jeudi 8 octobre 2015

TINA TURNER - Live (DVD 2009) – Par Vincent le Chaméléon



Bête de scène

En 1996, lorsque le réalisateur David Mallet avait immortalisé le concert qu'avait donnée TINA TURNER (3 soirs de suite et devant 150 000 personnes) pour promouvoir son album Widest Deams, je pensais que la reine avait sans doute livré là l'un de ses derniers baroud d'honneur. Haut en électricité et en énergie, riche de morceaux d'anthologie, et porté par une super production à l'américaine, ce spectacle m'avait suffisamment marqué pour que j'en fasse de nouveau l'acquisition quelques années plus tard dans sa réédition en DVD.
Plus de 10 ans se seront écoulés. Et contre toute attente, la tigresse n'en démordrait pas... Jusqu'au bout. "Au diable mes 70 printemps... 50 ans de carrière ça se fête !" Voilà ce qu'a sans doute dû se dire au plus profond d'elle-même cette incroyable et satanée Bonne Femme. Je le dis avec toute la bienveillance et tout le respect que j'ai pour cette femme au destin hors du commun et revenue de tout.
Mais comment fait-elle non d'un chien ? D'ou lui vient cette énergie ? Une telle puissance scénique ? Ce magnétisme ? Je l'ignore. Toujours est-il qu'a la vue de ce concert, filmé une nouvelle fois par David Mallet en 2009, il y a fort a parier qu'à la fin de ces 2 heures de spectacle (un peu plus même), vous soyez aussi rincé que tous les musiciens, danseuses et autres intervenants qui se seront donnés au public de TINA de façon aussi intense ce soir-là.

Girls Power

Outre les musiciens exceptionnels qui accompagnaient TINA sur cette dernière tournée (dont les fidèles Jack Bruno à la batterie, John Miles à l'une des guitares et Ollie Marland aux claviers), on comptera au total 7 musiciens + 2 choristes ainsi que 4 danseuses. Et quelles danseuses !!!! Cocorico, l'une d'elle est même française. Les premières images du concert s'ouvrent d'ailleurs sur son superbe postérieur moulé dans une culotte couleur d'or. Arrrgh !!!! (remember le loup de Tex Avery... Vous me suivez !).
Le réalisateur, devant de telles plastiques, est allé jusqu'au bout de ses phantasmes, mettant chacune de ses beautés en valeur aussi souvent qu'il le souhaitait. Mais se serait occulter un peu vite tout le travail de danses et de chorégraphies que ces quatre canons fournissent tout du long pour supporter l'hypnotique TINA vers qui tous les regards convergent (non ce n'est pas un jeu de mot foireux !) malgré tout.

Ce qui est d'ailleurs assez unique dans un spectacle de TINA TURNER, c'est ce sentiment que toutes ces femmes, malgré les sept hommes qui les entourent, détiennent le contrôle total du spectacle. L'attention et la tension, se sont-elles qui en ont le pouvoir tout du long. Bien sûr il y a TINA qui, d'un simple regard, d'un mot, d'un geste est aussitôt capable de retourner toute une arène son avantage. Quelques 70 000 personnes sont ainsi venues manger dans la main de "tigresse Tina". Il faut le voir pour le croire. Cette joie se lit ainsi sur chacun des visages filmés ce soir-là. Evidemment. Un concert de TINA c'est l'assurance de passer un moment de pur bonheur partagé. Les musiciens s'éclatent tellement sur scène, qu'on le ressent instantanément. Et puis comment ne pas adhérer face à un tel concentré de perfection. Mise en scène "Larger than Life" (avec cascades à l'appui), lumières sublimes, son limpide et massif. Et puis encore et toujours ces danseuses qui irradient, qui dynamitent, par leur aisance et leur présence, une collection de morceaux qui sont autant de "Classiques" dans le répertoire de la chanteuse.
Car ce soir-là en effet, il n'y avait que ça... Des Classiques. La presque septuagénaire aux jambes de gazelles ne concentrant son répertoire que sur ses 3 premiers albums solo a succès, à savoir Private Dancer (6 morceaux), Break Every Rules (2 morceaux: Zut !) et Foreign Affair (4 morceaux).
Le reste est un concentré de toute sa carrière annexe. D'abord celle réalisée aux côtés de son cinglé d'ex-mari Ike Turner, puis d'ajouter 2 Bandes Originales de film, dont l'incontournable "We Don't Need Another Hero" issu de Mad Max 3 puis "Goldeneyes" tiré du James Bond du même nom. Au registre des surprises, TINA nous ressort "The Acid Queen" extrait du film basé sur l'album conceptuel Tommy des Who, ainsi qu'un clin d'œil très appuyé à l'égard des Rolling Stones, et qui verra l'éminente choriste Lisa Fisher (choriste officielle des Stones depuis 1989), s'époumoner, avec le métier qu'on lui connait, sur "It's only Rock'n'Roll (But I Like It)".

