samedi 29 septembre 2012

HAYDN et Sir Beecham sont truculents avec les Londoniennes… par Claude Toon



Si un réalisateur avait eu l'idée de génie de tourner le biopic de Haydn il y a quelques années, un acteur s'imposait : Jean Poiret, avec une perruque, bien entendu.
- Pourquoi M. Toon ?
- Et bien ma chère Sonia, parce que Joseph Haydn avait un peu le visage de l'acteur et une réputation d'épicurien, d'humoriste et de pince sans rire… Un inspecteur Lavardin de la musique, sans la fourberie de celui-ci, au contraire !
- Vous n'avez encore jamais parlé de lui, pourtant c'est une tête d'affiche du classique il me semble ?
- Oui Sonia, mais les must de la discographie de Haydn se présentent souvent en gros coffrets un peu chers… Mais là j'ai trouvé une perle… je vais expliquer tout cela…



Franz Joseph Haydn


Franz Joseph Haydn (alias Joseph tout court) est né à Rohrau en Autriche en 1732 et mort à Vienne en 1809. Faites le compte : 77 ans, âge exceptionnel avancé à cette époque, surtout si l'on considère qu'il composera presque jusqu'à sa fin ! Il est donc l'ainé de Mozart et contemporain des quarante premières années de Beethoven. On parle parfois de "trinité" pour ces génies.
Mais alors pourquoi Mozart et Beethoven sont-ils plus célèbres ? Je n'en sais trop rien. Haydn a composé en quantité et en qualité dans tous les genres : musique de chambre, symphonies, messes et opéras. C'est peut-être la profusion qui a desservi une postérité plus marquée. Connaître par cœur les 9 symphonies de Beethoven est facile pour un mélomane attentif. Mémoriser les 104 symphonies (toutes intéressantes) de Haydn relève de l'exploit (432 mouvements et donc 864 motifs musicaux, en gros). Pareil pour ses quatuors, sonates... Et puis Mozart, c'est Don Juan et la Flûte enchantée, joyaux de l'opéra. L'art lyrique chez Haydn n'est pas son point fort. Par ailleurs chez Beethoven, nous avons le phénomène toujours populaire du thème immortel (pam pam pam paaam ou l'ode à la joie). Des leitmotive qui frappent immédiatement le public. Haydn serait-il donc moins célèbre car moins présent dans les spots publicitaires ?!
Les débuts du garçon sont modestes. Il ne mange pas toujours à sa faim. Il apprend quelques rudiments de musique dans sa famille et chante dans une chorale. A la mue d'adolescent, il est en est chassé et vit d'expédients. Dès 20 ans il enchaîne cependant les piges, mais surtout rencontre Nicola Porpora, un compositeur en vogue et surtout un musicien bien introduit dans les cours aristocratiques. En ce siècle des lumières : pas de protecteur, pas de compositeur ! Le comte Carl von Morzin sera le premier protecteur du jeune Joseph. Le destin change, Haydn devient rapidement le compositeur attitré des princes Esterházy. Certes, Haydn doit répondre à des commandes précises et répétitives, mais comme tous les génies, il fait exploser les formes imposées et accumule les chefs-d'œuvre. Je n'en dirais pas plus sur les mille péripéties d'une vie aussi longue.
Haydn est un personnage disgracieux, séquelles d'une enfance misérable, mais débonnaire et généreux. Humaniste, il défend en syndicaliste avant l'heure en prenant fait et cause pour les musiciens de son orchestre. Bien que catholique sincère, comme Mozart, il fréquente une loge maçonnique, toujours avide de nouveauté. Et surtout il voyage beaucoup, notamment en Angleterre, sauf dans les années 1780 car Monsieur le Prince s'y oppose !
Côté cœur, Haydn est malheureux en ménage mais connaît quelques aventures pas forcément platoniciennes. Il sera un peu le père spirituel du jeune Beethoven, ce qui n'empêchera pas les deux hommes de se brouiller quand ils deviendront rivaux dans l'univers musical de Vienne. (Si on se rappelle le tempérament abrutissant du vrai père de Ludwig, il y a du freudisme dans cette relation extra-familiale).
Bon ! Aujourd'hui, bienvenue à Haydn dans le Deblocnot', et débutons la rencontre avec un album des six dernières symphonies "Londoniennes" (il y en a 12). Et puis comme cette musique regorge de facétie, de dramatisme décalé et d'humour, l'excentrique chef anglais Sir Thomas Beecham m'a paru comme l'homme de la situation…

