mercredi 1 décembre 2010

FOGHAT "FOGHAT LIVE" (1977)


Le Live le plus chaud des USA ?




Rod Price


FOGHAT est un groupe anglais, formé en 71 par d'anciens membres de Savoy-Brown (le groupe de Kim Simmonds), à savoir Lonesome Dave Peverett (guitares et chant), Tony Stevens (basse) et Roger Earl (batterie), qui recrutèrent Rod Price (guitares et slide). Ce dernier jouait auparavant dans Black Cat Bones ; un groupe de British-blues, qui n'a qu'un disque à son actif ("Barbeb Wire Sandwich"), et dans lequel a officié Paul Kossof. Il accompagna également un temps Champion Jack Dupree.


La musique de Foghat, qui s'apparente naturellement par bien des côtés à celle de Savoy-Brown, mais également à celle du Chicken Shack de « Imagination Lady », et du ZZ-Top de 71-72, a gommé la majorité de son passé British-blues pour prendre une tournure nettement plus américaine. C'est que ces gaillards sont tous foncièrement admiratifs du Blues des pères fondateurs (donc américains), avec une nette préférence pour celui de la Windy-city (Lonesome jouera même avec une Grestch carrée modèle Bo Diddley, et ce, bien avant Billy Gibbons). Il y a également des réminiscences des pionniers du Rock'n'Roll des 50's. En vrais fans de Blues, ils accompagnèrent parfois quelques bluesmen, jusqu'à organiser un concert en 1977 au Palladium de New-York, regroupant Muddy Waters, Eddie Kirkland, John Lee Hooker, Paul Butterfield, Otis Blackwell, Honey Boy Edwards.


Lonesome Dave Peverett

Foghat marchera très fort aux USA, avec un premier disque d'or dès leur deuxième réalisation (sans titre mais communément dénommé « Rock'n'Roll », en raison de la pochette), et fort de son succès outre-atlantique s'y expatriera rapidement (Lonesome ne retournera en Angleterre qu'au moment de l'arrêt temporaire du groupe dans les 80's). Certaines sources mentionnent "Energized" comme premier disque d'or.



En 1977, après 6 albums, Foghat sort son 1er opus live. Une véritable déflagration de Heavy-boogie-rock. Une musique chaude, énergique, puissante, enivrante, conviviale et chaleureuse! Ici, on est à la fête et cela s'entend : le public, bien que fort nombreux, exulte, communique, et cri son bonheur. Rod Price, le "Lead guitar" (Gibson SG, Les Paul), possède une attaque toute personnelle au bottleneck, souvent teinté de "Wah-wah" (un maître du genre). Une slide épaisse, baveuse, gouailleuse, qui prend principalement sa source chez Elmore James, reprenant (comme Billy Gibbons) de nombreux licks ; mais aussi chez Earl Hooker, qui fut le premier à combiner de la slide avec une pédale wah-wah, et chez Muddy Waters. Il fut parfois surnommé "The magician of slide", "The bottle", et "Slide king of Rock'n'Roll". Lonesome Dave est en soutient à la guitare (Gibson Melody Maker).

Ces deux lascars, nous offrent des duels de guitares surchauffés et nerveux où la gamme blues est à l'honneur, et où aucun des deux ne semblent vouloir tirer la couverture à lui. Et quelle voix ! L'homme a du coffre et du feeling ; son timbre vous saisi aux tripes. Qui aurait oser chanter en duo avec lui sans avoir à rougir ? Très peu ! La section rythmique n'est pas en reste, car aussi bien le bassiste (Graig McGregor, Fender Jazz bass, incorporé à partir de « Night Shift » en 76) que le batteur (Roger Earl) pourrait faire modèle du genre. Ce dernier sait allier puissance et groove, dans un style comparable à celui de Jackson Spires.



Graig McGregor

Le meilleur disque du groupe, et peut-être tout simplement un des meilleurs enregistrements en public du genre, et au-delà. Si l'on aime un tant soit peu le blues-rock charnu, le Hard-blues, le Heavy-rock 70's, ou/et le "rock-sudiste" costaud. Un disque qui peut certes paraître court, surtout à l'ère du CD, mais riche en intensité. Quant au temps alloué, il est largement suffisant, grâce à la densité de chaque titre, de l'homogénéité, et de la qualité de l'ensemble. Avec comme sommets, l'époustouflante reprise speedée, et radicalisée dans la violence, du Honey Hush de Willie Turner, qui, pour le coup se rapproche plus du « Train Kept a Rollin' » des Yardbirds (où on entend le public rugir de plaisir lors de l'enchaînement du 2ème solo dans une tonalité différente du meilleur effet), le pachydermique et répétitif « Slow ride » (titre utilisé pour les films « Dazed & Confused », "The Stoned Age" et "Wild Hogs", et pour 2 jeux vidéos très connus) qui s'accélère progressivement jusqu'à une extase frénétique de décibels.



Sans oublier la reprise explosive du « I just want make love to you » de Willie Dixon, avec l'intro a capella de Lonesome, auquel le public répond, rejoint par une section rythmique imposante, enrichie d'un duo de guitares pressées d'en découdre, avant que la chanson ne s'installe d'elle même dans une version Heavy ; avec breaks teigneux et fulgurant de Wah-wah et de slide. Repris dans cette version par L.A. Guns, Tesla et Slaughter, qui malgré toute leur bonne volonté n'arrive pas à en restituer toute la magie.
Le reste, même si c'est un degré en-dessous, est à l'avenant. Du Heavy-boogie-blues-rock pas toujours finaud, mais tellement bon, prennant en concert une coloration Heavy-rock plus marquée.


