Lundi : C’est un Claude qui a été gâté par le Père Noel qui nous a concocté une sélection originale de chansons autour de Noel de circonstances en ce 25 décembre, délaissant le petit papa Noel de Tino Rossi, mais avec Dutronc, Barbara, Renaud, Piaf, Mr Eddy et Johnny, pas mal !
Mardi : Décidément on va surnommer Pat "Monsieur Prog", en effet après Lazuli, Franck Carduci et autres Gens de la lune, cette fois il s'attaque carrément à Ange, pionnier du genre en France, maintes fois imité mais jamais égalé, et leur album de 1978 "Guet apens", grand album qui contient notamment un des morceaux de bravoure du groupe : "capitaine cœur de miel".
Mercredi : Bruno continue son exploration du nouveau rock burné made in France, après Poste 942 voici les phocéens de Big Fat Papa'z et leur heavy bluesy seventies incandescent qui mit K.O. notre chroniqueur!
Jeudi : pas très original le Rockin de nous pondre un papier sur Johnny en ce moment... mais on l'excusera car il en profite pour nous parler des versions originales de 3 classiques de son répertoire signées d'un groupe espagnol oublié, d'un obscur combo anglais et des bien connus Creedence Clearwater Revival...
Vendredi : Luc a accompagné ses enfants voir Star WarsN° combien déjà 22 ? 23 ? Un tel dévouement force l’admiration... En effet la franchise maintenant chez Disney a été bien édulcoré : rien à dire sur les effets spéciaux mais coté scénario et profondeur des personnages ce n'est pas la bonne salle, un blockbuster sans âme qui, de plus, est passé du coté obscur de la force du tiroir caisse...
Samedi : Claude s'amuse et nous rappelle qu'autrefois (avant 1974), le 1er janvier était la fête de la circoncision de Jésus. Pauvre bébé pense Sonia. Les athées pratiquants se gaussaient de la multiplicité de "vraies" reliques du saint prépuce 😀. Bach, qui était un visionnaire, abandonnait en 1724 toute référence au rituel juif pour proposer ce jour-là une Cantate 41 en l'honneur de l'année nouvelle. Une bien joyeuse carte de vœux musicale.
- Mais M'sieur Claude… Drôle
de choix, une cantate de Bach pour la veille de la saint Sylvestre, le
champagne, le foie gras, la gueule de bois du nouvel an, pas chrétien ça !
- Rien à voir, ici il
s'agit de célébrer la "circoncision" du Christ, un office qui a
toujours lieu le 1er janvier. Avec le temps on parle (à juste titre) de la
cantate du Nouvel an…
- Ô, donc festif quand
même. Pauvre petit Jésus, ça doit faite mal ce rite hébraïque, il doit avoir
lieu au huitième jour du bébé je crois…
- Mal ? Ben oui je pense, la communauté israélite s'interroge sur son intérêt. Le blog n'est pas une tribune sur la pertinence des traditions religieuses,
ce n'est pas l'esprit…
- Oui c'est vrai, place à
la musique, vous parlez de nouveau des disques de Harnoncourt, Herreweghe, Ton
Koopman, les grands du baroque souvent cités ?
- Non Sonia, mais de
Christophe Coin, un spécialiste français du baroque entouré ici de grands
artistes comme Andreas Scholl ou Barbara Schlick…
Triptyque de
Santa Columba de Roger van der Weyden (1464)
La présentation
au Temple (panneau de droite) Le Temple de Jérusalem en architecture gothique 😊
Il
y a une semaine, Marc-Antoine Charpentier et
sa messe de minuit
de Noël nous transportait dans la crèche où le petit messie
venait de voir le jour, somnolant dans une mangeoire de fortune, réchauffé par
les souffles tièdes d'un bœuf et d'un âne (image d'Épinal bucolique plus sympathique
qu'un berceau en plexiglass entouré de monitorings).
Le
8ème jour de sa jeune vie, le bébé a un programme très chargé imposé
par trois rituels juifs : la présentation au temple, la circoncision, et
l'attribution définitive de son nom : Jésus.
Cette triple étape marquant son entrée au sein du peuple d'Israël et son
alliance avec Dieu.
C'est
au début du moyen-âge que va apparaître la fête
de la circoncision le premier jour de l'année, le remplacement du
calendrier julien par le grégorien ne changeant rien à l'affaire. Dans les deux
cas le mois de décembre dure 31 jours ; Noël étant célébré le 25 décembre depuis
l'an 354. D'ailleurs dans le
calendrier des PTT de ma tendre enfance, on pouvait lire : Circoncision ou bien Nouvel an – circoncision. Cela me
posait question… C'est quoi ? En 1970,
le pape Paul VI excédé par certaines paroisses qui toutes revendiquent la
possession du vrai saint prépuce, sans doute bien ratatiné, décide de mettre
fin à cette vénération fort peu spirituelle et qui donne du grain à moudre aux anticléricaux
pour décliner à l'infini des blagues vaseuses. Il décide de supprimer
l'expression. Le calendrier se transforme et devient Nouvel An - Sainte Marie Mère de Dieu (Solennité).
D'autant
qu'à travers les âges, le profane a pris le pas sur le sacré et les offices du
1er janvier ne laissent guère de place à ces détails du rituel
hébraïque. Et la preuve en est que le titre exact de cette cantate 41 (premiers
vers) sera :
Jesu, nun seit gepreiset, et plus
complètement en français : ""Gloire à toi Jésus / En cette nouvelle année". C'est très clair !
