lundi 10 octobre 2016

"SAD SONGS SAY SO MUCH" ou Mon Top Five des chansons pour chialer dans sa bière (par Philou)




 Qui était là d’abord, la musique ou la souffrance ? J’ai écouté de la pop-musique parce que je suis malheureux ou j’ai été malheureux parce que j’écoute de la pop-musique ? "
Tout le monde (ou presque) reconnaitra les 1ères  premières paroles de Rob (John Cusack) dans le film "High Fidelity" de Stephen Frears (d'après le roman de Nick Hornby).
Une certaine tristesse, une mélancolie, un certain désespoir, une certaine nostalgie se dégagent de mon top five des chansons tristes, heureusement, tout le monde ne réagira pas de la même façon à l'écoute de ces chansons...



Ma chanson triste number one, celle qui me prend aux tripes et me fout le cafard pour la journée c'est "Here's To You" de JOAN BAEZ, un titre composé en 1971 par Ennio Morricone pour le film "Sacco et Vanzetti".
"Here's To You", certainement le plus grand tube de Joan Baez, fait référence à Nicola Sacco et Bartomomeo Vanzetti, exécutés sur la chaise électrique le 23/08/1927 dans la prison de Charlestown (Massachusetts). Pour résumé l'affaire Sacco & Vanzetti, c'est 2 travailleurs émigrés italiens qui furent accusés (à tort) de deux braquages et de la mort de deux convoyeurs.  
Dès l'intro du titre, le son de l'orgue se fait grave et morbide. Les accords de piano, puis la batterie, la voix de la chanteuse et les chœurs montent crescendo. Le texte est un simple refrain de quatre vers qui est répété plusieurs fois avec une orchestration qui s'amplifie et qui passe d'un sentiment de tristesse intense à celui d'un triomphe final.
Cette répétition peut être comparée à une marche de manifestants dont le cortège ne cesse de s'agrandir et qui reprennent en chœur :
"Here’s to you Nicolas and Bart, Rest forever here in our hearts, The last and final moment is yours, That agony is your triumph !"


Ma chanson number two arriverait même à émouvoir le plus cruel et sadique des officiers de la Waffen SS ...
Difficile de faire plus triste avec ce titre de NEIL YOUNG, écrit en 1994 pour le film "Philadelphia"

Pas de guitare pour le loner sur le morceau "Philadelphia", mais juste un piano (et un synthé) avec des arrangements épurés au maximum. La voix de Neil Young est d'une pureté exceptionnelle, ce qui fait ressortir encore plus l'émotion et la tristesse.

En plus, comme la chanson est placée à la fin du film, lorsque la famille revoit les  souvenirs en super 8, impossible de ne pas lâcher sa petite larme.


Mon number 3, c'est "Tears In Heaven" d' ERIC CLAPTON. Là, vous explosez le paquet de Kleenex en moins de 4 minutes 33 secondes quand vous connaissez le sujet de la chanson.
Un horrible drame vécu par le guitariste le 20 mars 1991, le jour où son fils Conor, âgé de 4 ans, s'est tué en tombant du 53e étage d'un gratte-ciel de Manhattan.
Clapton essaye d'expulser sa douleur l'année suivante avec "Tears In Heaven" lors de l'enregistrement d'un concert unplugged pour la chaîne MTV. La chanson coécrite avec Will Jennings apparait également dans la bande son du film "Rush". Il racontera quelques années plus tard dans son autobiographie : "J'étais debout de bonne heure, prêt à traverser la ville pour aller chercher Lori et Conor pour les emmener au zoo de Central Park. Le téléphone sonna et c'était Lori. Elle était hystérique et hurlait que Conor était mort. Je me suis dit intérieurement : C'est ridicule. Comment pourrait-il être mort ? et je lui ai posé la question la plus ridicule qui soit : En es-tu sûre ? Elle m'a ensuite dit qu'il était tombé par la fenêtre."

 
En 4ème position, je mets "The River" de BRUCE SPRINGSTEEN, extrait du double album du même nom sorti en 1980.
L'intro à l’harmonica donne le ton de la chanson, l'atmosphère générale n'est pas à la légèreté mais plutôt à la mélancolie, voire même à la tristesse.
Les paroles parlent des rêves déchus d'un jeune américain qui est obligé de se marier avec sa fiancé qui est enceinte, sa vie ne va pas vraiment se dérouler comme il l'avait prévu...
 
