mercredi 27 juillet 2016

Col. PARKER "Rock 'n' Roll Music" (2001), by Bruno

    

     
      Combien y a-t'il eut de super-groupes (du moins considéré comme tels) qui se sont formés et dont l'existence s'est limitée à la réalisation d'un unique album et d'une tournée ? Des tas !
Certains parce que le résultat était bien morne, voire insipide, en dépit d'une affiche prometteuse. Pourtant, d'autres sont parvenus à réaliser un disque ayant les atouts nécessaires pour démarrer sous les meilleurs auspices une nouvelle carrière qui aurait logiquement dû être auréolée de succès.Telle une comète, le groupe s'enflammait rapidement pour finir dans une explosion destructrice. Bien souvent par faute d'un excédent d'égo surdimensionné au mètre carré.
Nouveau chapitre donc sur les super-groupes éphémères. Quoi que celui-ci, pour être honnête, en terme de super-groupes, il s'agit plutôt d'un collectif de second couteaux.


Gilby Clarke

      Col. Parker était une formation qui comportait en son sein un certain Gilby Clarke. Ce même Gilby qui remplaça un temps Izzy Stradlin après son départ des Guns'n'Roses, soit de 1991 à 1994.
     Déjà fort d'une intéressante carrière solo abordant un genre pas si éloigné de celui, justement, d'Izzy, Gilby, après un quatrième album plutôt réussi, « Rubber » (1999) en l'occurrence, décide de retenter l'expérience de groupe.

     Gilby aime bien descendre au Cat Club. Un bar bien "Rock'n'Roll" situé sur Sunset Street, bien pourvu en alcools forts et où l'on joue de la bonne musique. Slim Jim Phantom, alors propriétaire de l'établissement (1), profite de son carnet d'adresse copieusement fourni pour inviter divers musiciens de Los Angeles et des environs pour quelques jams, dont certaines s'avèrent être de luxe. Un moyen de remplir rapidement le club tout en profitant de l'occasion pour passer derrière les fûts en bonne compagnie. La réputation est vite établie et on y retrouve ainsi des huiles de la scène Rock californienne auxquels se joint Slim Jim

    L'ex-échalas des Stray Cats, joue souvent avec Gilby, au point de finir par former un groupe quasi-permanent : The Starfuckers. Le groupe part même en tournée, avec quelques dates européennes, accompagné de Stefan Adika (le bassiste alors attitré de Gilby (2)) et d'un second guitariste, Yogi. Ce quatuor est connu des fans d'Axl Rose pour avoir fait sortir le rouquin de son absence en le faisant monter sur le scène le 22 juin 2000, au Cat Club. 

     Le groupe de Gilbert et Slim Jim prend de l'essor. Ils recrutent de façon permanente Teddy "Zig zag"Andreadis (il avait fait la connaissance de Gilby lorsqu'il rejoignit les Guns N'Roses pour la tournée « Use your illusion »aux claviers, et Muddy Stardust à la basse et aux chants. Pratiquement un gang de loosers, car, hormis Gilby, ces gars là sont alors en pleine traversé du désert. 
Muddy & Clarke (photo T. Campbell)

     Muddy Stardust, (né Mark Dutton), lui, fait partie de ses musiciens malchanceux, qui ont le don de louper systématiquement le coche. En effet, Mark "Muddy" Dutton a parfois côtoyé des musiciens qui ont eu les faveurs du public. Cependant, il ne les a jamais suivit lors de leurs modestes heures de gloire. 
Pourtant cela commençait bien avec son recrutement au sein de Burning Tree . Un trio prometteur dont le premier essai, en 1990, est salué, à raison, par la critique. Malheureusement, il souffre de la vague grunge. Et lorsque son guitariste, Marc Ford, part pour rejoindre les Black Crowes, le trio n'y survit pas. Le batteur, Doni Gray, rejoint Izzy Stradlin et son Ju Ju Hounds. Dommage car le Heavy-Rock-blues-psychedelic de ce trio avait un potentiel conséquent
     Après diverses collaborations éphémères (en tant que musicien, ou compositeur, ou producteur) souvent proches de l'anonymat (où il est bien difficile de retracer son parcours, d'autant plus que, par exemple, ce présent Col. Parker est trop souvent oublié), il renoue avec Marc Ford pour son Fuzz Machine (un disque en 2010). Aujourd'hui, on retrouve Marc "Muddy" Dutton aux côté de Chris Robinson et de son Brotherhood, avec Neal Casal.