Lors
de la composition de la cantate, Bach
était Cantor de Leipzig depuis deux ans, nous sommes en 1724. Il doit
travailler pour des commanditaires de confession luthérienne. Pas de latin mais
des textes en allemand écrits pas des lettrés dont le nom ne nous est pas
souvent parvenu. Il existe d'autres cantates pour le jour de l'An, mais promis,
je ne complique pas les choses. Un chef d'œuvre du genre, une suite de six
cantates suivant la Nativité a été commentée il y a quelques années : l'Oratorio de Noël BWV 248. (Clic).
Jour
de fête oblige, l'orchestre est très rutilant : 1 cor, 3 hautbois, 3
trompettes, timbales, deux violons, alto, violoncelle picolo et basse continue
(dont un orgue positif). Dans l'enregistrement, on entend également un basson.
Vocalement, au chœur, Bach
ajoute quatre solistes, c'est rare : soprano, alto, ténor et basse. On va
retrouver ce quatuor vocal depuis l'époque baroque jusqu'à la fin du romantisme…
La
partition comprend six parties : 2 chœurs, 2 arias et 2 récitatifs.
Curieusement,
le texte utilisé par Bach
ne fait appel à aucun passage des Saintes Écritures du jour. Bach se concentre sur un hymne à l'année
passée et, comme pour souligner le cycle du temps, implore la bénédiction du
Christ pour l'année qui commence.
Pendant
l'office, les lectures du jour seront tirées de l'épitre de Saint-Paul aux
Galates, et de l’évangile de Luc qui évoque cette folle journée où le "divin enfant" portera enfin le
nom de Jésus comme prescrit par l'ange qui visita Marie… La liturgie complète
la cantate sans jamais lui faire concurrence sur le fond. Création le 1er janvier 1725, évidemment.
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Christophe Coin (né en 1958)
À
l'intérêt musical de cet album paru en 1996
s'ajoute une distribution d'exception :
Côté
solistes, des virtuoses du chant baroques :
Soprano : Barbara Schlick qui a chanté pour les
meilleurs chefs qui ont redonné vie au style baroque authentique : de Philip Herreweghe à Franz
Brüggen…
Alto (contreténor) : l'allemand Andreas Scholl et sa voix féérique ne se présente
plus où plutôt rendez-vous vers l'article consacré au Stabat Mater de Pergolèse(Clic).
Ténor : Christoph
Pregardien : lui aussi complice des chantres du baroque des
années 90 et pédagogue.
Basse : Gotthold
Schwarz : encore un chanteur incontournable du chant baroque. Sa
carrière l'a conduit jusqu'au poste mythique qu'occupait Bach
: Cantor de Leipzig depuis 2016
Nous
entendons aussi le Chœur Accentus créé en 1991 et dirigé
par Laurence Equilbey(Clic). L'un des chœurs français les plus appréciés des mélomanes et même au-delà.
Et
comme si tout ce beau monde méritait l'accompagnement orchestral rêvé, place à l'ensemble baroque de Limoges sous la
baguette de Christophe Coin. Christophe Coin en dehors de cette
activité de chef joue merveilleusement du violoncelle qu'il a appris auprès d'André Navarra et de Nikolaus
Harnoncourt. Il a été le fondateur du quatuor
Mosaïqueentendu dans le blog à propos d'un quatuor de Mozart(Clic). Spécialiste également de la viole de gambe, il
enseigne au Conservatoire de Paris. Il tient également le pupitre de
violoncelle picolo pour l'exécution de cette cantate…
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Saint Thomas de Leipzig
1 - Chœur : Jesu, nun sei
gepreiset : Clameur de joie instrumentale en ce jour de fête avec
tambour (timbales) et trois trompettes (et non pas trombones comme marqué sur
le livret – coquille 😊). Bien entendu, pas de chant à
l'unisson, mais le chœur nous offre une
belle polyphonie jubilatoire. Christophe Coin retient les cuivres pour laisser
les violons et les hautbois intervenir clairement dans ce climat de liesse. Un chœur assez
développé de huit minutes avec de nombreux thèmes mélodiques et des solos des groupes vocaux.
2 - Aria (soprano) : Laß o uns, o
höchster Gott : Un air surprenant avec ses trois hautbois complices
qui papotent surveillés par le basson du continuo. Un air où la soprano sollicite
du divin un début d'année aussi heureux que l'a été la fin de celle qui vient
de s'achever. La ligne de chant très pure de Barbara
Schlick s'accorde totalement avec la sincérité du sujet.
3 - Récitatif (alto) : Ach! deine Hand,
dein Segen muss allein : Le récitatif très bref reprend encore et
encore cette thématique cyclique de la succession des ans. L'alpha et l'oméga,
le commencement et la fin, thème chrétien fondamental. Une petite minute bien
courte où Andreas Scholl déploie avec
sa belle voix chaude et articulée des talents de persuasion.
4 - Aria (ténor) : Woferne du den
edlen Frieden : Cet air est dominé par la sonorité soyeuse et
lyrique du violoncelle picolo de ChristopheCoin et, là encore, par la spontanéité de
la ligne de chant de Christoph
Pregardien ; un air exprimant la confiance en la miséricorde
divine et la béatitude
apportée par la Parole de Dieu.
