dimanche 31 juillet 2011

LES FESTIVALS DU MOIS D'AOUT


Les Déblocnoteurs n'oublient pas leurs fidèles lecteurs pendant les vacances et leur proposent une petite liste de festivals pour le mois d’août:






Et on commence fort avec Jazz in Marciac du 29 Juillet au 15 Aout, Marciac c'est dans le Gers, pays du foie gras et des cous de girafe farcis.... comment ?  des cous d'oie, d'accord, dommage , y'en a moins...au programme, une affiche exceptionnelle, avec entre autres Al Jarreau, Dianne Reeves, Al Di Meola, Roy Hargrove, Wynton Marsalis...excusez du peu.....

jazzinmarciac.com












Pas très loin de là, une sacrée affiche aussi à Montauban du 1er au 5 Aout, au festival Jazz à Montauban avec  Nikki Yanofsky , Ben L'Oncle Soul, Imany ou encore le fils ainé d'un certain Robert Nesta Marley, j'ai nommé Ziggy Marley, from Trenchtown,  Jamaica......

jazzmontauban.com













Ensuite direction la Bretagne, le bout du monde quoi, ça tombe bien c'est le nom de ce festival à Crozon, au bout de la presqu'ile du même nom. Au menu du 12ème Festival du Bout du Monde, far aux pruneaux, cidre et musique à volonté, avec Moriarty, Bernard Allison, Bernard Lavilliers, Gaétan Roussel, I Muvrini...

festivalduboutdumonde.com












Un coup de blues, alors direction la Touraine et Chédigny pour la 14ème édition du Blues In Chédigny Festival, du 11 au 14 Aout avec Liz Mc Comb, Lucky Peterson, JJ Milteau et les cubains de Septato Santiaguero......

blues-in-chedigny.com















Maintenant, Hop, à la Niou Orlinsse, pardon, Périgueux pour le MNOP, traduisez Musiques Nouvelle Orléans au sud-ouest de la France, au centre du département de la Dordogne, les 12 et 13  Aout avec Don Vappie et Tracy Chapman ; mais avant cela , à partir du 1er Aout, des animations chaque jour en ville, et des "Marching Bands"  comme là bas...... voir détails sur leur site.


mnop-festival.com











On remonte ensuite en Bretagne, à Landerneau, au fin fond du Finistère pour la Fête du Bruit,  les  13 et 14 aout. Vous y croiserez peut être Rockin et Philou , au bar, en train de frimer avec leurs cartes de presse du Deblocnot' pour draguer de jeunes touristes suédoises.
A part ça, y'aura Moby, Simple Minds, PatriceThe Hives, Amy Mac Donald, Arno ou encore Lilly Wood...


landerneau2011













N'oublions pas nos amis du Nord avec le Béthune Rétro, au programme voitures anciennes, gomina et Rock' n' Roll : 18 concerts avec notamment Nine Below Zero, les Shaggy Dogs et en vedette américaine le toujours vert Jerry Lee Lewis.
Attention, ça va rouler, VRAOUM, VRAOUM !!!!

bethuneretro












Loin du bruit et de la fureur allons nous ressourcer en Auvergne dans le département de la Loire, à la Charité Sur Loire, au festival Blues En Loire pour un week-end  prometteur avec Nico Duportal, Tia And The Patient Wolves, Loretta And The Bad Kings, Awek  et le vétéran de Chicago Eddie C. Campbell.

bluesenloire.com













Après ce marathon en province , un détour par Paris, du 26 au 28 Aout . Chic!!! on va voir la tour Eiffel et à Rock En Seine plus de cinquante groupes, avec en tête d'affiche Foo Fighters et Arctics Monkeys mais aussi du blues avec le vétéran  Seasick Steve ou du Rock' n' Roll avec Jim Jones Revue...le tout dans un cadre exceptionnel, le Domaine national de Saint-Cloud,  conçu par André Le Nôtre, le paysagiste du roi Louis XIV, classé Monument historique pour sa végétation...non, non il n'y pas de plantation de cannabis.....

rockenseine.com









Blues en Chenin, ça se passe à Saint Lambert du Lattay, à 25 km au Sud d'Angers le 27 Aout. Les éditions passées ont déjà rassemblé plusieurs milliers de fans autour d'une musique tantôt acoustique, tantôt électrique, passant d'un son traditionnel roots aux sonorités rock et rythm 'n' blues.
Au programme,  une soirée trés épicée  en compagnie de Hot Gang, Las Vargas, Cisco Herzaft et Dusty Blues.

bluesenchenin.com










Les vacances sont finies? C'est la rentrée.....Pas grave y'en a encore en Septembre! Avec Jazz à la Villette par exemple du 31 Aout au 11 Septembre avec des musiciens légendaires comme Archie Shepp, Macéo Parker, Roy Hargrove, Meshell Ndegeocello,  et plein d'autres encore....

jazz_villette












Et pour finit ce petit tour non exhaustif, une ballade jazzy au bord de l'eau, avec les Rendez Vous de l'Erdre , différentes scènes au fil de l'Erdre, aux alentours de Nantes, avec des pointures comme Archie Shepp, Boney Fields ou le sax italien Francesco Bearzatti. A noter également, des hommages à Jimmy Smith, Wes Montgomery, Benny Goodman,  Lionel Hampton, Johnny Hartman, Ornette Coleman et Don Cherry par des musiciens issus de la scène nantaise. 
Rendez-vous du 1er au 4 septembre au bord de la "plus belle rivière de France".....

 
rendezvouserdre.com

samedi 30 juillet 2011

WALLY LAMB - Le Chant de Dolorès (1999) par Elodie


Ce n’est pas toujours facile de parler des livres qu’on a aimé. Parfois, on craint d’en dire trop, de dévoiler l’histoire, surtout si l’originalité en fait toute la richesse. D’autre fois, on se dit que justement le sujet lui-même ne sera pas suffisamment attrayant, soit parce qu’il peut sembler banal soit parce que le thème principal n’est pas forcément séduisant. 