Sir Thomas Beecham et SON Royal Philarmonic Orchestra

Thomas Beecham (1879 - 1961) est un personnage issu d'un roman d'Agatha Christie. On pourrait l'ajouter dans le Cluedo : le Maestro Allegro et l'arme du crime : une baguette affutée !
Thomas est le fils et héritier de son grand-père également prénommé Thomas Beecham (1820-1907). Le fondateur du laboratoire éponyme fait fortune au XIXème siècle en exploitant la découverte de l'aspirine sous la dénomination Aspro.
Étudiant à Oxford, il étudie en dilettante la musique. Il dépense son patrimoine colossal sans compter dans l'organisation et la direction (apprise en autodidacte) d'opéra ou de concerts symphoniques avec le Hallé Orchestra ou le Philharmonique de Liverpool. Il crée en une première compagnie Lyrique puis en 1909 le Beecham Symphony Orchestra.
En 1910, aidé par son père, il devient directeur du Covent Garden. (Ça aide la richesse…) Il ravive l'institution londonienne en créant 37 opéras en 1910 !!! Il invite les Ballets Russes (voir stravinsky). Il invite les plus grands chefs de l'époque : Pierre Monteux, Richard Strauss ou Wilhelm Furtwängler. Il a même comme assistant Bruno Walter, jeune et brillant élève de Gustav Mahler. Un peu trop ambitieux, il fonde la Beecham Opera Company en 1920. C'est bien, mais il est ruiné ! Avant et pendant la seconde guerre mondiale, il parcourt la planète où partout le succès l'attend.
C'est en 1946 que Thomas Beecham fonde son Royal Philharmonic Orchestra, une phalange de très haut niveau qu'il dirigera jusqu'à sa mort en 1961. Des débuts de la stéréophonie, de précieuses gravures discographiques nous sont parvenues.
On apprécie encore de nos jours son style analytique et clair et la verve de ses interprétations. Doté d'un humour so british, il cultivait les bons mots comme : "Je prends simplement les meilleurs instrumentistes et je les laisse jouer" ou encore, très subtile : "Je n'aime pas le son de la harpe... On dirait deux squelettes en train de faire l'amour sur un toit en tôle ondulée". Et cette magie du verbe proche de celle d'un Pierre Dac va influencer sa vision de la musique de Haydn.

Les Symphonies londoniennes N°99 à N°104


Les symphonies de Haydn sont souvent regroupées par cycles (Les 6 parisiennes, les 12 londoniennes) dans des coffrets plus ou moins volumineux. L'intégrale des 104 symphonies par Antal Dorati est un joli pavé de 33 CD. Pour vous faire découvrir le must des six dernières, coup de chance, j'en ai rêvé, Beecham l'a fait, et EMI a édité un double CD. A noter que les 6 autres (93-98) sont aussi disponibles. Mais s'il ne fallait qu'un seul disque dans la discothèque du mélomane débutant, et bien alors…
On ne va pas tout éplucher mesure par mesure mais se concentrer sur 3 symphonies qui ont été baptisé d'un surnom : sous-titre : les N°100 "la militaire", N°101 "l'horloge", et la dernière, N°104 "Londres".
Les symphonies londoniennes ont toutes été composées lors de deux voyages à Londres dans les années 1791 - 1795.
Pour chaque symphonie, l'écoute est possible, il s'agit de disques non remasterisés au son moins transparent que celui de l'album…

1 – Symphonie N°100 "Militaire"