5 - Récitatif (basse, Chœur) : Doch weil der
Feind bei Tag und Nacht : curieux récitatif dans lequel se font
entendre de concert le chœur et la voix de prophète de Gotthold Schwarz
qui exige "Que satan soit foulé à nos pieds". Oui,
curieux, car le chœur reprend les derniers versets pour appuyer la demande
exprimée, principe assez rare dans un récitatif mais opportun ici…
6 - Choral : Dein ist allein
die Ehre : Petit choral conclusif en forme de gloria sur le fond
théologique. Assez classique, les trompettes interviennent joyeusement dans les
ultimes mesures. Une symétrie dans l'orchestration qui souligne l'éternel recommencement, symbolique au cœur de l'esprit de la cantate.
Il y a bien
longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine, il y avait des
rédacteurs de génériques français travaillant pour la plus grosse production de
cinéma mondiale, Disney, qui ne connaissaient pas les règles élémentaires de
l’orthographe… La Force peut beaucoup, mais visiblement ne sait pas accorder
l’auxiliaire être… Ainsi, quand le texte jaune défile dans la perspective, comme au début de chaque
épisode de la saga, peut-on lire : « La Résistance s’est
livré... ». Comme dirait Yoda : Au féminin est le sujet, « ée » doit donc prendre le
participe… Véridique !
Après cette
cocasse mise en bouche, que vaut ce huitième épisode de la saga
intergalactique ? Sur le plan scénaristique, ce VIII n’apporte pas
grand-chose de neuf, un épisode pour rien. Aucun développement. On
reprend les mêmes, et on recommence. A savoir les vaisseaux de la Résistance (en
rade de carburant, y’avait un blocus routiers ?!!) pourchassés par ceux de
l’Empire. Une nouvelle arme qui ne va pas tarder à décimer les gentils, sauf
s’ils peuvent s’introduire dans le vaisseau amiral, et détruire un générateur
ultra bien gardé, mais auquel on peut accéder (on le verra plus tard) avec une
simple carte de crédit… Du déjà-vu. Cet opus manque cruellement de tension dramatique.
En parallèle,
on retrouve Ray, l’héroïne du VII, qui rappelez-vous, avait retrouvé Luke
Skywalker, dernier Jedi en activité, retraité, seul sur son île. Et qui ne veut
en aucun cas revenir dans le jeu. Il en a soupé de ces histoires de bien et de
mal, n’aspire qu’à mourir en solitaire, pêcher de gros poissons (scène
ridicule !) et qu’on lui foute la paix. Mais alors, pourquoi avait-il –
dans l’épisode précédent – tout fait pour qu’on le retrouve, grâce à une carte
Michelin numérique glissée dans un droïde à l’attention de la Résistance ?
Ce qui nous
amène au principal défaut de ce film : la cohérence des personnages.
Comment peut-on imaginer Luke Skywalker, qui a tant combattu, s’est tant
sacrifié, qui avait traversé la galaxie pour libérer Han Solo et Leia des griffes
de la grosse limace (épisode VI, et oui les limaces ont des griffes),
bref, comment imaginer le héros de notre enfance rechigner à voler au secours
de sa propre sœur, à contrecarrer les plans maléfiques de son neveu Kylo Ren, parricide de
son ami Han Solo ? Parce qu’il a échoué dans l’apprentissage du
petit ? C’est un peu court. Que l’acteur Mark Hamill n’ait que ce vieux
ronchon de Skywalker à défendre, c’est triste.
Et Rey, dont
tout le monde se demandait qui elle était réellement, elle qui avait
semble-t-il la Force en elle ? On aura des réponses ? Non. Une simple
fille de carrossiers… Et Finn, lui aussi héros de l’épisode VII, qui faisait
équipe avec Rey, que vient-il faire ? De la figuration. Il doit retrouver
un type capable de craquer les codes d’accès du vaisseau amiral. Une aventure
parallèle qui aurait dû prendre 10 minutes à l’écran, mais qui
s’éternise. Le scénariste lui a collé une fille dans les pattes, Rose, niaise et sentimentale, une petite employée lambda, qui va évidemment se
révéler très forte en maniement de tout.
Du côté des
méchants, c’est pareil. Kylo Ren n’a toujours pas le charisme de son grand
père, Vador, et son projet de devenir calife à la place du calife se comprend mal, à
ce stade. Pourquoi vouloir dézinguer Snoke, le suprême méchant successeur de
l’Empereur, plutôt que de s’en servir habilement à ses propres fins ? Et Snoke
justement… Une tête de Quasimodo version Anthony Quinn, pas terrifiant pour un
sou, quand l’Empereur, sous sa capuche, dont on ne devinait que les petits
yeux rouges perfides sur son teint blafard, nous foutait les jetons à chaque apparition. Snoke, donc, le
plus puissant des Siths, qui s’introduit dans les pensées de tout le monde, et ne
voit même pas arriver le coup bas de Kylo, pourtant à trois mètres de lui…
Certes, Georges
Lucas n’est pas Ingmar Bergman, mais ses personnages avaient au moins une
qualité. Ils luttaient contre leurs faiblesses, étaient tiraillés par leurs
doutes, leurs peurs, étaient animés par leur soifs de vaincre les Forces du Mal.