L'auteur
Si j’avais découvert ce livre sur les rayons de ma librairie, je ne l’aurais probablement jamais acheté. Mais c’est une discussion avec des amis qui en parlaient de façon élogieuse, sans quasiment rien me dire sujet qui m’a donné envie de le lire. J’ai donc cherché en librairie, sur le Net, et là, frustration extrême, rien ! Le livre n’était plus disponible (ce n’est plus le cas aujourd’hui). Rien de tel que la frustration pour renforcer l’envie !
J’ai donc fini par le dénicher d’occasion, et c’est seulement à ce moment-là que j’ai lu la quatrième de couverture. Tous les ingrédients d’un vrai mélo semblaient réunis : une enfance triste, un viol, une adolescence entre solitude et mal-être, la boulimie, l’obésité, etc. Le tout se déroulant entre les années 50 et 80, en pleine période de prospérité et d’apogée du rêve américain. Ames sensibles, sortez vos mouchoirs c’est le message qui me sautait au visage face à ce résumé. Et qui m’a quelque peu refroidie ! 

Mais je ne m’étais pas entêtée pour laisser finalement moisir ce roman sur mes étagères. J’ai donc fini par le lire, pour découvrir une histoire bouleversante, mais bien loin de ce que laisse entrevoir un bref résumé.

Je ne peux pourtant pas dire que la quatrième de couverture ne reprenne pas fidèlement l’histoire de Dolorès. Oui Dolorès vit la dépression de sa mère, l’abandon de son père, elle subit un viol, se réfugie dans la nourriture, devient une adolescente obèse, revêche et solitaire, et une étudiante moquée et isolée, avant de reprendre pied, de mincir et de reprendre goût à la vie. Mais ce bref résumé est à 1000 lieues de donner l’esprit de ce roman. Parce que au-delà de son histoire, de ses drames, Dolorès est humaine, tout simplement. Le personnage sonne tellement juste, qu’on croirait parfois lire une autobiographie. C’est d’ailleurs cela qui rend le personnage de Dolorès inoubliable, cette vérité qui nous force presque malgré nous à vibrer à l’unisson. 

Les débuts de Dolorès sont tristes, et on souffre avec elle. Son adolescence est pleine de rage et de mal être, et le malaise est contagieux. Elle sombre peu à peu vers les limites de la folie et la lecture se fait oppressante. Jusqu’au jour où tout bascule lorsque Dolorès, la baleine comme elle se qualifie elle-même, se raccroche à la vie en écoutant le chant des baleines, ces animaux énormes, eux aussi, mais capables de tant de grâce. Et peu à peu, on sent l’espoir, d’abord ténu, puis au fur et à mesure de la lecture et du chemin de Dolorès, un espoir plus sûr, plus fort, qui nous emporte également. 




Le roman n’est pas de ceux qui apportent détente et plaisir. Si le style est facile à lire, la souffrance qui ressort pendant la première moitié est palpable et pesante. J’ai même parfois hésité à vouloir poursuivre. Mais l’écriture sobre et juste de Wally Lamb nous emporte presque malgré nous. Et Dolorès qui a toutes les caractéristiques de l’anti-héroïne  ni belle, ni gentille, ni même sympathique, nous touche au plus profond. Si j’ai eu besoin de faire des pauses en lisant la première partie du roman, j’ai dévoré la suite tellement j’étais portée par l’espoir de voir la jeune fille se réconcilier avec elle-même et avec la vie. 

Wally Lamb est un homme qui n’a jamais vécu le drame de l’obésité, ni directement, ni indirectement. Pourtant à 42 ans, il s’est glissé dans la peau de cette jeune fille obèse avec une telle justesse que ce premier roman est rapidement devenu culte. Tout un public s’est reconnu dans ce personnage de jeune femme meurtrie et complexée, en rupture avec elle-même autant qu’avec les autres. 

Wally Lamb n’avait rien dans sa vie qui explique qu’il porte en lui telle histoire. Dolorès n’a aucun atout pour être aimée des lecteurs. Mais c’est là la magie d’un bon roman : on le referme en se demandant comment, pourquoi, avec une idée et un personnage pas forcément séduisants, l’auteur a réussi la prouesse de nous bouleverser ainsi.

Le Chant de Dolorès (1999) paru en poche, mais épuisé, réédité en broché en 2010, Belfond, 478 pages

vendredi 29 juillet 2011

MONSIEUR POPPER ET SES PINGOUINS de Mark Waters (2011) par Luc B.