Maligne la féline !

Au milieu de ce spectacle dense, si magnifiquement agencé et orchestré, TINA et son équipe ont aussi eu recourt à quelques stratèges pour permettre aux danseuses et a elle-même de pouvoir changer de costumes et/ou de tenues. Pour TINA cela revêt sans doute aussi un autre aspect: S'économiser un peu. Rappelons que le show dure plus de 2 heures et que la Dame approche gentiment de ses 70 ans...
Il n'est ainsi pas rare de voir apparaître quelques interludes musicaux chorégraphiés (sur les titres des B.O) ou les deux choristes donner de la voix chacune a leur tour.
Là où le spectacle s'éternise et se perd un peu, c'est au moment où TINA prend le soin de nous présenter tous (je dis bien tous) les acteurs ayant œuvrés pour la réussite du spectacle. On passe donc en revue tous les musiciens: Les choristes, les danseuses, mais aussi les acrobates ainsi qu'une bonne partie de l'équipe technique. A ce petit jeu des présentations (cela permettant à TINA de reprendre clairement ses esprits avant l'assaut final), l'intensité du spectacle s'évanouie quelque peu, alors que ce temps imparti aurait pu être l'occasion d'ajouter 1 ou 2 morceaux de plus. Ceux de l'album Break Every Rules par exemple. "Overnight Sensation" ou le sensuel "Paradise is Here" et son saxo langoureux n'auraient pas été superflu selon moi.

Qu'à cela ne tienne, un spectacle aussi vitaminé que celui-là, il n'y en a pas légion, même de nos jours.

Tout simplement ébouriffant !

Set List :
1 - Steamy Windows
2 - Typical Male
3 - Better Be Good to Me
4 - River Deep Mountain High
5 - What you Get is What you See
6 - Ninja Chase (Instrumental/cascades)
7 - The Acid Queen
8 - What's Love Got to Do With It
9 - Private Dancer
10 - Weapons Sequence (Instrumental)
11 - We Don't Need Another Hero
12 - Help !
13 - Let's Stay Together
14 - Undercover Agent for the Blues
15 - I Can't Stand the Rain
16 - Jumpin' Jack Flash
17 - It's Only Rock 'N' Roll (But I Like It)
18 - Flamenco/oog Encounter (Instrumental)
19 - Goldeneye
20 - Addicted to Love
21- The Best
22 - Proud Mary
23 - Nutbush City Limits
24 - Be Tender Withe Me Baby.

Dans l'ordre : "Better Be Good to Me", "Help" puis "Addicted to Love"



7 commentaires:

  1. Sans oublier le fabuleux guitariste Laurie Wisefield, l'ex-fine gâchette de WISHBONE ASH (1974-1985) et actuellement dans SNAKECHARMER avec Micky Moody et Neil Murray (2 anciens Whitesnake).

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  2. Tout ce que je déteste dans le rock business! Tina en mère maquerelle, des pétasses qui tortillent du cul pour émoustiller des vieux croutons en chemises, des cuivres envahissants, du piano à 2 balles, des chorégraphies...manque plus que la patrouille de France!...Je fuis ce genre de cirque!

