mardi 5 novembre 2013

THE IMAGINARY SUITCASE "Full moon fever" (2013) par ROCKIN-JL

Bon, je vous l'avoue quand on m'a proposé ce disque j'ai un peu tiqué, un gus qui fait du folk , tout seul, ça peut vite être pénible, j'ai ainsi de mauvais souvenirs de première parties de concerts bien lourdes; et en plus c'est du belge...déjà qu'ils nous ont refilé Stromaé, ils auraient pu le garder..
Attention je n'ai rien contre nos amis dévoreurs de frites, je leur suis même éternellement reconnaissant  pour le breuvage sacré de leurs abbayes (les bières!)  et voue un culte au grand Jacques*, mais je ne pouvais pas laisser l'occasion de balancer une petite vanne sur les belges, pour une raison qui m'a toujours dépassé ça fait  marrer les mangeurs de camemberts et de grenouilles..

Mais revenons à nos moutons, qui se cache donc dans cette" Imaginary Suitcase"  (valise imaginaire)?
Après enquête il s'avère que c'est le projet solo du guitariste chanteur Laurent leemans, belge donc de son état, et depuis 1996 membre du groupe Ceili Moss, qui donne dans un  folk/rock aux influences celtes et médiévales, inclassable autant qu'étonnant (allez jeter une oreille sur leur album "La vie sent quoi?" ceilimoss.bandcamp.com).
Ce "Full moon fever" est le 3eme album autoproduit de Laurent en 2 ans et l'occasion pour lui d'explorer une autre voie musicale que celle de son groupe. Cette "fièvre de la pleine lune" dont le titre même  évoque le vaudou, les bayous, Dr John ou John Fogerty est un virus fulgurant, transmissible par simple écoute et résistant à tous les vaccins connus. Les symptômes en sont la chair de poule qui vous saisie, bientôt suivie d'un état de transe puis de l’irrépressible besoin de  machinalement tel un zombie remettre le disque encore et encore, redoutable!
Difficile de retranscrire des émotions sonores sur papier -enfin, sur écran plutôt- alors pour faire simple disons que l'artiste se vautre dans un folk sombre, puissant, empruntant au blues  mais aussi au  "cold"  de Joy Division, au rock des Smiths -rien d'étonnant quand on sait que notre  ami est fan de Morrissey- , à Nick Cave, à la country alternative aussi avec des groupes comme Woven Hand (de David Eugene Edwards des 16 Horsepower).
Quelques titres ressortent comme "Bonny at morn" où il est accompagné de la chanteuse Cécile Gonay, pour un superbe mélange de  voix; ah oui au fait je ne vous en pas encore parlé de cette voix, une voix  puissante, profonde, prenante et captivante, tellement que parfois il a à peine besoin d'instruments pour la mettre en valeur comme sur "Moonlight on the water" à moitié "a capella", le genre de trucs "qu'on se tait et on écoute" tant ça vous prends aux tripes, avec un accompagnement minimaliste autant qu'efficace, simple et compliqué à la fois, aux brusques poussées rock parfois. J'ai lu qu'on comparait parfois sa voix à celle de Mark Lanegan (Queen of the Stone Age, Soulsavers) et comme dirait l'autre "c'est pas faux".
 Autres titres phares, "Electric" , un blues profond, crépusculaire et ténébreux qui doit faire frémir le fantôme du bluesman voodoo  John Campbell ; ou encore le seul titre en français "A une passante", beau texte, et accompagnement aux réminiscences folk 70's à la Malicorne, avec un gimmick de fiddle classieux (Jean François Durdu).

De toute façon il faut écouter plusieurs fois pour comprendre et rentrer dans cette musique, qui n'est pas une fille facile et ne délivre pas tous ses secrets  le premier soir, elle n'en est que plus belle et lumineuse.
Mais il est tard Monsieur, faut que je rentre chez moi *, et je vous laisse faire votre valise imaginaire et partir pour un beau voyage, vous me remercierez plus tard...

(le site pour écouter, acheter: theimaginarysuitcase.bandcamp.com )

(*Brel, "ces gens là")


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