Adapté d'un livre pour enfant paru publié en 1938, voici donc la dernière aventure de Jim Carrey, acteur que je tiens pour un des meilleurs de sa génération. Ah oui ? Ah oui. A mi chemin d’un Cary Grant et d’un Jerry Lewis, Carrey est généralement l’attraction centrale des films dans lesquels il apparaît (qui se souvient des noms des réalisateurs ?). Un physique caoutchouteux, une gestuelle précise, un sens inné de l’effet comique, burlesque, on a pu constater dans des films plus sombres comme TRUMAN SHOW, MAN ON THE MOON, I LOVE YOU PHILIP MORRIS, qu’il n’était pas qu’un clown. Mais, comme chacun doit payer ses impôts, Jim Carrey revient régulièrement dans des sous-comédies, des pochades pas toujours de très bon goût, mais irrésistiblement drôles.

Au menu du jour, une petite comédie charmante, qui ne casse pas trois pattes à un pingouin, mais ravira les bambins. Monsieur Popper est divorcé, a ses enfants un week-end sur deux, et mène une brillante carrière dans l’immobilier. Son job : acheter des immeubles au profit d’un groupe d’entrepreneurs, qui seront rasés et laisseront la place à des bureaux flambant neuf. Popper reçoit un jour un colis de son père, explorateur, une boite réfrigérée contenant un pingouin. Vivant. Puis cinq autres. Il n’a d’autres choix que de les garder chez lui, avec la complicité de ses enfants…

Evidemment, Jim Carrey tient le film sur ses seules épaules, hurlant, gesticulant devant ses locataires en smoking. Qui eux-mêmes sont assez drôles, surtout le dénommé Looping, un pingouin pas fute-fute, qui se prend les portes et les coins de mur sans arrêt dans la tronche. Quelques bonnes idées dans ce film, comme le fait de mettre les pingouins devant une intégrale Chaplin à la télé, la démarche de Charlot se rapprochant de celle des manchots. Il y a aussi une joyeuse pagaille au musée Guggenheim, et une première scène réjouissante où Jim Carrey fait un abatage de tous les diables pour convaincre un type de vendre ses biens, lui faisant imaginer qu'il chasse la baleine bleue au large du Cap Horn. Notons aussi l’idée de cette assistante, Mademoiselle Poppy, qui ne parle qu’en allitération de « P » (« monsieur Popper les paperasses sont prêtes ») et qui rencontrera un certain Quentin, qui ne parle qu’en allitération de « K » ! Le film est émaillé d’un certain nombre de gags, qui fonctionnent bien, bien que certains un peu convenus (la baignoire qui déborde, le pingouin dans les toilettes, les prouts à répétition…).

Pour le reste, on retrouve les éléments inhérents aux comédies familiales et gentillettes produites par Hollywood. Je vous laisse répondre à ces questions : Popper restera-t-il un arrogant entrepreneur ? découvrira-t-il au travers des pingouins le vrai sens de la vie ? Son ex va-t-elle revenir au bercail ? Arrivera-t-il à renouer la communication avec sa fille ado ? A qui la vieille dame vendra-t-elle finalement son restaurant ? Etc… Je pense que vous avez les réponses, sans même avoir vu le film… On a même droit à un plaidoyer en faveur de l’Amérique, pays où tout est possible, bla bla bla… On connaît la chanson, on connaît la recette, mais c’est toujours une surprise de voir la constance des producteurs en la matière. Ici, Jim Carrey ne dynamite pas le système, il se glisse dans un personnage comme on en a vu des centaines, loin de ses compositions plus inquiétantes de FOU D’IRENE ou DIJONCTE. Mais le but était de sortir une petite comédie de Noël, fin juillet (sic), bien rythmée, bien faite (effets spéciaux très sobre), et qui plaira aux plus jeunes.

A noter la présence de Angela Lansbury, en vieille dame digne, que je pensais loin de ce monde, mais qui tourne encore !

Avis garçon (8 ans) : "C’est très drôle, surtout quand les pingouins dorment sur le lit de Popper, et qu’il y en a un qui tombe. Et la scène où Popper est au téléphone avec la porte de la salle de bain derrière lui, on voit le pingouin qui nage, et on comprend qu’il y a de l’eau jusqu’au plafond. Mais les problèmes d’amour de la fille, ce n’est pas intéressant. Voyez la bande annonce, faites-vous une idée, je ne donne pas de conseil". Note : 5/6

Avis fille (8 ans) : "J’ai adoré, trop marrant, l’acteur est bien sauf quand il est sérieux, comme quand il dine au restaurant avec la femme (son ex). La fin est trop bien, quand tous les pingouins se retrouvent en famille, avec Looping qui n’arrête pas de tomber tout le temps". Note : 5/6 


Mr. Popper's Penguins
Réalisation Mark Waters, Scénario John Morris, Sean Anders, Jared Stern
Production John Davis, pour Twentieth Century
Couleur - 1h30 - format 1:85








jeudi 28 juillet 2011

PRETTY MAIDS - "Pandemonium" (2010) par Vincent The "Pretty" Chameleon


Pretty Maids n'est pas mort, loin s'en faut.

 Les spécialistes de la grande confrérie métallique auront sans doute remarqués que depuis quelques temps, un certain revival Hard Rock estampillé 80' refait à nouveau surface. Plus surprenant encore, toutes ces formations, tout en renouant avec l'inspiration, semblent susciter à nouveau l'intérêt d'un public qui ne les connaissaient pas, du temps ou ces formations collectionnaient (pour la plus part d'entre elles) les disques d'or et de platine à la pelle.
Ainsi est-il de plus en plus fréquent de voir réapparaitre dans les pages de nos magazines spécialisés des noms nous ramenant quelques 20 ans (au moins !) en arrière. Ratt, Y&T, Whitesnake, AsiaJourney ou récemment encore, Accept, Dieu du Metal teuton ressuscité après presque 15 années de silence total, bref tous ces groupes ont parfaitement réussi leur "come back". 

