les miens», un titre magnifique avec une orchestration au clavier des plus harmonieuse. Malheureusement le titre le plus prémonitoire puisque sur la scène du Palais des Sports une mise en scène fera disparaître un Balavoine sous la scène vers la fin du morceau, frisson garantie avec le recul. Mais il y aura aussi des morceaux plus rock comme «Dieu que c’est beau». Avec «Révolucion», il fera participer le public et ce dernier ne se fera pas prier pour chanter. 

Attention l’orchestre va se déchaîner avec «Je ne suis pas un héros» et Balavoine qui n’est pas statique va se sentir pousser des ailes et courir de droite à gauche de la scène. Pour le refrain, ce sera le public qui s’en chargera. Le rappel avec «Frappe avec la tête», et quand on dit rappel, il faut finir aussi fort et on ne sera pas volé sur la marchandise quand à trois minutes du début Joe Hammer commence à frapper fort et la rythmique des guitares se met en branle. Balavoine pousse son public en hurlant et ce dernier se prend au jeu.

Le double album sortira trois mois plus tard et se vendra à 300.000 exemplaires, mais il faut chercher l’album vinyle, avec 5 titres en plus par rapport au CD.

Quoi dire d’autre ? Qu’il fallait vivre ça avant de mourir. Il est tellement rare de rencontrer le talent et de le voir de son vivant ! Une denrée rare de nos jours.               





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