"Et maintenant ces souvenirs reviennent me hanter
Ils me hantent comme une malédiction
Est-ce qu'un rêve est un mensonge s'il ne se réalise pas
ou est-ce quelque chose de pire
qui me renvoie au bord de la rivière
même si je sais que la rivière est à sec
 


Pour achever mon "Sad Top Five", je choisis "No One 's Gonna Love You" de BAND OF HORSES, extrait de l'album Cease To Begin (2007).
La voix haut perchée de Ben Bridwell s'élève au dessus des notes éthérées de guitare et vous touche au plus profond de vous même.
 Le clip (voir ci-dessous) n'est pas le clip original, mais l'émotion qui se dégage des images est encore plus forte que sur celui tourné par le groupe. J'aurai pu mettre ce morceau en number one, tellement il me donne la chair de poule...


 


BAND OF HORSES : "No One's Gonna Love You".



NEIL YOUNG : "Philadelphia"



JOAN BAEZ : "Here's To You"







14 commentaires:

  1. J'avais la chanson "Here's to you" sur un album de musiques de films quand j'étais gamin, par son côté répétitif, elle me semblait fascinante ! Et pour la petite histoire, les personnages de la chanson "The river" sont la soeur et beau-frère de Springsteen...

    RépondreSupprimer
  2. MonTop 5 : "Troy" Sinead O'Connor, "Partie sans rien dire" Charlélie Couture, "Il n'y a pas de nom (Pour le repos de son âme)" Jacques Higelin, "Song for guy" Elton John, "Jealous Guy" John Lennon

    RépondreSupprimer
  3. "Partie sans rien Dire" !!! Là tu m'en bouches un coin Pat. Sacrée chanson en effet. Celle du final de Philadelphia mentionné par Philou est carrément bouleversante. La fragilité de la voix de Neil Young fait en effet toute la différence.

    Pour ma part, et assez instantanément, c'est a Michel Jonasz que je pense avec le titre "Ne Garde Rien" issu de son album La Fabuleuse Histoire de Mister Swing. Oeuvre qu'il me faudra mettre en lumière un de ces jours.
    Au registre des morceaux instrumentaux, là aussi je pense instantanément au bien nommé "Is There Love in Space ?" de Joe Satriani que je dédie toujours a la même personne quand je l'écoute.
    Idem pour toute la première partie (au moins) du "Shine on your Crazy Diamond" des Pink Floyd. Celui là aussi je le dédie toujours a une seule et même personne.

    Jetez donc une oreille sur le morceau "1916" de Motörhead a l'occasion. Vous m'en direz également des nouvelles... bande de p'tits graisseux !

    Bon c'est sur quoi la chro demain ? Bézu ? Sébastien ? Le Grand Ochestre du Splendid ? :-)

    RépondreSupprimer
  4. "1916" Yeaahhh ! Un morceau qui aurait pu être dans l'album "The Wall" du Floyd par son ambiance dramatique et ses longs accords d'orgue. Le Floyd qui à fait un titre qui aussi aurait pus être dans mon Top, "A Saucerful of Secrets" et pour ce qui est de Jonasz, il y en a trop pour pouvoir choisir, "Les fourmis rouges", "Guigui", "J'veux pas qu'tu t'en ailles", "Les Odeurs d'éther" etc... Mon Top 5 deviendrait vite mon Top 20

    RépondreSupprimer
  5. First : Philadelphia.
    Sometimes I think that I know
    What love's all about
    And when I see the light
    I know I'll be all right

    Second : BAND OF HORSES.
    But No one's gonna love you more than I do.

    Third : Madonna.
    So give me one more chance
    Darlin' if you care for me.

    Fourth : Alan Parson Project : The Eagle Will Rise Again.
    All that i ask you
    Is, show me how to follow you and i'll obey
    Teach me how to reach you i can't find my own way
    Let me see the light, let me be the light.

    Fifth : Calogero : Aussi libre que moi.
    Tu peux venir te poser sur moi
    Je ne veux rien t'imposer
    Reste aussi longtemps que tu voudras
    Si le voyage à mes côtés
    Peut simplement te garder
    Aussi libre que moi

    RépondreSupprimer
  6. Vrai Pat qu'en ce qui concerne Jonasz...