Cette symphonie doit son nom à son orchestration et sa thématique "martiale". Aux instruments classiques (2/2/2/2, trompettes, cors, cordes et timbales), Haydn ajoute, initiative rarissime à l'époque, une percussion "à la turque" : triangle, cymbales, grosse caisse. Beethoven reprendra cette idée dans l'ode à la joie de sa 9ème symphonie.
Dans les londoniennes, Haydn innove. Chaque symphonie débute non pas par l'exposition du thème principal (le fameux thème A de la forme sonate), forme usuelle, mais par une introduction plus ou moins longue, souvent noté adagio, et qui prépare l'auditeur à l'introduction des motifs structurant le mouvement.
La symphonie n°100 s'ouvre sur une calme mélodie, une aube ? Le discours reste serein jusqu'à [1'13"] où un bref motif sombre et dramatique interrompt la quiétude. Haydn est joueur. Il est impossible de de déduire de l'opposition de ces deux idées, sérénité et angoisse, quel va être le ton général lors de l'entrée réelle dans le développement. Haydn invente une forme de suspens musical, de jeu de devinette thématique. [2'00] Bien aidé par Beecham, Haydn s'est joué de nous. Flûte et hautbois puis cordes décide de cheminer, en bon ordre, sur une mélodie martiale et bien rythmée. Une marche militaire ? Oui, mais un rien burlesque. Il y a certes des accents de grandeur, de noblesse, mais surtout de la mascarade dans ce défilé de petits soldats. Jusqu'à la fin de ce relativement court mouvement (6'30"), Haydn développe cette musique soldatesque avec une fausse et brutale coda qui surprend [3'42"], et de la virilité de carnaval. Beecham s'amuse comme un fou avec cette partition conçue pour son esprit frondeur… et nous avec !
Le second mouvement est l'un des plus singuliers jamais écrits par Haydn, surtout en cette époque encore très classique. Certains y voient des futurs accents mahlériens et je partage ce point de vue. L'allegretto commence par une nouvelle marche, une marche moins scandée et plus mélodieuse que celle entendue dans le premier mouvement. Beecham nous fait entendre l'un des plus beaux dialogues de bois jamais enregistrés, un discours d'une élégante et vigoureuse rythmique. [1'25"] L'orchestre "explose", comme dans un combat endiablé de soldats de plomb. La percussion prévue colore cette guerre musicale. On raconte que les dames se pâmèrent lors de la création voyant apparaitre des mirages de champs de bataille… [4'00] Une  sonnerie (aux morts ?) se fait entendre. Elle introduit un final plein d'énergie. Beecham déploie une fougue de général d'empire dans cet extraordinaire morceau pris avec un tempo altier (5'00") ! Le rapprochement avec la marche sur "Frères Jacques" dans le 3ème mouvement de la symphonie n°1 "Titan" de Mahler est très passionnant si on considère que près d'un siècle de romantisme sépare les deux œuvres.

Il est important de souligner que le développement et la conclusion d'un morceau chez Haydn ne sont jamais le miroir ou la variation ultime de la thématique initiale. Sa musique se déploie dans plusieurs directions, comme pour occuper à la fois tout l'espace sonore disponible et varier à l'infini nos émotions. Ce principe très moderne est particulièrement audible dans cet allegretto, et dans la plupart des symphonies de ce cycle.
Haydn conserve la forme classique dans le menuet qui suit. Comme souvent, cet intermède joue le rôle de pause entre deux mouvements. Les mélodies misent en jeu, élégantes, ne retrouvent pas l'imagination de ce que l'on a déjà entendu. Le discours est très viennois dans l'esprit et Beecham garde une direction allègre.
Le final commence par un motif vif, plein de gaité. La soldatesque a-t-elle vaincu ? Le climat se veut dansant et festif. Et puis on retrouve nettement dans la composition la fantaisie évoquée avant, comme si Haydn se refusait à appliquer les règles des reprises da capo, principes en vogue dans la forme sonate pure et dure. Une multitude d'astuces d'orchestration et des pauses surprenantes font briller de mille feux ce final triomphant. À propos de triomphe, les percussions font leur retour pour proclamer la victoire. Sur qui et quoi ? Aucune importance, Haydn et Beecham nous ont amusés par la lecture électrisante d'une symphonie composée par un jeune homme de… 63 ans ! Haydn n'était pas militariste à mon sens et les métaphores qui illustrent mon propos n'engagent que moi.