Il y avait, osons le dire, un aspect shakespearien dans l'affaire. Y compris dans la deuxième (et pas terrible) trilogie, avec un épisode III où
le jeune Anakin (futur Vador) était écartelé entre l’amour de sa mère, son affection pour
Obiwan, et les projets dictatoriaux de Palpatine, alias l’Empereur. Revus et
corrigés par Disney (qui a racheté la franchise), les personnages sortent des
rails, ils sont soit gentils, mais très gentils, soit méchants, mais pas très
méchants. Mais n’ont plus rien d’ambigus. Ils sont nombreux, si bien que dans
ce film, il n’y a pas franchement de premiers rôles, mais une ribambelle de
seconds couteaux, qui apparaissent et disparaissent au gré des séquences.
Ainsi, Phasma réapparait, mais pour pas grand chose, juste le temps de crever. Ce plan avec cet œil, mais ça veut dire quoi ? Dameron (Oscar Isaac) est tête à claques, même profil, pas d'évolution. Le nouveau DJ,pourtant joué par Benicio Del Toro (envoyez le cacheton) joue le mercenaire cynique, comme Harrison Ford en son temps, mais ne s'impose pas vraiment. La trahison fait long feu.
Ce film a aussi un problème dans la narration. On passe sans cesse d’une action à une
autre, sans réelle transition, autre que le ciseau du chef monteur. Ainsi, Rey,
dont on nous dit qu’elle s’est échappée du repère de Snoke avec sa capsule de secours
(ah bon ? si vous le dites… j’aurais préféré le voir), revient 10 minutes
plus tard dans le film avec le vaisseau Millénium, participe à une bataille,
mais redisparaît ensuite, pour revenir à la fin, alors qu’on est censé être en
temps réel ! Question : elle a fait quoi pendant qu’on ne la voyait
pas ?
Alors oui, sur
la forme, le film est spectaculaire, les effets spéciaux sont évidemment
réussis, certains décors aussi, comme l’antre de Snoke, tout en rouge
vermillon, ou cette planète où se situe le dernier combat au sol, un sol blanc,
justement, comme de la neige, qui recouvre une terre rouge sang, du plus bel
effet. Grosse allusion à l’épisode V (mon préféré) avec assaut des dromadaires
mécaniques. Mais encore une incohérence… Comment une arme qualifiée d’Etoile de
la Mort miniature, censée détruire des planètes entières, ne peut-elle pas
venir à bout d’une douzaine de résistants planqués dans une grotte ?! Les méchants sont vraiment crétins. Faut pas effrayer les mômes.
Le film est le
plus long de la saga : 2h30. Beaucoup trop long pour le peu d’intrigues,
il n’y a ni hauts ni bas, ni rebondissements ni climax, une succession
ininterrompue et plate de duels, poursuites, mais aucune scène qui ne sort
vraiment du lot. Du souffle ? Une simple brise, et encore. De la mise en scène ? Non, de la mise en image, nuance. Et cette idée qui germe… et si les nouveaux propriétaires de
la marque avaient voulu, eux, décimer les derniers Jedi ?
Car finalement, le
réalisateur-scénariste Rian Johnson a fait beaucoup plus de dégâts que l’Etoile Noire,
l’Empereur, Snoke et Vador réunis !
Ouais
je sais, vous en avez mangé du Johnny, même des fans me confiaient qu'ils
étaient en overdose suite au déferlement d'émission, de "unes" , d'hommages en tous genres, le Deblocnot aussi s'y est mis
la semaine dernière sous la plume émue de Vincent (clic). A juste titre car qu'on
l’idolâtre, qu'on le déteste ou simplement qu'on l'apprécie (ce qui
est mon cas) Johnny restera un monument de la musique populaire francophone du
20ème siècle, et un type bien d’après plusieurs témoignages directs
que j'ai pu recueillir. Un gars aussi qui n'a jamais triché avec son public,
voir le "Rester vivant tour" de 2016 (clic), plus de 2
heures de rock'n'roll à 73 ans, chapeau!
(merci Cat pour la photo)
Pour
ne pas trop me fatiguer en cette période de fêtes et ne pas vous lasser avec un
nième article sur l'ex "idole des jeunes", j'ai choisi de
revenir sur les originaux de 3 titres du son répertoire, car on le sait Johnny
a beaucoup chanté des adaptations en français de titres anglo-saxon. Souvent
même les aficionados ignorent l'origines de ces morceaux , ce que l'on peut
déplorer; d'autant que Johnny a puisé chez tous les pionniers, de Chuck
Berry à Fats Domino, en passant par Jerry Lee, Eddie Cochran, Little Richard et
tous les autres, ce n'est pas un reproche au contraire puisqu'il a ainsi (un
peu) contribué à amener le rock'n'roll sur les hostiles terres hexagonales...je
regrette simplement qu'il n'ait pas un peu plus cité ses sources (mais bon, il
n'a pas été le seul, c'est pratique courante dans le monde du rock).