Il paraît évident que ce quatuor ne laissa guère indifférent des groupes comme Point-Blank (qui tournèrent avec eux), Blackfoot, Michael Katon, voire dans une moindre mesure Molly Hatchet. Pour beaucoup, cet opus demeure une référence.


Foghat Live fut couronné double-disque de platine en dépassant les 2 millions d'exemplaires vendus.

Foghat, profitant de son succès en Amérique, délaissa le vieux continent. Si bien que, malgré des ventes raisonnables en Europe, un noyau dur de fans et quelques rares critiques favorables, il n'atteindra jamais une notoriété équivalente chez lui.


Face A

  1. Fool for the city - 5:31
  2. Home in my hand - 4:56
  3. I just want make love to you - 8:36

Face B

  1. Road Fever - 5:29
  2. Honey Hush - 5:38
  3. Slow Ride - 8:21

R.I.P. : Dave Peverett succomba d'un cancer le 7 février 2000, et Rod Price décéda le 22 mars 2005 d'un traumatisme crânien suite à une chute dans un escalier. Néanmoins, Graig McGregor et Roger Earl continu le groupe, avec l'aide de Charlie Hunn (Nugent, Gary Moore avec Dirty Fingers, Victory) et de Brian Bassett (Wild Cherry, Foghat's Earl, Molly Hatchet).

P.S. : On a longtemps cherché la signification de Foghat, or ce patronyme ne signifie absolument rien. Il est sorti du cerveau fulminant de Peverett lors d'une partie de Scrabble, un peu houleuse.

P.S. bis : afin d'éviter tous malentendus, il convient de préciser, qu'au moins, un déblocnoteur n'est pas aussi enthousiaste, et qu'il aurait certainement diminué la note d'un tiers, ou de la moitié.











Qualité de la vidéo laissant à désirer... mais, de cette année, on n'a pas trouvé mieux.

10 commentaires:

  1. shuffle master2/12/10 13:40

    Je n'avais rien de Foghat. Au vu des commentaires élogieux, dont le tien, j'en ai acheté trois dont celui-là. Bof; c'est pas un mauvais disque, mais il ne me paraît pas mériter un tel concert de louanges.

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  2. C'est possible, S.M. Au moins un des "déblocnoteurs" est de ton avis. Pourtant, à chaque fois que j'ai conseillé ou fait écouter ce disque, les personnes ont été enthousiasmées. Y-compris, il y a quelques années, des musiciens semi-professionnels. Par contre, chacun a ses titres favoris, et pas nécessairement ceux que je mentionne.
    Sinon, question albums studio, je conseillerai "Stone Blue", "Fool for the City", "Return of the Boogie men". Mais là aussi les avis divergent. Certains préfèrent les deux 1ers, plus "roots", plus rock'n'roll, et bien moins de slide.
    Sinon, à partir de "Boogie Motel", c'est le début du déclin, et les albums des 80's, pas mauvais pour autant, sont à conseiller aux fans.

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  3. shuffle master3/12/10 10:36

    Les deux autres, c'est les deux premiers. Même avis que pour le live.....

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  4. je tiens a preciser que je ne suis pas le Deblocnoteur en question :j'aime bien ce live particulierement "I just want to make love with you" ; pour le reste de leur discographie je suis plus circonspect , leur préférant Savoy Brown (de la grande époque), plus bluesy à mes oreilles..

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  5. Bah alors c'est qui ? Vincent, j'suis sûr que c'est Vincent...

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  6. Pourquoi tant de haiiine !!
    Non ce n'est pas moi. Étant le plus jeune de la bande (paff !), encore un album qui m'est totalement inconnu (à part sa pochette).

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  7. @ Bruno : il y a un "Live II" de Foghat , que je n'ai jamais écouté , est il de cette periode ou plus récent , et est-il interessant ?

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  8. Bon, ben, j'vois qu'une solution... une fille... C'est Elodie ! ! !

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  9. Le "Live II" a été enregistré en 2005 (édité en 2006), et appartient donc à la dernière mouture ; soit avec Brian Bassett et Charlie Hunn. Cette appellation racoleuse de "Live II" n'inspire vraiment pas confiance, sachant qu'il y a déjà "Road Cases", un bon live de la reformation de 93, paru en 98(qui comprend 3 inédits), et le double "Decades Live" regroupant un concert de 96, et sur le 2sd CD, des extraits d'un concert de 1980, où l'absence de Price se fait cruellement ressentir, un "I ain't got you" de 77, un "Angel of Mercy" (paru en bonus tracks sur Road Cases) de 99 avec Bassett, et un "It's too late" de 96. En conséquence, il aurait dû être baptisé "Foghat Live IV", mais cela aurait été moins porteur.
    Pourtant, la formation avec Hunn et Bassett fait de son mieux pour coller au son 70's du groupe, et on ne peut qu'admettre que cela semble fonctionner. Pas de prise de risque avec pratiquement la totalité des classiques. Hunn n'a pas la puissance chaleureuse d'un Peverett, mais le groupe n'est aucunement ridicule.
    Cependant, aucun de ces disques ne paraient renouer avec l'enthousiasme du Foghat Live.

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  10. Quant à Savoy-Brown, malgré la scission qui engendra Foghat avec le départ de Peverett, Stevens et Earl, on pourrait croire, à l'écoute de certains disques, qu'il y avait toujours un lien.
    Par exemple, l'album avec Stan Webb et Miller Anderson, le très bon "Boogie Brothers", a parfois des consonances de Foghat, alors que "Make me sweat" et "Kings of Boogie", avec Dave Walker, marchent carrément sur ses plates-bandes.
    Dave Peverett chantera pour Savoy-Brown à nouveau pour un titre de "Bring it home", en 97.

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