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    1. Tu n y connais rien en rock. C est vrai qu aujourd hui les filles a moitie a poil dans tous les clips avec des abrutis et des chaines en or c est beaucoup mieux

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  3. Le regret de ma vie ! Elle était passé en mai 1996 à Bercy avec Bruce Willis en première partie et je n'ai pas eu de places, prise d'assaut. Même chose en mars 2009. J'ai entendus dire qu'il y aurait un nouvel album et une tournée en préparation pour l'année prochaine...info ou intox ?

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  4. Philou: Merci pour cette information. Il vaut le coup cet album des Snakecharmer ?

    Pat: Vu son age, ainsi que les dernières photos de la Dame vu ici sur le net, je doute que mamie Tina ne remette le couvert dorénavant. Je pencherai donc plus favorablement vers l'intox. On verra...

    JLM: Sans vouloir chercher a te faire changer d'avis, je pense que la musique, a ce niveau de notoriété et de réalisation, est un business. Moi ici j'y ai d'abord vu de l'entertainement.
    Tina Turner une mère maquerelle !!!? Si je m'en réfère a sa biographie, le mac qui frappait et violait sa femme c'était bien Ike, pas l'inverse. Ne nous trompons pas. Sexy, Tina l'est et en a toujours avantageusement jouée, sans pour autant passer pour le genre de "Bitches" façon Madonna, Rihanna ou Lady Gaga. C'est selon moi Là ou est toute la différence. Quant aux "pétasses" qui tortillent du cul (et accessoirement transpirent pour de vrai), encore faut-il qu'elles le bougent avec talent leur popotin. Et là clairement, on n'est a cent lieux d'une chorégraphie de chez Mylène Farmer.
    Des vieux croûtons en chemise dis-tu ? Sur ces images, je n'en ai pas vu des masses. En revanche, le nombre considérable de femmes de 25 à 55 ans présentes ce soir là sur le devant de la scène, prouve que la majorité d'entre-elles sont moins bégueules que certain d'entre-nous. Là encore je ne te trouve pas de très bonne fois ami Juan.
    Je pense également que si tu t'étais vraiment pencher sur le produit, tu te serais aperçu qu'a l'exception d'un sublime saxo (réécoute donc "Help" ci-dessus), de cuivres envahissants il n'y en a pas traces.
    Concernant le piano, qu'en attendais-tu, dans ce style là précisément ? L'intelligence de tous ces musiciens, au milieu de ce spectacle haut en couleurs, c'est justement de ne pas en rajouter. Comme dit la chanson: It's only Rock' n' Roll ! Jerry Lee Lewis ne frappait-il pas une même note, un nombre incalculable de fois, sur 2, 3 ou 4 mesures d'affilées le temps d'un "Great Ball of Fire"? Le tueur était pourtant bien son sûr-non ?

    Moi de temps en temps, j'aime bien qu'un spectacle m'en mette un peu plein la gueule. Et là clairement, j'aurai été servi.

    Dis-moi JLM, ce n'est pas toi qui étais aller voir AC/DC dans un grand stade à Marseille il n'y a pas si longtemps ? Tiens ben pour le coup, c'est moi qui fuis depuis longtemps ce genre de spectacle. Parce qu'entre leur grosse poupée gonflable des Autraliens et celles (bien réelles) de Tina, mon choix est largement fait depuis belles lurettes. Non mais des fois !

    Qui aime bien... ;-)

    @ bientôt !

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    1. Ah mais je tente de convaincre personne. je dis juste que ce cirque m'horripile, les Folies Bergères, ce n'est pas du tout ce qui m'attire. Moi c'est "simple, bon, efficace et sans trop de prétention" © Pete Townshend...
      La 3eme et dernière fois que j'ai vu AC/DC, c'était le 13 janvier 1981 en Avignon. Y'a méprise, camarade!
      Pace salute amigo!

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    2. L'album de Snakecharmer ..... pas mal, rien de renversant, du bon vieux heavy rock à la sauce bluesy, joué par des briscards.

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