Ainsi
donc revenons sur 3 morceaux en particulier :
Black is black
est un titre du groupe espagnol Los Bravos (1966), un nom rarement cité, c'est pourtant le premier groupe espagnol
(avec un chanteur allemand, Mike Kogel) à avoir obtenu un hit mondial.Enregistré en Angleterre par Ivor Raymonde (producteur à succès) pour Decca
Records. Il est adapté en français par Georges Aber (un breton,
parolier qui écrivit -outre 47 titres pour Johnny- pour Bashung, Christophe,
Dick Rivers, Richard Anthony, Sylvie Vartan, Pétula Clark...) et sort en 45
tours le 20 septembre 1966, puis sur le 33 tours "la génération
perdue" (19 octobre 1966). Le titre squattera les sommets des charts
français un bon moment et restera un des titres phares de Johnny. La
version est plus sombre que l'original, sans doute car à cette époque
c'est assez sombre pour Johnny, traqué par le fisc, en plein divorce avec
Sylvie, il fit même une tentative de suicide (10 septembre 66). Pour en revenir
à Los Bravos ils publieront 6 albums fin des années 60 et une trentaine de
singles dans leur style pop/rock/rhythm'n'blues pas très loin des Animals,
Easybeats, Manfred Mann et compagnie, à noter une bonne anthologie en CD (Los
Bravos-Anthology-1966-1969)
Fils de personne sur l'album "Flagrant delit"(1971) , adaptation du "Fortunate son" de Creedence Clearwater Revival (tiré de "Willy & the poor boys" (1969) . Fogerty signait là un pamphlet anti-guerre du Vietnam, dénonçant en particulier le favoritisme envers les "fils de" , cantonnés loin du front et des dangers, chanson qui lui avait été inspiré par le petit fils du président Eisenhower, marié à la fille du futur président Nixon et qui servit dans les réserves de la Navy. L'écrivain Philippe Labro l'adapte ici fidèlement, il signe d'ailleurs tous les textes de cet album, mon préféré du Johnny, qui contient d'autres perles comme "Oh! ma jolie Sarah", "Flagrant délit", "Fille de la nuit" (adaptation de "Delta Lady" de Léon Russell). Musicalement ça assure aussi avec les présences notamment de Gary Wright (claviers), Mick Jones (guitare), Tommy Brown (batterie), Bobby Keys et Jim Price (cuivres), Nanette Workman et Doris Troy (choristes).
Joue pas du rock 'n' roll pour moi (album "derrière l'amour"
(1976)) issu de "don't play rock 'n'roll to me" de M.
Chapman et N. Chinn, chanté initialement par le groupe anglais Smokie en 1975,
combo que j'avoue ne pas vraiment connaitre même s'ils ont sorti une vingtaine
d'albums de 1975 à 2010...Ce que je sais c'est que ce groupe se nommait
Smokey mais que Smokey Robinson les menaça de poursuites et qu'ils
devinrent Smokie, qu'ils eurent quelques hits dûs justement à la plume du duo
Chapman/ Chinn (qui en écrivirent pour Suzi Quatro, Sweet, Hot Chocolate..),
Chapman produisit également Blondie et the Knack (My Sharonna), et qu'enfin
Liza Blackwell fut sur plusieurs disques leur choriste et eu parait-il une
liaison avec leur leader Chris Norman, voilà une info capitale, pour briller en
société. L’adaptation française est signée Long Chris alias Christian
Blondieau (le papa d'Adeline) musicien et parolier qui collabora avec Johnny
sur plusieurs albums, signant notamment les emblématiques titres
"Gabrielle" ou "je suis né dans la rue".
Big Fat Papa'z, un patronyme obscur, qui ne laisse rien présager de l'orientation musicale du groupe.
Pas plus que du lieu de leur Q.G situé dans la ville phocéenne. Une cité qui évoque, du moins dans l'esprit collectif, le Hip-hop, le Rap, les hymnes provocateurs et l'effervescence du stade Vélodrome (1). C'est effectivement très réducteur, cependant les vibrations de ce groupe refléteraient bien moins la musique recrachée par la sono des paillotes et des dancefloors que celui d'un tempérament fiévreux d'outre-Atlantique, voire des pays Scandinaves. Un euphémisme. D'ailleurs, leur Heavy-rock, c'est du chaud-bouillant, que l'on n'aurait aucun mal à croire créé spécialement pour adoucir les hivers les plus rigoureux ; apte à servir de kit de survie pour franchir les Scandes, voire même le Hvannadalshnjùkur.
Big Fat Papa'z, c'est depuis 2014 du gros Heavy qui tache, qui empoigne sans ménagement les tripes. A première vue, du brutal. Pourtant, derrière ce gros son, il n'y a pas que des salves d'énergie brute mais bien une mise en place fouillée. Ce n'est pas du Rock progressif, non plus. Ça respire la spontanéité.
Cependant, si la troupe loge apparemment à Marseille, les trois-quart de l'effectif sont originaires de Toulon. Municipalité, qui elle, est plutôt liée à l'armée ainsi qu'au stade Mayol ; haut-lieu historique du Rugby. Là, ça rigole moins, et l'on comprend un peu plus le caractère offensif et musclé. Même si tout ça n'est qu' "images d’Épinal".
Eux-mêmes se revendiquent, avec fierté, de la catégorie Heavy-blues. Heavy, sans aucun doute possible, mais Blues ... Il y en a déjà qui sautent au plafond et d'autres qui sortent les piques ou les fourches, voire le fusil-à-pompe. Sacrilège !!! Hérésie !!! Blasphémateurs !!! Dans ce cas, se serait du Blues cyclopéen, copieusement plombé. Du Blues trempé dans les hauts-fourneaux de Creusot-Loire, puis consciencieusement irradié dans un réacteur nucléaire de Civaux. Du Volcanic-Blues.
