jeudi 17 mars 2016

TITANIC Un Groupe Insubmersible par Pat Slade



1970 en Norvège




Dans les années 70, bien avant la pop de A-ha et le métal de Satyricon, la Norvège va étonner le monde du rock avec l’arrivée de Titanic. Il faut dire que la concurrence est rude et le marché saturé par les groupes américains et anglais. A l’origine du groupe, ce trouve un chanteur guitariste : Janne Loseth qui décidera de se séparer son premier groupe et de partir en stop, de sa ville d’origine, pour Oslo pour y chercher du travail. Mais faire du stop avec les cheveux longs n’était pas une chose aisée. Il prendra la décision de faire le voyage à pied, il parcourra les 600 kilomètres du voyage en un mois et demi. Après avoir fait partie de plusieurs groupes locaux, il rejoins The Beatnicks, un groupe très populaire dans les régions scandinaves, et qui attire beaucoup de fans. Ce groupe lui donne l’occasion de rencontrer et de jouer avec des pointures comme Jeff Beck, John Mayhall et Alvin Lee. La chose étrange avec The Beatnicks, c’est qu’ils n’avaient pas de bassiste et c’était l’organiste Kenny Aas qui reproduisait la basse grâce aux pédales de son orgue.

Après s’être rodé au Danemark, The Beatnicks quittent leurs pays pour l’Allemagne où ils seront bien accueillis. Ils rencontreront par la même occasion leur futur chanteur : Roy Robinson. Ils sont découverts par le directeur artistique de CBS France avec qui ils signent  un contrat. Le groupe décide de changer de nom et Titanic naîtra mais toujours sans bassiste. Ils embaucheront l’américain Arica Siggs. Ils commencent à répéter et à écrire des morceaux, ils seront le premier groupe Norvégien à se faire une place dans les Charts Anglais et Allemand.  C’est à la même époque qu’ils demanderont à Roy Robinson de rejoindre le groupe pour prendre la place devant le micro.

Titanic va élaborer son propre style, un mélange de heavy rock et de Santana à l’époque d’«Abraxas», avec des percussions et un orgue en premier plan. Un orgue qui sonne comme celui de Greg Rolie lors de la performance de Carlos Santana à Woodstock. Après plusieurs semaines de répétition, ils repartent en tournée. En 1969, ils s’installeront en France et leur grande traversée commencera en faisant tournée sur tournée. Ils seront même le groupe maison du Club Playboy de Cannes. Après avoir sortie deux singles «I see no reason» et «Searchin», ils sortent leurs premiers albums «Titanic» en juillet 1970 où figure «Santa Fe» qui se classera en tête du Hit-parade en Allemagne. Il faudra attendre 1971 et leur deuxième album «Seawolf»  pour entendre «Sultana» Un des titres les plus célèbres du groupe. «Sultana», à la première écoute, le titre rappelle beaucoup «Soul Sacrifice» de Santana, même si la musique de Titanic ressemble à Uriah Heep à ses débuts, et aussi «Underbird» qui prouve par sa construction musicale que le groupe a du talent. 

Les rangs des fans vont grossir et les morceaux sont encensés par la critique. Titanic sera même surpris quand «Sultana» prendra la cinquième place dans les Charts anglais. Même si ils ont vendu des albums au delà des frontières de leurs pays, la partie n’est pas encore gagnée ; la Norvège ayant peu d’influence sur la scène rock mondiale face au poids lourds anglo-saxons. Mais les fans de rock’n’roll qui se ficheront comme de leur premier perfecto de l’origine du groupe, les adopteront immédiatement. L’album «Seawolf» se classera septième des hit-parades. 

Le claviériste Kenny Aas quitte le groupe et est remplacé par Helge Groslie qui est plus un organiste tendance rock progressif et orgue Hammond (Je ne parlerais plus des changements de personnel au sein du groupe car en  plus de quarante années d’existence, ils ont été nombreux et s’il fallait que je cite tout les noms, ce serait rébarbatif à lire).
1973 «Eagle Rock» un album plus hard avec de beau solo de guitares avec toujours cette prédominance à un son rappelant Uriah Heep mais aussi un peu Grand Funk Railroad. Un grand mélange des genres ou le prog, le psyché et la tendance heavy flirtent ensembles jusqu’à «draguer» le jazz dans le titre «Maureen». «Eagle Rock» : un album à redécouvrir. 

«Ballad Of A Rock’n’Roll Loser» sort en 1975 et Titanic change un peu de style en faisant un blues rock solide avec de belles ballades comme «Riding Shotgun on my Soul» et le titre éponyme «Ballad Of A Rock’n’Roll Loser». Le succès ne sera pas au rendez-vous et le groupe va disparaitre pendant un certain temps. Après deux compilations, ils font leurs réapparitions en 1978 avec un nouvel album «Return of Drakkar» et un renfort de musiciens dont un organiste du nom de Claude Chamboissier, plus connus sous le pseudo de Framboisier qui plus tard sera l'un des piliers des musclés (Parler des musclés ici, encore un tour de force auquel je ne m’attendais pas !). Sans atteindre le niveau des premiers albums, on retrouve quand même leur mordant et leur son caractéristique. Le Titanic commence à prendre l’eau et la verve des années 70 semble avoir disparue. «Eye of the Hurricane» l’année suivante démontre bien que le groupe est sur le déclin et que le naufrage n’est pas loin. En 1984 le groupe va encore se dissoudre après un concert mémorable à Santiago du Chili devant 80.000 spectateurs, un concert qui sera retransmis en direct dans toute l’Amérique Latine où l’audience totale sera estimée à près de 400.000.000 de téléspectateurs. En 1991, ils vont essayer de remettre la machine en marche avec «Lower The Atlantic» qui ne restera pas dans les mémoires. Redisparition jusqu’en 2008 où paraît «Ashes and Diamonds» un album de reprises qui ne donnera rien du tout et contribuera à faire sombrer définitivement Titanic. 

Ils continueront à tourner mais n’enregistreront plus rien, le chanteur Roy Robinson sera victime d’un AVC qui l’obligera à quitter le groupe. Janne Loseth dissout  définitivement le groupe Titanic en 2014.         



2 commentaires:

  1. J'ai dû user jusqu'à la trame le 45 tours (c'est koi cha un 45 tours ??) de "Santa Fé", mais je croyais le groupe éteint dès la fin de la 1ère moitié des années 70.

    Et qu'apprend-on ? Framboisier dans le Titanic ? Voilà de quoi rebuter tous les curieux.

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  2. Bon post sur bon groupe !
    Five stars mon Pat *****

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