lundi 17 octobre 2016

LES ANNEES PIF GADGET - par Pat Slade







A Cœur Vaillant Rien d’Impossible




S’il y a bien un journal qui a marqué la jeunesse avant qu’elle ne lise des revues plus ardues comme Pilote, l’Echo des Savanes et autre Métal Hurlant, c’est bien «Pif Gadget». Cet hebdomadaire a su tenir tête au journal de «Mickey» et de «Spirou». Nos grand pères et même nos pères ont connu Vaillant qui paraitra de1945 à 1969 avant de devenir «Pif Gadget». Un journal révolutionnaire qui proposera toutes les semaines un jeu, une occupation, un cadeau… à savoir un gadget que l’on trouvera avec le journal tel le cadeau Bonux dans les paquets de lessives. Les seul soucis, les jeux en plastique qui étaient parfois fragiles et difficiles à monter (Comme les Kinders).

Les lignes qui vont suivre vont présenter une revue des héros qui remplissaient les pages du journal. Certains vont dirent : «Ah oui ! Je me rappelle de lui !!, j’étais gamin… c’est loin !!» Et d’autres : «Alors lui, je l’avais complètement oublié et je ne m’en rappelais plus du tout !» et pourtant certains sont restés dans les annales de la bande dessinée. 

Le jeune patriote qui deviendra à partir du n°31, «Vaillant» était avant tout un journal d’obédience communiste, le nom de vaillant fut pris pour concurrencer «Cœur Vaillants» une revue pour l’enfance à tendance catholique.  


En 1946, un rescapé de la guerre d’Espagne et du camp de concentration de Mauthausen nommé José Cabrero Arnal arrive à Paris et commence à dessiner dans le journal «L’Humanité», il va tout de suite avoir du succès avec sa première série Placid et Muzo : l’histoire d’un ours et d’un renard souvent en conflit. Ce n’est que 6 ans plus tard qu’il va créer le personnage de Pif le chien. Pif est un chien errant à ses débuts et il trouvera une famille d’accueil avec tonton César, tata Agathe et leur fils Doudou qui n’avait qu’un cheveu en forme de boucle sur la tête comme le professeur Nimbus. Pif sera un genre de Kador, le chien de Binet, avant l’heure. Il n’accepte pas que tonton César l’entraine à la chasse, et fera tout pour protéger ses amis les lapins. Et n’oublions pas son meilleur «ennemi» : le chat Hercule. En 1950 Roger Masmontiel (R.Mas) prendra la place d’Arnal, ce sera lui qui va créer le personnage de Pifou le fils naturel de Pif dont les seules paroles se résument à «Glop-glop !» et «Pas glop-pas glop !». R.Mas va aussi dessiner le personnage de Léo bête à part, un léopard de zoo obsédé par son évasion et opposé au gardien à qui il jouera les tours les plus pendables.





Gadget & Co





Pif Gadget n°1
Nous sommes en Février 1969 et «Vaillant» à vécu, «Pif Gadget» prend la place. L’idée du concept du gadget glissé dans la revue existait déjà chez «Vaillant» sous forme de buvards et autres porte-clés, mais ce sera un certain André Limansky, un baroudeur qui a roulé sa bosse chez Hachette où il développera le livre de poche et concevra la formule de «Pilote» avec son ami René Goscinny. Il va rejoindre «Vaillant» et va créer la formule du «Il faudrait qu’on mette dans le journal quelque chose de magique…C omme de la poudre… On l’arrose et alors, paf !...Il pousse des fleurs». Le concept du gadget était né. Des générations de parents vont le maudire quand leur progéniture n’arrivera pas à le monter. Entre le boomerang, l’appareil photo, la lunette astronomique, le sous-marin, le microscope et autre jeux comme la catapulte et le pistolet à élastique, certains étaient même des organismes vivants. Tout le monde se rappelle du Pois sauteur du Mexique qui (En principe) devenait un papillon, les pifises, des embryons de crustacés (Artemia Salina) qui une fois réhydratés pataugeaient dans un bocal (La mayonnaise n’était pas fournie !).





Pif Gadget : un vivier de Héros 







«Le journal de Tintin» était le journal de 7 à 77 ans, «Pif gadget» sera celui de 7 à 13 ans. Mais il sera celui qui fera découvrir des personnages marquant de la bande dessinée qui resteront cultes. Dans ses balbutiements, on a pu découvrir des dessinateurs comme Nikita Mandrika et son concombre masqué, Gotlib et Gai-luron, Jacques Kamb avec Kouic l’oiseau bleu qui avait des mains à la place des ailes et Dicentim le petit franc. Jean Tabary, le père d’Iznogoud va avoir une place de choix avec Totoche et sa bande de copains et surtout Corinne et Jeannot, cette petite peste blonde qui va martyriser le pauvre Jeannot. Arthur le fantôme qui était déjà sur «Vaillant» va revenir hanter les pages, et sera dessiné par Jean Cézard qui créera plus tard, pour le même journal, les Rigolus et les Tristus. En vrac, il y aura Horace le cheval de l’ouest et Supermatou dessiné par Jean-Claude Poirier décédé trop jeune (37 ans) pour avoir connu une reconnaissance d’un plus large public, la jungle en folie par Mic Delinx et M le magicien par Massimo Matttioli.


