THE OSMONDS BROTHERS, Une Famille en Or - par Pat Slade
Pendant les années 70, ils provoquerons une véritable hystérie auprès des
jeunes adolescentes américaines (on parle même d’épidémie aphasique). La
Osmond mania fera des ravages.
The Osmonds, Les Brothers Du Kitsch
Les Osmonds Brothers ou quand la famille chantait plus fort que les casseroles.
Bienvenue dans la famille, paillettes, col pelle à tarte, futal à patte
d’eph, sourire Gibbs et brushing nickel !
Avant les boys bands aux chorégraphies millimétrées, avant les
paillettes de K-pop, avant même que les cheveux des chanteurs ne
deviennent une catégorie à part entière, il y avait les Osmonds. Une famille entière capable de remplir une scène, un plateau de
télévision et probablement le salon familial, tout cela en chantant à
plusieurs voix avec une précision redoutable. Les Osmonds Brothers, c’est l’histoire d’une fratrie mormone de l’Utah devenue phénomène
mondial, sans jamais vraiment perdre son air de cousins bien élevés
venus interpréter un cantique après le repas.
Tout commence avec les frères Osmond -Alan,
Wayne,
Merrill et
Jay — qui chantent ensemble dès leur
plus jeune âge. Leur père,
George Osmond, comprend rapidement
que ses fils possèdent un talent suffisamment rare pour justifier quelques
déplacements… et sans doute beaucoup de répétitions (Ila surtout vite compris qu’il y avait beaucoup de fric à se faire !). Les garçons se produisent d’abord dans des spectacles locaux, puis
arrivent à la télévision américaine dans les années 1960, notamment
grâce à l’émission ”TheAndyWilliamsShow“. Là, ils apparaissent en costumes impeccables, sourires lumineux et
coiffures parfaitement disciplinées. À l’époque, ils ressemblent moins à
un groupe de rock qu’à une publicité vivante pour la bonne
éducation.
Donny Osmond
Mais attention sous leur apparence de jeunes garçons sages se cachent de
véritables machines de scène. Les
Osmonds savent chanter, danser, jouer
de plusieurs instruments et occuper l’espace comme s’ils avaient suivi une
formation commando du divertissement. Le public américain tombe rapidement
sous le charme de ces frères qui semblent capables de lancer une carrière
avant même d’avoir terminé leurs devoirs de mathématiques.
Le véritable tournant survient au début des années 1970. Les
Osmonds adoptent un son plus pop et
plus énergique, avec des titres comme “OneBadApple”, “Yo-Yo” et ”Down by the Lazy River“. Soudain, les costumes pastel laissent place à des vestes brillantes,
les mouvements deviennent plus nerveux et les garçons se transforment en
idoles pour adolescentes. Le phénomène est massif. Des milliers de fans
hurlent, des magazines publient leurs photos et les parents se demandent
probablement pourquoi leurs filles ont soudain besoin de douze posters
représentant les mêmes quatre visages.
Le visage le plus connu de la famille devient rapidement Donny Osmond. Plus jeune, plus souriant et doté d’un charme presque surnaturel, il
rejoint le groupe avant de connaître une carrière solo fulgurante. Avec
”Go Away Little Girl“, il devient une vedette internationale. Donny, c’est un peu le dessert (Lacerisesurlebateau
!) dans un repas déjà très copieux : les Osmonds fonctionnaient en équipe, mais lui attirait naturellement une attention
supplémentaire. Il chante, danse, joue la comédie et possède cette
capacité rare à sembler impeccable même après une chorégraphie qui
devrait normalement provoquer un besoin accru d’oxygène.
Sa sœur Marie, elle aussi, devient une star majeure. Ensemble, Donny et Marie animent leur propre émission de télévision, ”Donny&Marie“, à partir de 1976. Le programme mélange chansons, sketches et bonne humeur familiale. On
y retrouve les deux vedettes, souvent accompagnées de décors colorés, de
costumes éclatants et d’une énergie proche de celle d’un mariage où
personne ne veut quitter la piste de danse. Leur duo devient
emblématique, notamment grâce à leur chanson ”I’m a Little Bit Country, I’m a Little Bit Rock ’n’ Roll“. Tout un programme, résumé en une phrase : Marie représente le country, Donny le rock, et la famille entière représente probablement la
logistique.