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2 – Symphonie N°102 "L'horloge"

Cette symphonie doit son nom à une l'idée farfelue mise en œuvre dans le second mouvement.
Certains considèrent cette symphonie comme l'aboutissement de l'art symphonique de Haydn. Le musicologue Marc Vignal souligne que la structure de la composition utilise le nombre d'or dans les rapports harmoniques. Faisons lui confiance et remarquons simplement que même très agréable et attachante, la musique de Haydn n'a pas pour unique mission de divertir.
Nous retrouvons notre adagio introductif, ici très méditatif et étrange. Le climat assez sombre est dû à écriture en mode mineur. On pense à l'ouverture de l'hiver de l'oratorio "Les Saisons", au temps qui passe, inexorable. [2'05"] Contre toute attente, une mélodie joyeuse notée presto nous entraîne dans une danse énergique. Le tempo de Beecham est renversant et permet la frénésie de ces crescendo – decrescendo de s'enchaîner avec diablerie. On ne pouvait imaginer plus de contraste avec l'ouverture mystérieuse de ce premier mouvement.
L'andante est l'un des morceaux les plus surprenants jamais écrits. Une belle mélodie aux cordes, gracieuse et poétique, se déploie en s'accordant sur le "Tic-Tac" facétieux d'une horloge, à savoir une rythmique de métronome assurée par les bois. C'est génial de simplicité apparente, de raffinement dans l'orchestration, et puis c'est drôle. [2'24"] Un passage plus expansif interrompt quelques instants les pensées obsédantes de la pendule du salon (comme aurait chanté Brel). Haydn est le compositeur de toutes les surprises, de la fantaisie. [3'42"] Le balancier reprend ses droits avec un solo de flûte enchanteur. J'arrête là et vous laisse écouter…
Il est important de parler des liens étroits de cette œuvre orchestrale avec la musique de chambre. Celle-ci est souvent de facture plus savante car destinée à des musiciens très virtuoses. Haydn fusionne les genres dans cet andante aux accents intimistes. C'est de ce mélange des genres que naît la magie, la légèreté et la richesse mélodique et orchestrale. Imaginez l'idée d'illustrer le Tic-Tac d'une horloge par un compositeur peu imaginatif puis de l'engraisser par André Rieu. Ici Beecham se fait orfèvre horloger par la précision et la bonhommie de sa direction.
Le menuet est de nouveau très classique de forme et plus habituel d'inspiration. Par contre le Trio avec son malicieux solo de flûte, qui aboutit à un marivaudage d'adolescent avec le basson, s'inscrit bien dans la joie de vivre qui signe cette symphonie.
Le bref final (4'55") est un rondo vivifiant. Deux thèmes traversent diverses variations pour conclure l'ouvrage dans un esprit festif qui côtoie le grandiose par de viriles interventions des cuivres (cors, trompettes).

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3 – Symphonie N°104 "Londres"
La symphonie "Londres" sera l'ultime contribution de Haydn à l'univers symphonique. Point d'orgue écrit et créé à Londres en 1795. Son surnom n'a pas de rapport direct avec son écriture. Il s'agit plutôt d'un hommage global à ce cycle qui se termine.
L'adagio initial délaisse la langueur habituelle. Des accords puissants et majestueux en tutti introduisent de longues phrases hautaines et pathétiques. L'effet est assez dramatique. [2'03] Ce climat se prolonge par l'exposé des thèmes sur un tempo noté allegro. La musique semble plus sévère qu'à l'accoutumée. On discerne des tensions internes, âpres, qui annoncent Beethoven et le romantisme. L'opposition avec la fantaisie chambriste évoquée à propos des deux autres symphonies commentées est saisissante. Thomas Beecham aborde ces pages avec énergie, sans legato ni rubato hors de propos. Le discours est musclé mais clair.
L'andante est original dans sa forme. Une première partie aux cordes progresse sur une mélodie élégiaque. Quelques notes à la flûte précèdent un passage plus grave, en mode mineur, empreint de dramatisme.   Nous ne sommes plus dans la fantaisie de l'horloge. Il y a comme une nostalgie, voire l'expression d'un adieu respectueux à Londres qui sut tant accueillir Haydn et l'aimer. Les développements à partir des deux idées antagonistes est somptueux d'imagination. Beecham traduit avec émotion cet hommage en usant d'un tempo retenu qui laisse ce long mouvement (8'36) dérouler sa grandeur sans brusquerie ni emphase.
Le menuet échappe à la banalité. On retrouve de nouveau une thématique plutôt robuste. Mais la musique va plus loin qu'un simple temps de pause avant le final. Le discours d''allure martiale se voit entrecoupée de pause d'où surgissent d'ironiques trilles des cordes, ainsi que d'inattendus roulements de timbales qui vivifient grandement cet exercice imposé de la symphonie classique. Dans le trio on retrouve l'humour cher au compositeur : un ländler ni précieux, ni rustique, une danse universelle.
Dès les premières mesures du final spiritoso assez court (5'06"), l'on sait que Haydn va nous offrir le testament d'une vie de composition. L'orchestre lance toutes ses forces dans une forme sonate allègre.  À partir d'un motif rythmé et de son prolongement mélodique, Haydn parcourt toutes les possibilités des variations, à la fois dans la composition et dans l'orchestration. Très animé et concertant, la partition donne la parole à tous les instruments dans un kaléidoscope joyeux et coloré. Cette ultime symphonie s'achève en apothéose.