Big Fat Papa'z se distingue par un chanteur dont la voix doit sans mal se classer parmi les plus fortes de l'hexagone. Et que pourraient jalouser certains hurleurs Anglo-saxons. Qui ça ? Dave Grohl ? James Hetfield ? Je pouffe ! C'est d'la gnognotte. En comparaison ils chantent comme des fillettes ! Kanye West ?? Bande de tarlouzes !
Il possède un organe incroyable. Une voix chargée, profonde et rocailleuse. Idéale pour un Heavy-rock des plus virils, mais en même temps une voix pleine de Soul. De la famille des Manu Lanvin, mais filiale Heavy-rock burné ; avec, peut-être bien, la verve, l'énergie et l'engagement d'un Paul Di'Anno d'antan.
C'est également de la grosse gratte nourrie de fuzz épaisse, ou d'overdrive nucléaire, une basse omniprésente terriblement groovy, capable à elle-seule de remplir pertinemment l'espace pour laisser libre cours à la guitare. L'apanage d'authentiques hérauts de la basse des power-trio. Et évidemment, un solide batteur, socle de ces pyroclastes de Hard-blues. Un gars alerte qui a une prédilection pour les toms (au détriment de la caisse claire) sur lesquels il semble vouloir tester la résistance des peaux, et pour une certaine obsession pour fracasser lescymbales.
Le disque est entamé par un mouvement évoquant irrémédiablementKingdom Come, avec râles Plantiens de rigueur, avant de rapidement tempérer le degré d'association. Cependant, le break, lui, n'a aucun scrupule à pousser le bouchon un peu plus loin. Ça sent la provocation, ou l'hommage sincère. On franchit le Rubicon en allant s'épanouir un long moment dans un univers totalement né de l'imagination de Led Zeppelin. En quelques instants, c'est une déflagration de clichés typés, menée tambour battant. Dans l'ensemble, on remarque alors que si la guitare laisse des espaces pour le chant, la basse, elle, est omniprésente, agissant avec autorité. Elle semble armée d'une fuzz faisant parfois baver la fin des notes. A l'image d'un Felix Pappalardi.
Après l'impact foudroyant et explosif du Hard-blues précédent, Big Fat Papa'z prend des risques avec une surprise déstabilisante. "See You There" est une sorte de Heavy-blues-Stoner bastringue. Le célèbre "I Put A Spell on You" a largement servi de matière première. Bien logiquement, le quatuor de ce French-Deep-South, irrespectueusement, a retraité le classique de Screamin' Jay Hawkins en l'envoyant se faire une nouvelle jeunesse au centre VHU pour le passer au broyeur, tout en y rajoutant une bonne dose de ferraille au passage. Pour le liant. La voix chargée de braises rougeoyantes de Damien Ricard rajoute une filiation avec le poète trublion New-Yorkais, Tom Waits. Il fallait oser, mais c'est ça aussi qui est bon !
Retour à un tempo bien plus soutenu. La chanson éponyme pulse, vibre, bouscule et martèle les sens. Entraînée par une basse autoritaire, crâneuse, qui reprend le riff de "Fight Fire with Fire" de Kansas (volontairement ou pas, on s'en fout totalement) en le ralentissant un chouia. Légèrement fuzzy, cette quatre-cordes claque, vrombit, et n'a aucun complexe pour se mettre en avant ; son jeu est parfois proche d'un guitariste de Blues jouant son riff sur deux ou trois cordes, sans accords. Son timbre, plus riche en medium qu'en grave, lui permet de percer le mix de l'orchestre.
Sa tonalité s'accorde avec celle des Tim Bogert, Felix Pappalardi,Jack Bruce, voire parfois celle de Geezer Bulter. Cette dernière référence est plus évidente sur "Come Around", où là encore, la basse s'impose. Cette fois-ci, plus en souplesse. Elle s'érige comme un socle. Elle évolue alors tel un reptile aux yeux brillant d'un appétit inassouvi et impatient. C'est un Blues psychédélique, entrecoupé de soli déchirants et implorants. Le dernier, sonnant comme une Stratocaster gorgée d'une overdrive et d'un phaser généreux, s'envole vers des cimes immaculées. Remember le sulfureux "Limb From Limb" d'une mythique galette de 1979 ? Oui ? Et bien, à mon sens, outre la voix, c'est la même catégorie. Et les circonvolutions de la guitare sur ce titre renvoient au bon souvenir de Fast Eddie lorsqu'il daignait ralentir un instant le tempo. Ceci étant, avec néanmoins un son qui se frotte à celui de Samsara Blues Experiment. Le solo est de toute beauté : un croisement entre Gilmour et un Fast Eddie halluciné. Cela même si le coda n'est autre qu'un clin d’œil au Black Sabbath des 70's.
Pour en revenir à "Soul Fire", le titre éponyme, en deux mots: ça envoie le bois ! Du Heavy-rock palpitant, un rien hypnotique.