RONNIE ATKINS (chant), MORTEN SANDAGER (Claviers), KEN HAMMER (guitares), KENN JACKSON (Basse)& ALLAN TSCHICAJA (Batterie)
 

Ronnie Atkins
Dans le cas qui nous intéresse, les Danois de PRETTY MAIDS, il faut toute fois noter que, quand bien même leur musique (au même titre que celle de ses congénères) n'était plus auréolé d'un succès au moins équivalent à ses premiers albums, Ronnie Atkins et les siens n'ont jamais jeté l'éponge, sortant à un rythme régulier des albums d'assez bonnes factures. Enfin, d'après ce que j'en sais. En effet, et je le concède sans honte, PRETTY MAIDS jusque là, j'étais un peu passé à côté. Un bon album (Scream - 1991) mais rien de plus.
Même sans les références que sont Red, Hot And Heavy et Futur World, j'avoue ne pas prendre de risques en affirmant que cette nouvelle offrande des Danois est un excellent cru. Ceux qui connaissent le groupe depuis ses débuts affirment même qu'il s'agit là d'un très grand millésime. Rien que ça ! Et force est de constater qu'à l'écoute de ces quelques 45 minutes de ce Hard/Heavy là, je n'ai nul envie de les contredire. Tout est là pour un plaisir constant. Porté par une production au sommet, le groupe nous donne une vraie leçon en matière de musique franche du collier, dans une constance mélodique.
De sa voix légèrement éraillée (si caractéristique chez lui), Ronnie Atkins chante avec force conviction, alternant chants hargneux ou voix plus posées, sur des tempos variés, emmenés par une section rythmique absolument remarquable.


En bon soldat, le fidèle Ken Hammer abat lui aussi un travail colossal, que se soit en rythmique ou lors de ses subtiles et sublimes chorus. Les concernant, il faut faire remarquer que le guitariste ne tombe jamais dans l'esbroufe ni la démonstration de force. Ses solos (parfois très courts) sont au service des morceaux à chaque fois. Le signe des grands ?
En plus de sa superbe illustration, l'album s'ouvre (sur un discours de Barak Obamamagistralement. Les claviers de Morten Sandager (désormais membre permanent du groupe, alors qu'il accompagnait ses comparses depuis 2006) ainsi que la féroce puissance du morceau en question évoque assez Dream Theater... le côté chiant (et prétentieux) en moins. "Pandemonium" est d'ailleurs le morceau qui se démarque le plus des autres. Il a aussi le mérite de synthétiser à la perfection ce qu'est, par définition, le Hard de PRETTY MAIDS: De la gnac, de la virilité, le tout au service de vraies mélodies. Une touche de pur Heavy par là, un poil d'accent FM, façon Def Leppard, par ici. Le meilleur des deux mondes diront certains. A vous d'en décider.

Nota: Le disque renferme, en guise de bonus, une version rallongée du titre "It Comes At Night". A défaut d'être indispensable (2 fois le même morceau), je prends quand même, tant la qualité est au rendez vous de ce Pandemonium fort en gueule et en goût. Qui l'aurait cru !?






Le single "Little Drops Of Heaven "extrait de Pandemonium

mercredi 27 juillet 2011

Billy SQUIER "Don't Say No" (1981) par Bruno


     Billy Squier est un musicien assez peu connu dans l'hexagone. En partie par la faute des médias français qui ne l'ont que très rarement épargné lorsqu'ils ne l'occultaient pas complètement, le reléguant rapidement en division d'honneur du Rock FM. Raccourci facile et erroné (encore une fois) de la part de soi-disant journalistes qui s'étaient arrêtés à certains hits du monsieur en question; en l'occurrence, ceux des années 82 et 83. Car si effectivement Billy Squier a abordé de près le Rock FM, sa musique ne s'est jamais limitée à ce style. Si l'on excepte l'album « Sign of Life » (sur-produit), une bonne partie de « Enough is Enough » et quelques titres sur « Emotion in Motion », et que l'on prenne la peine d'écouter, et non de survoler, sa musique, on découvre des compositions de pur Heavy-rock côtoyant du Rock'n'Roll énergique. 
 

    William Haislip Squier
est né le 12 mai 1950 dans le Massassuchetts. Il commençe par étudier le piano et passera à la guitare après avoir vu Eric Clapton avec Cream. Dans un de ses premiers groupes, il jouera avec Klaus Flouride, futur Dead Kennedys. Après avoir réalisé deux disques avec le groupe Piper, qui lui vaudront déjà une certaine reconnaissance (limitée à l'Amérique du Nord), Squier décide de voler de ses propres ailes, et surtout d'être seul maître à bord afin de jouer une musique plus proche de ses premiers amours. Piper maintenait une trame Pop plus franche, désormais, en solo, Squier va pouvoir de bon gré faire rugir ses Marshall et fricoter librement avec le Heavy-rock.