    Pour compléter mon Top 5, j'ajoute volontiers "The Raven that Refused to Sing" du ténébreux Steven Wilson. Mais là aussi, chez le bonhomme il y en a plein des morceaux qui vous font monter la larmichette.

    Hello LILA ! Madonna ? ça aussi ça m'en bouche un coin. Quel est donc le titre exact du morceau en question ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. "One more chance" sur une compile de 1996

      Supprimer
    2. Bonsoir Vincent, le titre de l'album est "Something to Remember", une compilation de la chanteuse américaine Madonna,
      sorti le 7 novembre 1995. Le titre est bien "One more chance".
      Magnifique album sensuel. Une voix à et une douceur à vous faire craquer. Rien à jeter !
      Philou propose 5 titres, et je suppose qu'il s'est autocensuré. Comme dit Pat Slade on peut en rajouter des dizaines.
      La musique, quelle soit classique, moderne, jazzie, du blues, rock, hard, hip hop, disco... peut tant nous faire chavirer. Nous avons à notre portée une quantité de titres qui nous bouleversent, nous rappellent des moments difficiles ou très heureux de notre vie.
      Je préfèrerai chialer dans un petit verre (ou grand) de Sauvignon que dans un verre de bière, malheureusement, le résultat sera le même !
      Il faut croire que l'on aime se torturer avec des chansons mélancoliques, quel est est le but ?

      Supprimer
  7. J'oubliais, pour Jonasz, j'aurai cité "La fabuleuse histoire de Mister swing" avec un faible pour "Poussy"...

    RépondreSupprimer
  8. Mon classement :
    Je viens d'écouter : Troye, Partie sans rien dire, Jealous Guy, Il n'y a pas de nom (Pour le repos de son âme)", "Shine on your Crazy Diamond" des Pink Floyd, A Saucerful of Secrets,

    En ce qui me concerne, pour éprouver un certain spleen, il faut que la musique, la voix et les paroles - 's'il y en a - produisent un super cocktail. Piano et violon, grosse orchestration, ça le fait assez bien. Je ne ressens pas du tout les mêmes émotions que vous pour les titres que j'ai cité au-dessus ; moyen pour : Is There Love in Space ?" de Joe Satriani,"Shine on your Crazy Diamond" des Pink Floyd, "Ne Garde Rien", Belles paroles pour "1916" de Motörhead pas de transcendance à cause de la musique à mon goût, Guigui, J'veux pas qu'tu t'en ailles, Les Odeurs d'éther, "The Raven that Refused to Sing, Les paroles des chansons ne me suffisent pas à elles seules.
    Je me retrouve plus avec la sensibilité de Philou avec toutes celles qu'il a citées sauf Here's To You" de JOAN BAEZ qui ne me touche pas plus que ça.
    Je suis OK pour "Song for guy" Elton John, "Les fourmis rouges.

    Nous avons tous des sensibilités bien différentes d'où la complexité dans nos rapports humains...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Si nous avions tous le même ressentis ou la même sensibilité à la musique, je pense que les rapport entre les être seraient insipides. Pour preuve, même si je suis un fan de toutes musiques confondus avec une petite préférence pour le rock alternatif et le hard rock, je me laisse aller très facilement a un état nostalgique avec du classique, les Nocturnes de Chopin ou même une symphonie de Brahms, dans le domaine de la musique (comme dans beaucoup d'autre), l'éclectisme fait chacun de nous des être différents et c'est très bien !

      Supprimer
    2. Oui, c'est très bien ainsi.

      Supprimer
  9. Oui oui ! et encore oui LILA. "Poussy" aussi bien sûr. ;-)

    J'ajouterai que l'émotion que suscite un morceau, quel qu'il soit, peut aussi être intimement lié aux souvenirs auxquels il se rapporte. A titre d'exemple, je ne peux absolument pas séparer l'album Oxygène de JM Jarre sans le lier au souvenir de mon Père. Idem pour "Le Cœur Grenadine" de L.Voulzy. Ce titre qui n'est a la base pas un morceau spécialement triste, me ramène lui aussi a son souvenir. Je pourrai aussi citer "Couleur Menthe a l'eau" et même "Sur la Route de Memphis" d' Eddy Mitchell car il en est de même.

    La musique est décidément quelque chose de très puissant. :-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Et oui, de très puissant...

      Supprimer