On sort la guitare-folk pour "Real Sons" ; une ballade appuyée par la batterie et ponctuée de ponts amplement plombés. Belle chanson sur le sentiment d'un fils envers son père. D'un fils qui attend des réponses. Bien que différent, "Real Sons" possède quelque chose qui fait irrémédiablement penser à 4 Non Blondes, et plus particulièrement au hit international "What's Up". Probablement dû à l'intonation du chant. Les chœurs qui ponctuent la fin de certaines phrases, évoquent les voix des musiciens du Grease Band qui se forçaient à prendre un ton plus haut, féminin, frôlant dangereusement les voix de faussets. Toutefois, ici, l'effet apparaît nettement plus maîtrisé, tranchant avec l'aspect rugueux et volcanique général.
"Ce qui était silencieux dans le père parle dans le fils, et souvent j'ai trouvé dans le fils le secret dévoilé du père " F. Nietzsche.
"Head Buttin' Man" fait dans le boogie impétueux et tonitruant. Un truc plus juvénile, sautant sur place, aussi haut que possible, tel un dératé en se secouant de part et d'autre la crinière. Et en rugissant. GrrRRrr ...!!! 😸 [désolé ... j'ai pas plus gros comme félin ...]. Instant héroïque avec un solo bien enlevé qui se termine par un duo à l'unisson. Du Heavy-boogie à la Ted Nugentfirst period ou celui de The Starz.
Douceur acidulée avec "The Restart", qui se frotte au Blues halluciné à la sauce Frank Marino.
Un final plus pesant, mais moins piquant, presque Stoner. "Hangin' On" prend son temps. Seule la basse suit son propre rythme ; d'un pas plus alerte, elle devance ses compagnons. Et lorsqu'elle décide de les semer, réveillés par l'écho de sa cadence, ils la rejoignent dans un dernier mouvement synonyme de fuite désespérée. "After so many years, I became a free man. But isn't enough for you ... You nasty shadows, shadows of the Klan !"
Passé le doux traumatisme - un rudoiement pour esgourdes non averties - que peuvent entraîner les premières écoutes, on découvre que finalement, Big Fat Papa'z est l'héritier d'une cohorte de barbares des années 70. Ceux qui avait copieusement plombé - le mot est faible - un Blues principalement hérité d'Howlin' Wolf et de Muddy Waters, dans une libération extatique des sens, pouvant parfois l'entraîner à effleurer l'épiderme du Heavy-Metal ; toujours en gardant, cultivant même, soigneusement, ses racines. Big Fat Papa'z, c'est l'esprit de formations tels que Leaf Hound, Buffalo, Cactus, Stray Dog, Granicus, Messendgers, Incredible Hog, Grand Funk Railroad, Irish Coffee, Head Over Heels, Frijid Pink, Ancient Grease, Mountain, ainsi que des deux premiers Black Sabbath. Pourtant, malgré tout, et même en dépit de quelques plans typés Led Zep, il ne s'agit pas d'un quelconque revival, car ces sudistes suivent leur propre voie.
Putain con ! C'est du lourd ! Ça déchire sa race !!!🙆🙌🙌🙆
Depuis ses précédentes réalisations, Big Fat Papa'z a fait preuve d'une belle évolution. Tant dans la composition que dans l'interprétation et l'enregistrement.
Une mention spéciale pour l'artwork (signé Artak Melko) qui a l'avantage d'attirer irrésistiblement l’œil. Les couleurs de feu qui embrasent la pochette (plus évident dans son intégralité) traduisent bien l'atmosphère incandescente de ce bien nommé "Soul of Fire". Cependant, l'étude du dessin (dans sa totalité, recto-verso), on pourrait penser qu'il trahit un esprit salace de l'auteur ; un peu comme celui d'un Hans Ruedi Giger. Le gros barbu vomit dans un puissant flot des jambes de femmes, des seins, des culs et des petits minous.
A l'intérieur, un livret travaillé présentant toutes les paroles des chansons. A chaque page, une chanson, illustrée par une oeuvre de l'artiste. Et en bas de chaque page, une citation qui pourrait avoir été l'objet déclencheur de l'inspiration des paroles. Des citations pertinentes, qui peuvent inciter à la réflexion.
Comme celle du chef guerrier amérindien, Crowfoot, aka Isapo-Muxika (1830-1890): "Nos terres ont plus de valeur que votre argent. Elles existeront toujours. Elle ne périront pas dans les flammes du feu". Ou encore celle de Martin Luther King : "Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensembles comme des idiots". Ou celle de Nietzsche cité plus haut.
de G à D : Nils, Damien, Quentin et Hugo
Damien Ricard : Chants et Guitares
Quentin Crenes : Basse
Hugo Mondena : Batterie et auteur
Nils Kirchner : Guitares
Musique composé par Big Fat Papa'z
(1) Pourtant, depuis l'aube des années 70, la ville a toujours enfanté un lot de groupes toujours prêts à brancher leurs guitares et prêcher la bonne parole des dieux du Rock. Il y a bien longtemps, à une époque où les radios libres existaient, des combos tels que Klaxon et Wild Child parvinrent même modestement à illuminer l'hexagone. Aujourd'hui, il y a Dagoba qui, avec une musique extrême, est toujours d'attaque après vingt ans d'existence.
La fin d’une époque, l’Ange a pris du plomb dans l’aile, mais la
blessure n’est pas si profonde… !