On pourrait commenter toutes les symphonies au prix de la redite. L'exercice serait vain. Ces trois symphonies présentent quasiment toutes les trouvailles stylistiques les plus diverses du compositeur viennois. Il est préférable de ne pas écouter les 6 symphonies (voire les 12 et même les 104) d'un bloc, mais d'isoler chaque découverte pour bénéficier de tout le suc de ces symphonies qui ne se ressemblent jamais, et possèdent chacune leur propre personnalité. Quant à ajouter que Beecham était en osmose avec le monde de Haydn, c'est affirmer une évidence.

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Discographie alternative

Les londoniennes ont une discographie bénie des Dieux. La concurrence est rude par le haut. La richesse de ce cycle symphonique est telle qu'elle offre une grande diversité de styles de lecture. Impossible de passer sous silence l'intégrale réalisée par Antal Dorati dans les années 60-70 et parue par coffrets de vinyles d'année en année. Il n'y a aucun point faible même si certaines symphonies ont un intérêt supérieur à d'autres. Toujours au catalogue à prix raisonnable. L'interprétation de Dorati est d'une probité constante même si on trouvera ailleurs plus de folie. Un monument de l'histoire du disque (6/6).
Pour les londoniennes seules : Eugen Jochum, un chef plutôt grave et mystique a surpris dans les années 60 avec des gravures enjouées et humoristiques (moins que Beecham) qui justifient leur maintien constant au catalogue (Philharmonique de Londres : 5/6). L'épicurien Leonard Bernstein a choisi la voix de l'énergie débridée, de la fantaisie au dépend de la rigueur, avec le Philharmonique de New-York. Une interprétation sous amphétamine (5/6). Colin Davis, toujours adepte de la subtilité et de la finesse qui le caractérisent, a transcendé le coté parfois chambriste de ces symphonies en s'appuyant sur la beauté plastique sans égale du Concertgbouw d'Amsterdam (2 double CD disponibles, 6/6). Enfin, dans les années 80-90, Franz Brüggen a gravé les douze symphonies sur instruments d'époque en évitant les effectifs riquiquis et les diapasons nasillards. Il insuffle une authenticité dans ces pages et leur redonne leur sonorité originelle. Philips a abandonné cet immense artiste et sa discographie avec. Un scandale ! On trouve quelques exemplaires autour de 200 € (6/6). Ne pas oublier Harnoncourt avec le Concertgbouw. Je n'aime pas trop du fait des tempos étirés, mais le style est clair. Les amateurs de ce chef seront ravis par ces gravures aux couleurs légères (pas de notation qui serait subjective).

   


Sir Thomas Beecham

1 commentaire:

  1. pat slade29/9/12 11:06

    Ma préférée reste le n°102 "L'Horloge",quand à Beecham ce fumeur de cigare débonnaire qui tous les matin demandait "si il n'y avait pas de télégramme de Mozart?" comme tu le dis l'osmose avec Haydn est une évidence

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