     La voix de Billy Squier est un peu nasillarde ; un petit défaut qui se révèle plus nettement sur les ballades, mais cela s'estompe dès lors qu'il force sa voix qui devient alors franchement plus éraillée. Son arme de prédilection fut pendant longtemps la Fender Telecaster, jusqu'à ce que Kramer lui concocte un modèle signature (assez rudimentaire, avec un seul micro P-90 bridge et un Floyd-Rose qu'il ne semble pas utiliser). A partir de 1989, on le voit changer de modèle suivant les chansons, son rig se constituant alors autant de Telecaster, de Stratocaster que de Gibson LesPaul ; principalement des modèles vintages. Plus récemment, il le compléta de deux magnifiques James Trussart SteelTop
Paradoxalement, alors qu'il a un temps pêché par des arrangements aseptisés (inorganiques ?), il a toujours gardé un son de guitare électrique brut, naturel, apparemment sans apport d'effets. Ou du moins, rien de marquant.

     Après un premier album, « The Tale of the Tape » sur lequel il pose déjà les bases de son style : un Rock appuyé sur des guitares crues et franches, un chant Pop-Rock légèrement maniéré mais sachant se faire mordant, et une batterie qui maintient l'ensemble par une assise, une frappe et une technique infaillible. Ce premier jet est assez réussi mais ne remportera pas tous les suffrages. Paradoxalement, le premier titre (très basique), "The Big Beat", fera le bonheur de rappers qui l'utiliseront dans leurs samples (comme quoi, mine de rien, les rappers ont parfois fait preuve de culture musicale).

   Un plus tard, il remet le couvert avec « Don't Say No ». C'est un véritable bond en avant. Toutes les compositions ont un niveau d'écriture tel que la plupart font encore aujourd'hui office de classiques. Les balbutiements du premier ont fait place à un travail de maître-artisan, et notamment de maître riffeur au long cours. Déçu par la production du précédent et admirant le travail de Queen, Billy avait demandé à Brian May de le produire. Ce dernier n'étant pas disponible, il lui recommanda son récent producteur, Reinhold Mack. Initialement ingé-son (Electric Light Orchestra), Mack passa à la production à partir de 1980 avec Queen (pour "The Game").

     L'album débute sur un titre hybride hésitant entre la Pop à peine musclée représentée par des couplets assis sur des notes de clavier désinvoltes, et un Heavy-Rock agressif mû par des bends stridents et ténus, quelques power-chords, et un chant se faisant sporadiquement plus mordant.
« The Stroke » bien que déjà radicalement plus heavy grâce à un riff appuyé qui aurait pu être signé "Young and Young", et une batterie des plus binaires, brouille encore les pistes. Les chœurs scandent plus qu'ils ne chantent, presque une clameur guerrière, néanmoins bousculée par des voix juvéniles qui interfèrent en criant « Stroke ! ». AC/DC meets Queen !
« My Kinda Lover » plonge radicalement dans la Pop où l'on sent l'influence anglaise des mentors des 60's, avec quelques passages de cuivres joyeux et irrévérencieux.
« You know what I Like » passe la cinquième, le batteur accélère le rythme. On aborde un rivage d'une terre plus Rock'n'Roll ; rien de vraiment transcendant, mais qui, tel un sésame, ouvre la porte vers une contrée franchement plus Rock. En l'occurrence les chansons suivantes.
« Too Daze Gone » est un pur hymne Rock'n'Roll qui préfigure le Jimmy Barnes de « For the Working Class Man » et de « Freight Train Heart ». Le piano se jette corps et âme dans un registre Honky-tonk-boogie, la guitare est Heavy-blues-rock, la batterie brave l'auditeur sans férir, avec un refrain entêtant. Du real Heavy-boogie-Rock enivrant, « satisfaction guaranteed » et abus fortement conseillé.


   Avec « Lonely is the Night » la frappe de Bobby Chouinard le place aux côtés des grands marteleurs de fûts, non loin de John Bonham. Rares sont les titres que l'on peut écouter (surtout de nos jours) en prenant plaisir à faire abstraction de tout pour se focaliser avec bonheur sur cette armada de percussions. Pourtant rien de démonstratif ou de technique, juste une frappe forte, lourde et précise, explosant les fûts et fracassant les cymbales. D'ailleurs malgré le brillant riff, la batterie est légèrement mise en avant C'est évident, l'ombre de Led Zeppelin plane sur cette chanson ; le break de fin paie d'ailleurs son tribut avec un plan de Page et un autre de Bonham, et puis ces « lonely, lonely » à la fin, en « fade », à la mode Plant, éliminent tout doute.

Au sujet de Bobby Chouinard, on a souvent comparé, à juste titre, son style explosif à celui de Bonham. Pourtant, ses influences majeures étaient Ringo Starr et Don Brewer (de Grand Funk Railroad).
« Whadda You Want From Me » maintient l'ambiance, certes non survoltée mais portée à ébullition. Billy larde, griffe ce Heavy-Rock'n'Roll de fulgurants traits de slide-guitar. Là encore un gros travail de Chouinard qui se révèle être une véritable valeur ajoutée à la musique de Squier. Une pierre angulaire.
« Nodoby knows » permet au groupe de reprendre son souffle grâce à cette ballade mélancolique et intimiste.
« I Need You » fait également référence à la Pop anglaise, entre Kinks, Small Faces et Beatles.
« Don't Say No », le titre de clôture qui donne son nom au disque, a des intonations de Bad Company avec des chœurs à la Queen.

     Avec « Don't Say No », sur cinq chansons éditées en single, quatre s'installent dans les 
charts américains.
Malheureusement, une fois encore, l'édition CD ne rend pas service au mixage et mériterait un mastering pour redonner un peu de corps à la production.

