mardi 3 septembre 2013

ERIC BURDON "Til your river runs dry" (2013) par Rockin-JL




avec les Animals (Burdon à droite)
Eric Burdon est incontestablement une des voix du rock, à l'instar des Joe Cocker, Van Morisson ou Rod Stewart. On se rappelle de ses versions intemporelles avec les Animals de "Don't let me be misunderstood" ou "The house of the rising sun", c'était il y a bien longtemps, début des sixties, et de l'eau a coulé sous Tower Bridge  depuis. Il a ensuite tourné avec le groupe américain WAR (1969-1971) puis en solo ou avec diverses moutures des Animals ou New Animals, et affiche une trentaine d'albums au compteur, le dernier avant celui là remontait à 2006 ("Soul of a man"). Burdon, né à Newcastle en 1941, a aujourd'hui 72 ans, le visage buriné d'un baroudeur du rock - un des rares survivants du festival de  Monterey (1968) - et la voix patinée par les ans, une voix  imposante et chaude reconnaissable entre mille. Cette voix qui nous scotche d'entrée sur "Water", un rock puissant, emmené par 2 guitares (Johnny Lee Schell, Billy Watts), la mandoline de Eric McFadden  et l'orgue Hammond de Mike Finnigan (une légende, son CV donne le vertige, pensez donc il jouait sur "Electric Ladyland" d'Hendrix, aussi avec Joe Cocker, Etta James, Buddy Guy, Crosby Still & Nash, Leonard Cohen ou Bonnie Raitt). On notera la rythmique composée de Tony Braunagel (drums) et Terry Wilson (basse) qui ont déjà joué ensemble dans le Back Street Crawler de Paul Kossof (Free) dans les 70's, et ont souvent collaboré avec Burdon par le passé.

avec War (pas la peine de préciser où est Burdon..)
On ressortira aussi  "Devil and Jesus", blues tirant sur le gospel avec le thème classique de la lutte bien/mal ("the Devil and Jesus controlling my soul, they fight  with each other, but I pay my toll"), avec d'étonnantes vocalises haut perchées de Burdon. On retrouvera McFadden à la guitare espagnole sur l'hispanisant "Wait", Olé !
Retour au rock pêchu avec "Old habits die hard", décidément il n'est pas encore mûr pour la maison de retraite le père Burdon !
"Bo Diddley Special" est un des gros temps forts, un  hommage à Bo Diddley, décédé en 2008,  un "Bo Didley beat" obsédant où Eric raconte l'influence qu'à eu l'homme à la cigar box guitare  rouge sur lui (les Animals chantaient déjà "The story of Bo Diddley" en 1964 !). Bo, dont il reprend aussi le "Before you accuse me" en clôture de l'album.
et now...
Une belle ballade, avec "27 Forever" sur le fameux club des 27 (Hendrix, Morisson, Janis et les autres), au passage on se félicitera que notre ami soit lui toujours là, peut être n'a-t-il pas vendu son âme  ("You'd sell your soul to the devil, to stay at this level, and be 27 forever").
Mais mes titres préférés arrivent avec "River is rising"  son ambiance vaudou, ses cuivres, piano, choeurs, percus, quelque part entre Tom Waits et Dr John; et "Invitation to the white house" où Burdon s'invite à la Maison Blanche causer de la paix au petit dej' avec le président, mais ce n'est qu'un rêve, sur le thème bluesy de "I'm a man" (encore du Bo Diddley) (ou "Hoochie coochie man" de Muddy Waters, c'est le même riff).
Un bien bel album donc pour ce vétéran qui pourrait en remontrer à bien des jeunots !



2 commentaires:

  1. Allez petite rectification le riff de I'm a man et celui de Hoochie Coochie ne sont pas exactement les mêmes et de plus Hoochie Coochie man comprend une résolution sur les accords du 5eme degré et du 4eme alors que I'm a man reste sur le premier accord ;o)

    Chouette opus en tous cas a garder dans la liste d'achats

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    1. tu peux y aller Jipes, c'est excellent; c'est vrai que le bonhomme est un peu oublié et sort ses disques un peu dans l'indifférence, il a moins de groupies que Justin Bieber ou les One direction (qui seront bientôt dans le deblocnot, si!)mais perso j'adore, et quelle voix.(j'espere qu'on ne va pas te ruiner quand même..)

      Concernant ta remarque, oui tu as raison, je voulais dire la même trame, d'ailleurs I a man de Bo est adapté du Hoochie coochie man de Dixon, et Mannish boy fut écrit en réponse à I' a man; comme toujours dans le blues pas facile de connaitre la paternité des standards..

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