Ce qui rend les Osmonds fascinants,
c’est leur capacité à évoluer avec leur époque. Ils commencent comme
chanteurs traditionnels, deviennent stars de la pop, flirtent avec le
rock, apparaissent à la télévision et construisent une véritable
entreprise familiale. Ils ne se contentent pas de vendre des disques : ils
vendent un univers. Celui d’une famille unie, travailleuse, souriante et
impeccablement coordonnée. Même leurs désaccords semblaient probablement
se régler en harmonie à quatre voix.
Pourtant, derrière les chemises à paillettes et les sourires de
catalogue, l’histoire du groupe comporte aussi des moments plus
compliqués. Le succès des années 1970
est immense, mais les goûts du public changent rapidement. Le disco
arrive, le rock se durcit, le punk fait exploser les codes et les Osmonds doivent chercher de nouvelles façons de rester dans la course. Leur image
de garçons sages devient moins moderne, tandis que la mode musicale
commence à préférer les chanteurs qui ont l’air d’avoir dormi dans un
parking après une tournée.
Les frères continuent néanmoins à travailler. Ils se produisent sur scène,
enregistrent, participent à des spectacles et entretiennent une relation
fidèle avec leur public. Leur carrière s’inscrit dans la durée, avec moins
de fracas médiatique mais beaucoup de constance. Et c’est peut-être là
leur plus grande force : les
Osmonds n’ont jamais été une simple
mode. Ils ont formé une institution familiale du spectacle.
Le groupe a également dû affronter des difficultés personnelles et
professionnelles, notamment des problèmes financiers liés à certaines
productions ambitieuses. Comme quoi, même une famille capable de chanter
en parfaite harmonie peut connaître des notes plus dissonantes dans les
affaires. Mais les Osmonds ont généralement répondu aux obstacles par le travail, la foi et une
impressionnante capacité à remonter sur scène.
Aujourd’hui encore, leur héritage reste important. Ils ont ouvert la voie
à de nombreuses familles musicales et ont démontré qu’un groupe pouvait
être à la fois populaire, accessible et profondément professionnel. Les
Osmonds ne correspondaient pas à
l’image rebelle traditionnellement associée au rock ou à la pop. Ils ne
semblaient pas vouloir casser une guitare dans une chambre d’hôtel. Leur
ambition était plutôt de chanter juste, de rester polis et de faire danser
le public sans provoquer d’incident diplomatique.
Et finalement, c’est ce qui fait leur charme. Les
Osmond Brothers incarnent une époque
où la télévision pouvait transformer une fratrie en phénomène mondial, où
les vestes scintillantes étaient considérées comme une décision
vestimentaire raisonnable et où une famille entière pouvait devenir une
marque sans passer par les réseaux sociaux. Ils ont offert des mélodies
accrocheuses, des sourires inoubliables et une quantité impressionnante de
chorégraphies parfaitement synchronisées.
Les Osmonds, c’est donc bien plus qu’un
groupe de frères. C’est une saga familiale, un feuilleton musical et une
démonstration grandeur nature de ce qu’il se passe quand plusieurs enfants
talentueux grandissent avec des parents très organisés. Leur carrière a
connu des sommets, des virages et quelques pantalons discutables, mais elle
reste marquée par une énergie communicative et une vraie longévité.
En résumé : les Osmonds chantaient en famille, dansaient en famille, travaillaient en famille et,
probablement, discutaient des arrangements pendant les repas. Une chose
est sûre après eux, il est devenu beaucoup plus difficile pour une famille
nombreuse de prétendre qu’elle ne savait pas quoi faire le dimanche
après-midi.
P.S: Je suis sur que dans vos vieux 45 tours, il y en a bien un ou deux
qui trainent, n'ayez pas de honte, moi aussi j'en possède et des titres
comme ”Crazy Horses“ ou ”Downby thelazy river“ te filaient quand même la pêche !
Et pour les très gourmands du genre : l'anthologie version XXL😉
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