     Par la suite, pour Dieu sait quelles raisons, Billy succombera aux sirènes d'une surproduction et d'arrangements encombrants en studio. « Emotion in Motion » (1) en porte les prémices, et « Sign of Life » (2) baigne dedans, donnant alors effectivement à la musique de Billy Squier des allures de Rock FM ampoulé.      Mais l'excellent « Enough is Enough » (3) réussit cette fois-ci à intégrer des arrangements sans pénaliser l'aspect Rock, notamment grâce à une production énorme, en avance sur son temps. Après un sommeil de deux ans, Billy reviendra définitivement à un Rock dur reposant essentiellement sur des guitares franches et tranchantes (4). Il tire sa révérence avec un dernier album en 98, totalement acoustique, juste sa guitare et sa voix, réalisé seul. Il retrouva la scène en 2006 avec le Ringo And His All Starr Band.

Billy Squier : Chant, guitares, piano & percussions
Bobby Chouinard : batterie (décédé le 8 mars 1997, il a joué avec Alice Cooper, Gary Moore, Chris Spedding, Ted Nugent, Cher, Michael Bolton, Adam Bomb, Jon Paris)
Mark Clarke : Basse & chœurs (Colosseum, Mountain, Uriah Heep, Tempest, Ken Hensley, Ian Hunter)
Alan St. Jon : Claviers & chœurs (dans les années 80, il était difficile de trouver un disque de Rock US où son nom n'apparaissait pas lorsque le groupe faisait appel à un claviériste externe)

     Billy gardera la même formation jusqu'en 1991, avec le disque "Creatures of Habit". Avec toutefois l'excellent Jeff Golub (qui jouera aussi pour Rod Stewart) qu'il embauchera quelques mois après la sortie de "Don't Say No". Un guitariste qui sera sur tous les albums suivants, jusqu'à "Tell the Truth", dernier album de groupe pour Billy.


  1. « Emotion in Motion », l'album à la couverture signée Andy Warhol, plaça en deux ans 5 titres dans les charts, dont un à la première place avec « Everybody wants you ». Hélas, la réédition CD de 2007 souffre d'une accentuation des fréquences médium et aigües.
  2. C'est l'album produit par Jim Steinman et des synthétiseurs envahissants de Larry Fast (Nektar, Peter Gabriel, Yes, Hall & Oates). Brian May joue le solo sur « 1984 (Another) ». Second n° 1 avec le très commercial et poppy « Rock me Tonite » (clip risible – Squier est visiblement plus à l'aise sur scène que sur un plateau à gesticuler comme un pantin désarticulé) .
  3. Produit par Peter Collins et masterisé par George Marino, deux grandes références des 80's. Cette fois-ci c'est Freddie Mercury qui vient prêter sa voix sur deux titres, dont un qu'il co-composa. On retrouve également l'extraverti T.M. Stevens. Les synthés sont toujours présents mais en retrait, ne servant qu'occasionnellement en fond sonore.
  4. Soit « Hear & Now » en 1989 dont trois chansons renouent avec les charts dont une en 4ème position, « Creatures of Habit » en 91 place également une chanson en 4ème, et « Tell the Truth » en 93. Ce dernier, pourtant un de ses meilleurs, n'a fait l'objet d'aucune promotion de la part de Capitol, et demeure en conséquence un des moins connus.






mardi 26 juillet 2011

YANN LEM "Entre blues et granit" (2010) par Rockin "breizh"-JL


Ouai bon je sais, j’ai un peu de retard puisque ce  disque est sorti en 2010, mais je voulais vraiment vous en parler, pas seulement parce qu’il concerne un breton (on va encore m’accuser de chauvinisme) mais surtout parce qu’il est pétri de talent et peu médiatisé (pléonasme). Et puis après tout question retard mes petits camarades sont encore pire que moi.
Regardez Vincent et ses chevelus à fuseaux moule burnes des années 80 (30 ans de retard !) ; Bruno et ses  bootlegs oubliés des 70’s (40 ans de retard !!) , Luc qui attaque sa pile « livres de 1920 » (90 ans de retard !!!) , sans parler du champion toutes catégories, notre Claude Toon  national, sa poudre et ses perruques qui en est à ….Mozart (plus de 2 siècles de retard !!!!).
Mais revenons en à Yann Lem, un breton qui comme il le dit lui-même a  "choisit de faire rêver le public avec ses chansons et sa guitare depuis 35 ans" , une sorte de barde moderne, que contrairement à Assurancetourix on n’a pas envie de bâillonner et d’attacher lors des banquets et fest noz...
Auteur-compositeur celui-ci est son troisième album après "Camille" et "Tribute to Bill" (Deraime, une influence majeure) et son titre  "entre blues et granit"  illustre bien le contenu entre pur blues et juste ce qu’il faut d’influences bretonnantes.
En effet on note la présence sur 3 titres des binious et bombardes de Moc’h Gwez ; outre celui-ci les autres musiciens sont à l’harmonica le remarquable Michel Herblin, à la guitare et aux arrangements , le complice de Yann depuis 1993 Patrick Balbin, Yann le Corronc (claviers) , Cyrille Catois (basse), Eric Capitaine( drums), Nicolas Pfliger (contrebasse), avec Yann au chant et à la guitare.
Et on entre de suite dans le vif du sujet avec Dobro blues, blues rock entraînant, harmo en avant, avec un petit  côté  country sautillant qui m’évoque le Peter Alexander Band pour ceux qui se rappellent cet excellent band ou sévissait  Christophe Dupeu.  Et déjà les themes éternels du blues, la solitude, la musique ,  "Il me reste mon vieux dobro pour chanter le blues "..et  tu le fais bien, la preuve avec  "Nationale12" , notre" road 66", une belle road song  , un petit air d’ "une belle histoire" de Michel Fugain, en moins cucul et version biker , un très beau blues.
Conseil d’ivrogne nous rappelle que nous sommes en Bretagne et qu’on n’y boit pas que de la Plancoët , un blues enlevé soutenu par les claviers et l’harmo. Pas encore mort ralentit le rythme, blues lent  plutôt sombre . Vagabond en sursis nous réveille avec ses grosses guitares et une vraie profession de foi , "je suis un vagabond et c’est le blues qui dicte ma vie"..