      Teddy "Zig zag"Andreadis est l'archétype du musicien de session ou de tournée qui reste dans l'ombre des musiciens qu'il accompagne. Très peu connu en Europe, il a pourtant tournée avec Chuck Berry, Bo Diddley, Alice Cooper, Beth Hart, Slash, Billy Bob Thornton, Bruce Willis, Carole King. Quand il habitait encore dans le New Jersey, dont il est natif, il fut même invité par Southside Johnny et Bruce Springsteen à les rejoindre sur scène.


G à D : Slim Jim, Gilby, Zig Zag, Muddy

     Quant à Slim Jim Phantom, il a bien du mal à retrouver le succès. 
Même son association avec Lemmy Kilminster ne porte pas ses fruits. Il court après le fantôme de la gloire passée des Stray CatsSwing Cats, The Head Cat (avec Lemmy) et 13 CatsLe nom de ses groupes sont un triste et coupable écho de cette vaine recherche.

     Col. Parker produit une sorte d'Americana bien chargé en Rock'n'Roll, pouvant évoquer tout à tour, ou à la fois, Tom Petty, Neal Casal, les Rolling Stones, Georgia Satellite, Beat Farmers, Faces, Ken McMahan (en moins brut et tranchant), un petit côté Quireboys (précisément  "A Bit of What You Fancy" et "Homewreckers & Heartbreakers") également. Un titre comme "Angel's Run" est même très marqué par la Country, le léger habillage de pedal-steel exacerbant le trait.
 Un savant et énergique cocktail qui met la pêche sans risquer de malmener les tympans. Le tout servi par son électrique relativement « roots », parfois Honky-Tonk façon Stones. Un rock où les guitares crunchies côtoient sur un pied d'égalité les dobros, pedal steel, slides et guitares acoustiques. Le piano et l'orgue Hammond sont par contre en léger retrait. Les voix de Gilby et de Muddy sont très proches, ce qui leur permet de jouer sur des harmonies vocales. En choriste de luxe, les lascars se sont offert les services de la belle Roberta Freeman (que l'on retrouve sur la plupart des disques de Gilby Clarke mais aussi chez les Guns'n'Roses, Cinderella, Meat Loaf, Stan Bush, Bernard Fowler, Foxy Shazam, Gin Wigmore, et en concert avec la crème dont Pink Floyd, Mellecamp, Eddie Money, Joe Perry, David Lee Roth, Bee Gees, Lenny Kravitz, Jeef Beck, Black Crowes, Billy Idol, Keb' Mo', Lou Reed, Joe Cocker, Elton John)
      A noter, deux bonnes reprises : « Pills » des New-York Dolls, (sans harmonica toutefois peut-être meilleure que l'original), avec la participation de  Tracii Guns, et un intéressant « Mercedes Benz », plus rock, même si la voix de Janis manque cruellement.

     Une musique sans prétention, très sympathique, plaisante, sur laquelle la poussière ne prend pas, qui respire le Sud des USA (ce qui ne signifie pas pour autant Southern Rock). Une forme de simplicité dépourvue de scories commerciales lui permettant ainsi d'être à l'épreuve de toutes oxydations.
Probablement la réalisation la plus sobre de Gilby Clarke et la plus Hard-rock de Slim Jim Phantom
On regrette qu'il n'y a pas eu de nouveaux chapitres. Même si on a pu voir le groupe se reformer pour quelques concerts, il n'y a plus jamais eu l'ombre d'un projet d'enregistrement. 




(1) Il a dû le vendre au début de la décennie.
(2) Il a également rejoint, pour diverses tournées, L.A. Guns, Alice Cooper, Dee Dee Ramone et Eddie Van Halen.



1 commentaire:

  1. avec quelques dates européennes, accompagné de Stefan Adika (le bassiste alors attitré de Gilby (2)) et d'un second guitariste, cd review

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