mardi 22 décembre 2015

TERRY BRISACK & BAND "Rainy day tales" (2015)


 Terry Brisack, guitariste chanteur et songwriter est un musicien qui a plusieurs cordes à son arc, ou plutôt à sa guitare, puisqu'on le retrouve au sein de diverses formations. Celle-ci, axée sur ses propres compos, ou les Honkytonkers qui rendent hommages aux grands noms de la country et du blues. Mais ses activités ne s’arrêtent pas là puisqu'on le retrouve musicien de studio (notamment sur le dernier et fabulissime album de Johan Asherton dont je vous parlerai bientôt) et également conteur. En effet il anime des conférences et des concerts pédagogiques dans les centres culturels ou les écoles sur l'histoire du blues, du rock'n'roll, de la country, surf, rock psyché, british blues...
 
Belle initiative de transmission en ces temps où les daubes matraquées par NRJ et autres médias poubelles abrutissent les enfants dés le plus jeune age, tiens ils ont pas parlé de ça à la COP21, et pourtant comme pollution...

Pour ce nouvel album Terry s'est entouré de Pascal Favriou (piano et orgue), Timothée Couteau (violoncelle), Alain Philipon (basse), Baptiste Castets (drums), Guillaume Gardey de Soos (trompette) , Johan Asherton (choeurs sur 5 titres) et à la production Patrick Chevalot (et son chapeau).

On commence avec "Medusa"un titre presque instrumental qui lorgne clairement vers la surf music dont Terry est fin connaisseur, avec un clin d'oeil à Méduse, gorgone de la mythologie grecque. Nous n'avons pas été transformés en pierre alors continuons avec "Van der Weyden", référence au peintre flamand du XV eme siècle, une ballade western crépusculaire au souffle puissant et envoûtant, où la voix profonde et sans fards de Terry se marie bien avec l'ambiance.
le band (cliquer sur l'image pour la voir en grand)
Avec "One of the lonely" on est plus dans une pop baroque, psychédélique, élégante autant que classieuse, riche en mélodies et arrangements, où se croisent orgue, guitare, trompette et chœurs. Ajoutons à cela de belles paroles poétiques et nostalgiques, si vous maîtrisez un peu la langue des One Direction (ben oui, qui connaît encore Shakespeare, faut s'adapter à son temps..) elles valent qu'on s'y arrêtent (elles sont sur le livret du beau digipack). Un pop/rock à guitare sympa avec "Wonderland", puis un voyage au pays des fantômes avec "Lavinia d'Aufinedi"à l'ambiance mystérieuse digne de la Hammer (who's that face in the mirror/ where are you coming from/ sad eyed lady in the mirro/ I wanna see you more and more"). Autre titre très cinématographique avec "The ghost town", ville fantôme de western ("only the snakes live on the rock/ where have people gone?"), une ballade absolument superbe, qui en fermant les yeux me fait imaginer Clint Eastwood et Lee Van Cleef chevauchant dans Death Valley, quelques vautours tournoient au dessus d'eux sous le cagnard…Avec Asherton à la guitare et au chant.

en studio avec P Chevalot (à droite)
"Drunk under the moon" développe une ambiance bastringue bluesy/jazzy à la Tom Waits avant "Terry remember me", première reprise (en fait une adaptation de "Johnny remember me" de John Leyton, N°1 des charts anglais en 1961), le genre de truc qui donne la chair de poule, lugubre et beau à la fois, avec cette fois féminine légère et insinuante comme le vent (Catherine Alexandre). Rock avec "You on the phone" puis dans "Sweet Mary" du jazzy, du rock old school et encore des références aux grands peintres (Klimt, William de Nuncques), et un couplet en français.
Hommage ensuite au cinéma muet et une de ses plus grandes figures "Lon Chaney" (1883-1935), connu pour ses rôles dans des films d'épouvante ("le fantôme de l'opéra"), un titre où orgue et violoncelle créent une atmosphère fantomatique. "Beautiful trouble" est dédié à Edie Sedgwick (1943-1971), égérie de Andy Warhol, mannequin et actrice qui s'est brûlée les ailes, morte d'overdose à 28 ans, "a feline in the night", tempo bien rock (genre Elliott Murphy) avec un super solo de guitare et un d'orgue. Je vous parlais plus haut de rock psyché, voici "Alone again or" une jolie reprise de Love (tiré de leur fameux "Forever changes" de 1967 ( chronique)) pour conclure.

Pour parler trivialement voila un album qui me laisse sur le cul, d'une beauté imparable, aux multiples climats et aux paroles érudites. Ces "contes de jour de pluie"ont tout pour devenir des classiques du patrimoine du rock français, même si le terme rock est restrictif ici, vu les touches d' americana, folk, country, blues, surf présentes. Une perle, un de mes  3 ou 4 gros coups de cœur de l'année!

ROCKIN-JL

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