lundi 26 novembre 2012

MARILLION - "Holidays In Eden"- (1991) par Phishou



 Vacances au Paradis sans le Poisson....

La nouvelle tombe en septembre 1988 et les fans sont abasourdis !!!!
MARILLION annonce officiellement le départ de leur chanteur Derek William Dick, mieux connu sous le nom de Fish, le bucheron écossais. Pendant ce temps là, la maison de disques EMI se dépêche de sortir un dernier album live "The Thieving Magpie".
Le groupe cherche alors un nouveau chanteur et trouve la perle rare en la personne de Steve Hogarth, qui avait officié au début des années 80 dans The Europeans.
Un nouvel album sort en septembre 1989, "Season's End", mais les fans du groupe sont déçus, MARILLION sans Fish ce n'est plus MARILLION !!!
C'est sûr que le groupe a perdu avec Fish, non seulement un chanteur charismatique, mais également un excellent parolier.
Ce 1er album sans lui soulève beaucoup de controverses et beaucoup de personnes (dont moi) se désintéressent de la suite des aventures musicales du groupe.

"Holidays In Eden" sort en juin 1991 et va sonner le glas de MARILLION. 
A partir de cet album, le changement esquissé depuis la sortie de "Seasons End" va s'accentuer et leur musique va virer vers une pop progressive beaucoup plus accessible et plus....commerciale !!! Ça y est le mot est lancé, de la musique commerciale !!! des titres formatés pour la radio, l'album ressemble à une tentative délibérée pour percer sur le marché américain, tout le contraire du progressif. 
Pourtant cette tendance n'est vraiment  pas nouvelle, remember "Kayleigh" et "Lavender"....
On aurait du s'en douter, le logo mythique du groupe a disparu et c'est avec stupeur que l'on découvre le nom du producteur au dos de la pochette : Christopher Neil, un type qui a bossé avec Celine Dion, Sheena Easton, Ah-A....arrrrrrrghhh !!!!
Steve Hogarth alias H.

De G à D : Ian Mosley, Pete Trewavas, Steve Hogarth, Steve Rothery et Mark Kelly


Mais quelque chose m'a attiré vers ce disque, quelque chose qui m'a contraint à l' écouter en oubliant les albums que j'avais adoré tout au long des années Fish, une ouverture d'esprit ou plutôt, une réouverture de mes conduits auditifs.
Ce disque n'a, sans aucun doute, pas le niveau, ni la classe de leur chef-d’œuvre "Misplaced Childhood", mais pourtant l'univers magique de MARILLION est toujours là.
Après avoir réussi à enlever les images du passé, "Holidays In Eden" se révèle finalement d'une richesse mélodique étonnante.
Le groupe redéfinit ses horizons et essaye de déplacer ses frontières musicales loin du rock progressif des premières années, en faveur d'une pop-rock en vogue à l'époque, pas très loin de U2 ou de Simple Minds.
Mais comment ne pas s’émerveiller devant la voix de Steve Hogarth, précise et claire, remplie d'émotions, faisant des merveilles dans "Cover My Eyes", un morceau exquis, une composition pop lumineuse qui vous fait grimper au paradis.
Comment ne pas tomber à genoux devant Steve Rothery qui nous accueille avec un de ses plus beaux solos durant les premières minutes de "Splintering Heart", un titre poignant pendant lequel Steve Hogarth est vocalement imbattable.
Comment ne pas vibrer en écoutant les mélodies émouvantes de "No One Can" et de "Dry Land".
Comment ne pas frissonner sur les touches atmosphériques de claviers de Mark Kelly et la basse lancinante de Pete Trewavas dans "The Party", une chanson puissante et lyrique, qui annonce un peu ce que sera l'ambiance sur l'album suivant, le très réussi "Brave". 
Comment de pas taper du pied sous l'impulsion vitale de Ian Mosley à la batterie sur le très rock "This Town".
Comment oublier "Waiting To Happen", une ballade qui brille par ses somptueux accords de guitares acoustiques, entrecoupée de solos lumineux de Steve Rothery, un terrain idéal pour Steve Hogarth qui s'envole vocalement. 
MARILLION est à la recherche d'une nouvelle direction sur cet album. Mais contrairement à Genesis, la chasse de MARILLION pour la gloire et la fortune semble être bien mal engagée. 
Bien sûr, après cet échec, les membres du groupe devront revoir leur stratégie musicale et prendre une toute autre approche pour le prochain album ("Brave").

"Holidays In Eden" est un subtil mélange de douceur pop sucrée, teinté de notes progressives et d'envolées plus rock et s’avère finalement un album réjouissant, débordant de vibrations et d'énergie positive.








Plusieurs titres de cet album sous-estimé seront souvent joués pendant les concerts du groupe, la preuve : 

"Cover My Eyes" : Hea hea hea hea hea hea hea hea ven...




"Splintering Heart": And you know what it is? It's a fragment of love from a splintering heart and it tears her apart....yeaahh !!!


3 commentaires:

  1. j'avais vu la dernière tournée de Fish avec Marillion à Bercy ,,je fais partis de ceux qui n'ont pas suivis quand Hogarth est arrivé ! je préfère rester sur mes souvenirs, d'"assassin" et "Script for a jester's tear"

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    1. J'y étais également....
      j'ai acheté 2 albums avec H et j'ai arrêté...

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  2. De mon point de vue, je pense que cet album reflète avant tout toute la difficulté que le groupe avait alors à se défaire de son passif. Rien qu'un titre comme "Holiday in Eden" montre un groupe en pleine stagnation puisque calqué sur le "Incommunicado" de l'ère Fish. Rythmiquement en tout cas.
    D'autre part, même si par certains aspects j'aime encore assez ce disque, j'ai toujours trouvé que Steve s'essayait trop à monter par endroits ("cover my eyes") avec sa voix, et que ça ne lui allait pas du tout, en plus d'en réduire l'impact des morceaux.
    D'une certaine façon, c'est vraiment l'album suivant ("Brave") qui leur sera salutaire. Ouf ! Un de plus comme celui là, et s'en était fini de Marillion. Même de celui là.

    J'ai poussé ma curiosité envers le groupe bien au delà de ces albums. Parfois avec plaisirs, parfois beaucoup moins et même pas du tout.
    Idem concernant la carrière de Fish.

    Voilà qui devrait annoncer d'autres chroniques ici... Un jour ou l'autre.

    Le Chaméléon.

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