Puis 2 reprises Baba boogie de Mr Bill Deraime et une adaptation en français réussie de Hey Joe .  Ça donne soif tout ça, allez hop on retourne au bar écluser une boutanche de cidre  et écouter Comptoir blues. Euréka ! Depuis le début je cherchais ce que cette musique m’évoquait et je viens de trouver : il y a du Eddy Mitchell dans ce Yann Lem, le Eddie de  "à crédit et en stéréo", accompagné par Jean-Jacques Milteau, y’a pire comme référence, non ?  Riopelle blues , instrumental et première apparition du biniou qui duette  avec l’harmo. Totale pollution, titre au profit des oiseaux mazoutés écrit en 2000 après la marée noire qui a souillé notre belle région (naufrage de l’Erika) rend hommage au desinterréssement et à la lutte pour l’environnement de Total…enfin je crois mais je n’ai peut être pas trés bien comprit….
Korriganed Blues, ça c’est du lourd, du que j’adore, un vrai conte, sur fond de légende bretonne et de bombarde, c’est le blues des Korrigans (NDLR- pour les corses, gascons, estoniens et belges qui me lisent et ne sont peut être pas familiers  du folklore breton, les Korrigans sont notre équivalent des elfes et farfadets, de petites créatures facétieuses qui vivent dans nos landes et sous nos dolmens et jouent souvent des tours pendables aux humains).
Blues déprime ,  tout est dit dans le titre ; après les versions radios de "pas encore mort" et "Korriganed blues" on termine avec Dernières notes de magie, titre de présentation des musiciens et de remerciements. A propos de remerciements je vous remercie Mr Lem pour ce bon moment que je viens de passer en votre compagnie, continuez de nous enchanter comme ça!
Sur ce je vous laisse, la nuit tombe, je sors de sous mon dolmen, pour aller jouer le "Korrigan blues" au clair de lune.…Quelqu'un a vu ma bouteille de chouchen ?





lundi 25 juillet 2011

AMERICA - Rétro - par Philou

Since 1970 ...

A la memoire de Dan Peek, décédé par une coïncindence troublante quasi simultanément à la parution de cet article, le 24 Juiller 2011.....

En 2010, le groupe AMERICA a fêté son quarantième anniversaire Les membres fondateurs, Gerry Beckley, Dewey Bunnell et Dan Peek se sont rencontrés au lycée à Londres dans les années 1960. Tous trois étaient des fils d'officiers de l'US Air Force qui étaient stationnés au Royaume-Uni. Après avoir terminé leurs études en 1970, ils enregistrent leur 1er album aux studios Trident de Londres et grâce à leur folk/rock emprunté à Crosby, Stills & Nash, ils connaissent les sommet des charts avec la chanson phare "A Horse With No Name". AMERICA s'ouvrira ensuite une voie royale vers une série impressionnante de hits, après l'énorme succès de leur premier single, qui avait délogé le "Heart Of Gold" de Neil Young en mars 1972. 
Plus de quarante ans plus tard Gerry Beckley et Dewey Bunnell font toujours de la musique ensemble, tournent  dans le monde entier et éblouissent encore les mélomanes avec les mélodies et les merveilleuses harmonies vocales de leurs chansons intemporelles.
De G à D : Dewey Bunnel, Gerry Beckley & Dan Peek au début des années 70

Back to the seventies.......

Après leur succès initial du 1er album, le trio décide de déménager à Los Angeles pour enregistrer "Homecoming"qui sortira en 1972. Le trio commence à s'éloigner du style essentiellement acoustique vers un style plus rock. Dan Peek commence à électrifier sa guitare sur plusieurs pistes et le groupe, voulant adopter un son plus riche, s'élargit en embauchant David Dickey à la basse et Willie Leacox à la batterie. "Homecoming" devient rapidement un autre succès pour AMERICA avec de magnifiques chansons comme "Ventura Highway","Don't Cross The River", "To Each His Own" et "Only In Your Heart".
En 1973, après la sortie de l'ambitieux "Hat Trick" qui ne rencontrera pas le succès espéré, AMERICA rencontre l'année suivante George Martin, l'ancien producteur des BEATLES .  Il apprécie la musique d'AMERICA et a déjà quelques idées pour enrichir le son du groupe.
Holyday, le chef d'œuvre du groupe
Avec George Martin, les musiciens vont devenir des superstars. Il leur donne toute la liberté nécessaire pour s'exprimer mais leur apporte son expérience pour élaborer un son plus riche, il embellit les vocaux, les guitares acoustiques et ajoute à leur musique, des cuivres et des violons... A partir de là, le talent individuel des trois auteurs-compositeurs sera décuplé par la production raffinée du sorcier d'Abbey Road. 
Le premier résultat de leur collaboration sera l'album "Holyday". L'album sera un succès aux USA atteignant la 3ème place du Billboard. Il contient son lot de pépites avec les deux merveilleux singles "Tin Man" et "Lonely People", sans oublier les superbes "Another Try", "Glad To See You" et "Baby It's Up to You" nostalgiques à souhait et le non moins splendide "Old Man Took"Dewey Bunnel fait jeu égal avec la plume délicate de Gerry Beckley, avec grâce et élégance.
Une œuvre inaltérable, une sorte de "Sergent Pépère Pastoral". L'album sorti en juin1974, restera le plus gros succès d' AMERICA, jamais égalé à ce jour.