Mais «Pif Gadget» va surtout illustrer des histoires avec des personnages qui vont rester dans la mémoire des enfants que nous étions alors. Entre Teddy Ted le cowboy solitaire, le grêlé 7-13 le jeune maquisard avec 7 tâches de rousseur sur la joue gauche et 13 sur la droite, le docteur Justice, médecin humanitaire, judoka et karatéka connu pour son cri qui paralyse (A-it-eeiii !!!!), Nasdine Hodja un Robin des bois des Mille et une nuits et même des adaptions de séries télévisées comme Amicalement Votre et les Mystères de l’ouest.
Des auteurs et héros vont entrer dans la légende. Le premier sera Hugo Pratt et Corto Maltese que certains lisent toujours depuis sa première parution française dans les pages de «Pif gadget» en 1970. Mais ce sera surtout Rahan le fils des âges farouches, dessiné Par André Chéret avec un scénario de Roger Lecureux (Qui écrira aussi Teddy Ted, Nadine Hodja et le grêlé 7-13). Rahan qui enlèvera la palme auprès des lecteurs. Le Léonard de Vinci de la préhistoire, le blondinet idéologue, loyale et courageux avec son collier de griffes et son coutelas qui lui sert de carte Michelin à la fin de chaque aventures. Le bodybuildé n’est qu’un lointain cousin de Tarzan, sauf que celui-ci n’a pas de Cheeta ni de Jane pour l’accompagner. Il tue, égorge et massacre tigres à dent de sabre, gorilles, serpents géant et autres tricératops, mais il a quand même le respect de la vie, car il est rare qu’il tue «Ceux qui marchent debout». Rahan n’est qu’un genre de Jésus préhistorique qui essaye de porter la bonne parole auprès des autres clans qu’il peut rencontrer aux cours de ses péripéties. 


«Pif  gadget» disparaitra en 1994 et reviendra dans les kiosques 10 ans plus tard. La formule à changé et les difficultés financières de l’éditeur font que la publication s’arrêtera de nouveau en 2008.



Un journal qui reste dans les mémoires d’une génération ou le gadget était quand même d'un moindre intérêt que les héros qui en tapissaient les pages.

18 commentaires:

  1. Super ! Oui, effectivement, tant de souvenirs ... Glop Glop !

    Les pois sauteurs du Mexique devaient muer en papillon ?? M'enfin ! On les avait mis sur le gros radiateur à gaz de l'école pour les faire sauter (mais ils dorment ou quoi ?!?). Mais je crois qu'ils n'avaient pas trop aimé.

    Il y avait aussi les formats-poche (en noir et blanc) où l'on pouvait voir une petite animation en faisant rapidement défiler les pages.

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  2. Le Docteur Justice eut droit à son adaptation cinématographique

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  3. Les formats poches et ses effets flip book !! le Docteur Justice avec John Philip Law (L'ange de Barbarella)

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    1. Non !??! L'ange de Barbarella ? Étonnant !
      Je viens de lire que ce John Phillip Law avait joué dans un nombre hallucinant de série B, de supers nanars (dont Sinbad, Diabolik, Tarzan).

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  4. Je dois confesser que dans la cour en CE1-CE2, à la récré, mon grand héros était le Docteur Justice... Capillairement parlant, Rahan est plus proche de Claude François que de Jésus...

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    1. Imagines toi Rahan en train de chanter "Alexandrie Alexandra" avec le pas de danse...pas crédible du tout !! ^^

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  5. Pourquoi ? T'as déjà vu une photo de Jésus ? Non ?
    Certains disent qu'il pouvait très bien être noir (genre éthiopien), et d'autres militent pour un châtain-roux.

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    1. Et des clichés de Rahan ? Y en a pas des masses sur le marché !

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  6. Je suis de la génération Mickey (années 50) et Spirou (début années 60).
    J'ai donc raté les petits pois mexicains sauteurs proposés dans le no du 3 octobre 1971 d'après Wikipédia... J'avais commencé ma carrière le 1er Octobre. Si j'avais amené des pois sauteurs en mes débuts, je n'aurais pas terminé ma période d'essai :o)
    Pour compléter les infos de Bruno, les historiens et les témoins de Jéhovah pensent que, comme la plupart des Hébreux de l'époque, le Christ avait la coupe au bol et ne portait pas de barbe. Ça en fait des crucifix à modifier...

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  7. Si Jésus avait été noyé au lieu de crucifié, aurions nous mis des aquariums au dessus des lits ?

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    1. Pat tu sors !
      Dans mon com de samedi, on parle de la Divine Comédie de Dante. Tu iras dans le 7ème cercle de l'enfer, celui des blasphémateurs !

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    2. Ce n'est pas un blasphème, c'est une constatation !

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  8. Ah merde ! Un hommage à Pif Gadget ! J'ai adoré ces années-là. C'était un fantastique vivier de bandes dessinées. J'ai encore tous les hors-séries : les Super Comiques, 100% Comique, les Pif Parade. Ca me fait toujours plaisir de les relire, c'était tellement inventif et pas du tout niais.

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  9. On parle de la tête de Jésus, et Julien Deléglise nous écrit... Y'a des signes !!

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    1. Attention aux querelles de clocher !!

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    2. Oui ! Sinon le blog, on peut faire une croix dessus...
      Bon je sors...

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  10. Mais ou vas-tu chercher tout ça Pat ? MDR ! Un com sur Pif Gadjet dans ce blog, alors là tu m'en bouche un coin Pat... Comme quoi on ne peut jamais jurer de rien. Surtout avec toi.

    Euh plus sérieusement les gars, j'exige le nom de votre fournisseur !

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    1. J'aime bien rechercher dans la mémoire collective des gens. Il existe surement des blogs qui ont parlés de Pif Gadget, mais le Déblocnot' étant tellement diversifié, je trouvais qu'une telle chronique avait sa place, et dans le genre j'en ai encore plein ma besace. Sinon pour mon fournisseur en calembours et jeux de mots, ce sont des années d'entraînements intensif et une lecture de l'intégral de Pierre Dac.

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