Quand un Ange bat de l’aile
Ange le mythique groupe français a
déjà eu cinq fois les honneurs de nos colonnes et c'est amplement mérité car
depuis la disparition du journal «Best», qui parlerait d’eux hormis le journal du
fan club Plouc Magazine ?
Bouffi et Jo
Après leur dernier album en studio «Par les Fils de Mandrin» qui restera le
plus beau et le double live «Tome VI» en 1977, le groupe va exploser et perdre quelques plumes dont deux de
ses membres les plus emblématiques. Jean-Michel
Brezovar et Daniel Haas vont quitter le
vaisseau. Jo et Bouffi
le guitariste et le placide bassiste partiront suite aux tensions dans le
groupe et surtout à un problème d’argent avec la production. Ils sortiront
chacun par la suite un album solo, «Rue du Salbert…» pour Jean-Michel
Brezovar et «Couleurs du temps» pour Daniel Haas.
Claude Demet et Christian
C’est
donc une page qui se tourne et une époque qui change, même si les trois
derniers membres du groupe, soit les frères Decamps
et le batteur Jean-Pierre Guichard resteront en
place, Ange
va subir un petit lifting, Claude «Chouchou» Demet prendra la guitare et Mick Piellard la basse. Pour rassurer les fans, Christian annoncera que le groupe continue. Ils
partiront en tournée en Belgique, Pays-Bas, Danemark, Suède et en Finlande.
Début 1978, Le journaliste Hervé Bréal deviendra leur nouveau manager et au mois
de mai ils rentrent en studio pour enregistrer un nouvel album. «Guet-apens»
qui sera mis en boîte en deux semaines. Mick Piellard
sera remercié à l’issue de l’enregistrement, ce dernier ne voulant pas jouer
certaines lignes de basse avec comme prétexte un environnement sonore non
propice. Ils vont enregistrer 7 titres sans basse et Claude
Demet jouera lui-même quelques parties de basse qui seront mixées par la
suite en studio et rajoutées à certains titres. Tout cela avant d’engager Gérald Renard qui rejoint le groupe vers la fin des
séances.
Le son
Ange
que l’on connaissait avec sa particularité un peu médiéval va s’actualiser
pour se faire une place dans la tourmente musical de l’époque, la jeune vague
punk vient apparaître sonnant le glas des seventies. Mais dans le fond, rien
ne changera, Christian est toujours aussi «habité» par ses textes et les arpèges
des claviers de Francis continueront à envoûter
l’oreille. « Guet-apens», soit on aime, soit on déteste, mais on ne reste
pas insensible. Un nouveau son que l’on ne connaissait pas venant des
belfortains.
"Réveille toi"
«Guet-apens»
et sa pochette urbaniste, fantastique et violente de Phil Umbdenstock, accompagnée d’un jeu de l’oie
et la pochette intérieure avec le beau dessin de Christian
qui, en regardant rapidement, vous fait penser à une tête de femme, mais en
regardant de plus près : la coiffure n'est autre que des attributs masculins. Une
meilleure production que sur les albums précédents (Sûrement l’époque qui voulait ça !) Un Ange moins classique, mais qui
ne reniera pas sa ligne musicale, avec «A Colin Maillard» et ses huit minutes, les
fans du groupe seront rassurés, Ange est encore là ! Il faut toujours que
l’on trouve une jolie ballade sur leur album comme «dans les poches du berger» ; celle-ci
sera mis en musique par le batteur Jean-Pierre Guichard
dit Pinot. L’un des trois morceaux
qu’il écrira avec Ange, les autres étaient «Ainsi s’en ira la pluie» et «Au café du
colibri» sur l’album «Par les fils deMandrin», un des deux morceaux
de l’album où l’on retrouve bien le passé musical du groupe, l’autre sera le
très court «Virgule». «Un trou dans la
case» un morceau bizarrement tarabiscoté où l’histoire parle d’un
écolier qui crapahute en découvrant la vie. En face B, que deux titres, mais
qui vont
"Capt'aine coeur de miel"
marquer les mémoires des aficionados d’Ange. «Réveille-toi» avec une musique
plus musclée et l'histoire sordide d’un homme qui n’a pas supporté la mort de sa compagne et qui tous les soirs
retournera au cimetière pour un rituel de nécrophagie. La folie aussi s’emparera
de Christian qui sur la pochette, après les paroles
écrira : «Par le délire et l’intensité
du moment, la suite des paroles fut totalement improvisée…»
Mais l’Ange de
«Guet-apens»
ce sera son «Cap’taine
cœur de miel» avec ses deux parties bien distinctes. Une intro rapide
et rock pour passer à des moments plus calmes et planants avec les claviers de Francis. Christian à la
proue du navire jouant les vieux loups de mer alcoolique, le tout entrecoupé
des soli de Claude Demet. Le morceau qui dure
quand même quatorze minutes est admirablement construit, une deuxième partie
dramatique: «Poussière dans
l’absolu, j’ai le cœur qui remue, le couteau dans la plaie» avec
un magnifique final.
Un
autre titre sera enregistré pendant la même session : «Un Jésus cloué
main en calvaire véritable» et qui ne sera pas gardé sur l’album
mais que l’on peut retrouver sur la compilation «Mémo».
«Guet-apens»,
c’est l’album de la fin d’une époque pour Ange, mais, il le finit en beauté. «Guet-apens» Un
bon album d’Ange ?
Non un grand Album pour une fin de décennie.