America et George Martin
 L'album suivant,"Hearts", toujours produit par George Martin rééditera le succès de "Holyday" avec le méga-tube "Sister Golden Hair" : leur 2ème plus grand succès après "A Horse With No Name". 

L'album "Hideaway", qui arrive dans les bacs en 1976, tient encore la route avec des bons titres comme "Amber Cascades", "Lovely Night" et "Today's The Day". Mais l'audience du groupe commence à décliner et les musiciens décident de prendre des vacances avec George Martin à Hawaï. Une fois là-bas, ils commencent à travailler sur leur prochain album.
 Après la sortie de "Harbor" en 1977 qui recevra un accueil mitigé, Dan Peek quitte le groupe. AMERICA continue en duo pour enregistrer leur dernier album avec George Martin, "Silent Letter" qui paraitra en 1979 et annoncera le déclin du groupe.

And there, they were two....
 La traversée des années 80 sera difficile pour AMERICA. L' album suivant, "Alibi" (1980) pendant lequel Dewey Bunnell et Gerry Beckley ont voulu essayer une nouvelle façon d'enregistrer en utilisant une pléiade de requins de studio renommés, sera assez réussi et beaucoup plus électrique."View From The Ground" qui sortira en juillet 1982 sera pas mal non plus, grâce à Russ Ballard qui leur donnera un sacré coup de main, en produisant l'album et en leur composant plusieurs titres, dont "You Can Do Magic" qui réussira à grimper dans le Top Ten US.
Par contre, on ne peut pas en dire autant de "Your Move" (1983) et surtout de "Perspective" (1984) où le groupe va toucher le fond. En totale perte d'inspiration, le duo fait appel fait appel à des compositeurs extérieurs et c'est avec effroi que l'on voit apparaitre des batteries électroniques, des programmateurs et autres synthétiseurs !!!!
L'album sera un échec cuisant ne montant pas plus haut qu'à la 185 place des Charts US et n'y restant pas plus de 3 semaines. Capitol Records s'empressera de leur faire enregistrer un disque en public (America In Concert) pour terminer leur contrat et les invitera ensuite à chercher une autre maison de disques...  
Après 1985, AMERICA semblait avoir pris sa retraite.... certes il y a avait toujours quelques concerts et quelques compilations qui fleurissaient ci et là.....mais en 1993 Rhino Records propose au groupe d'enregistrer quelques inédits pour promouvoir la sortie d'un Best Of  "Encore". Les musiciens ayant vraiment apprécié leur nouvelle coopération dans le studio décident de se remettre au boulot....
En 1994, ils sortent enfin un album contenant 10 nouvelles chansons : "Hourglass", les fans attendaient cela depuis dix longues années.... le disque est rafraichissant, bien produit, l'étincelant folk-rock des hits comme "A Horse With No Name" et "Ventura Highway" est partout dans ce disque et la magie des années 1972-76 réapparait enfin.
AMERICA conclut les années 90 avec "Human Nature" en septembre1998. Sur ce disque on croise au fil des chansons Timothy B. Schmit, Carl Wilson, Robert Lamm, Jason Scheff, Michael Thomson ou encore Andrew Gold. Aucun titre n'est instantanément mémorable, mais les chansons sont uniformément bien conçues, la recette fonctionne encore bien, sur "From A Moving Train" et surtout sur "Wednesday Morning".

Dewey Bunnell et Gerry Beckley
Après un anecdotique disque de chants de Noël, "Holyday Harmony" publié en 2002, le solide effort studio, "Here & Now" parait en janvier 2007, c'est leur seizième album et il apportera une renaissance artistique inattendue à Dewey Bunnell et à Gerry Buckley.  La collaboration de Ryan Adams, des membres de Nada Surf et de My Morning Jacket, de Ben Kweller, de James Iha (Smashing Pumpkins) et de Adam Schlesinger (Fountains of Wayne) donne encore plus de crédibilité au duo qui voit leur album grimper dans les charts US, événement qui n'était plus arrivé depuis 1982....
"Here & Now" comprend également 1 CD bonus avec les plus grands succès de d'AMERICA enregistrés en public.  

En 2010, AMERICA est parti en tournée pour célébrer son 40e anniversaire et en cette année 2011, le 26 juillet plus précisément, le groupe prépare la sortie d'un album de reprises de chansons de Bob Dylan, du Buffalo Springfield, de Simon & Garfunkel, des Beach Boys .....



 Malgré tous les obstacles et les critiques de ces dernières années, l'histoire d'AMERICA continue ..... Gerry Beckley et Dewey Bunnell ont prouvé avec beaucoup de talent et de persévérance, qu'après plus de 40 années de carrière, ils avaient toujours le feu sacré.

Une chanson méconnue d'AMERICA de l'album "Homecoming" en live : "California Revisited"