- Hou hou… Sonia ! Je te trouve bien guillerette ce matin… Tant mieux…
une bonne nouvelle… t'as gagné au loto…
- Oh Claude, je n'ose pas annoncer deux nouvelles intimes… mais je ne
pourrai pas cacher longtemps…
- Allez mon petit on se jette à l'eau… On se connait si bien depuis 15
ans…
- J'attends un bébé… si si pour janvier, février et je vais épouser
Ferdinand… Je suis trop heureuse !!!!!
- Waouh… Exsultate Jubilate – Réjouissez-vous en latin, le titre du
motet de Mozart du jour… Tu nous invites à la cérémonie ?
- Oui, oui… et même à la noce… Oh pas un truc de star, les parents de
Ferdinand, quelques amis dont ceux du blog…
- Bon tu me diras quel ou quels cadeaux tu souhaites de la part du
blog… On a un budget pour les évènements…
- Trop gentil, mais pas trop de dépense, Luc commandera un presse-purée
chez Temu…
hihi
haha hihihi hahaha…
(3,31 € 😊)
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| Edith Mathis |
Sonia, toute à ses chouettes projets, semble oublier que l'on doit écrire
une chronique. Hasard de la programmation, j'avais prévu un billet sur un
allègre motet de
Mozart
dont le titre en latin est
Exsultate, Jubilate, soit deux expressions synonymes : réjouissez-vous ! Ce qui avouons-le est
de circonstance suite à ces deux annonces… 😊
L'œuvre d'une douzaine de minutes ayant été écrite pour soprano ou castrat,
j'ai facilement trouvé une interprétation féminine, il y en a des dizaines
et l'élue sera Edith Mathis, célèbre chanteuse des années 70-80. Par contre une interprétation par un
contreténor m'a posé bien des problèmes jusqu'à la découverte d'un chanteur
idéal – est-ce le seul ? – l'argentin Franco Fagioli…
Mozart
ne fut guère passionné par la composition de musique sacrée sur commande,
pour ne pas dire musique d'Église alimentaire. Le compositeur devenu adulte
fréquentera les loges maçonniques. On lui doit une petite vingtaine d'œuvres
religieuses mineures et divers chefs-d'œuvre. Les neufs
messes brèves
écrites à Salzbourg montrent à l'évidence une parenté avec les derniers
soubresauts de l'époque baroque. Composées sans grande conviction pour les
offices et d'une écriture précipitée, elles demeurent des curiosités
académiques peu enregistrées. Parlons des exceptions :
La
Messe de l'orphelinat
en ut mineur,
K.
139
écrite par un gamin surdoué de 12 ans, d'une durée de 45 minutes surprend
par ses dimensions et son orchestration qui l'élève au rang de
Missa Solemnis. Claudio Abbado en a gravé un enregistrement
passionnant.
Moins ambitieuse, citons la
Messe en ut majeur K. 167, celle en
ut majeur K. 257,
ou encore la
Messe en ut majeur K. 262. Toutes sont datées de 1776 environ et sans doute commandées par le
prince-archevêque Hieronymus von Colloredo, l'employeur de
Mozart. Pour diverses raisons, on les considère plutôt comme des messes brèves
que des Missa Solemnis.
Mozart
détestait autant le prélat que ces commandes pour lesquelles son génie
permettait néanmoins de fournir des ouvrages de qualité, exemple :
Messe du Couronnement K 317
créée en 1779. Enfin pour Colloredo, Mozart
livrera la partition d'une
Messe en ut majeur K. 337
en 1781. Elle met fin à la collaboration orageuse entre les deux
hommes.
Mozart
part avec Constance pour Vienne en 1782 et s'empresse d'écrire avec
son cœur une vraie messe à l'intention de son épouse, la
Grande messe en ut mineur K427. L'ouvrage aux proportions proches de la
Missa Solemnis
de
Beethoven
restera hélas inachevée. Qualitativement cette messe n'a comme concurrente
que le
Requiem, ultime composition du maitre. Les deux œuvres ont été chroniquées.
(Index)
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| Venanzio Rauzzini |
Le catalogue de musique sacrée de
Mozart
comprend diverses pièces de circonstances. Les deux plus connues sont
Ave verum corpus, KV. 618
et surtout le motet
Exsultate, jubilate,
KV. 165
composé en 1773 à Milan par un jeune
Wolfgang
de 17 ans. Il compose sous la coupe du prince-archevêque
Hieronymus von Colloredo. Il voyage pour la troisième fois en Italie,
à Milan, capitale de l'opéra. L'ambition de son père Leopold d'obtenir des
postes à la cour des Habsbourg sera déçu… Les opéras séria de son fils
n'obtenant qu'un demi succès. Parmi ces opéras toujours proposés sur les
scènes lyriques, Lucio Silla, (un despote romain, Lucio Silla en pince pour Giunia, la fille de son rival politique Marius… Mais Giunia déteste Lucio Silla et aime un sénateur exilé, Cecilio. Et patati et patata, la thématique classique à l'époque : conflits
sentimentaux, assassinats, tentative de suicide et tout est bien qui
finit bien.)
Tout ça pour dire que le rôle de
Cecilio
était destiné au célèbre castrat
Venanzio Rauzzini
que
Mozart
admirait.
Rauzzini
(1746-1810) occupe une place importante dans le classicisme comme
chanteur, compositeur et pédagogue, notamment en Angleterre… N'imaginons pas
un eunuque qui gazouille telle une midinette mais un musicien majeur. À son
intention,
Mozart
compose
Exsultate, jubilate
qui est créé par
Venanzio Rauzzini
le 17 janvier 1773. La pièce deviendra un hit des airs de concerts
sacrés de
Mozart.
Le motet est constitué de trois parties et d'un récitatif. L'alléluia
conclusif se révèle d'une difficulté technique redoutable comparable à l'air
de la Reine de la nuit de la
flûte enchantée.
De nos jours toutes les sopranos ou mezzos se confrontent à ce motet à
l'écriture pétulante ne s'absolvant pas de spiritualité, de prière. Les
textes latin-français suivent les vidéos. Rien à ajouter.
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| Bernhard Klee |
J'ai écouté un casting de chanteuses de talent dans cet air jusqu'à la
migraine 😊. Honnêtement, j'ai toujours adoré la voix d'Edith Mathis qui chante l'œuvre avec une rare religiosité, sans affectation.
M'interrogeant sur la possibilité que la Tribune des disques ait confronté
six sopranos, j'ai eu la surprise de constater que oui, chose rare pour une
œuvre aussi courte.
Edith Mathis
fut classée seconde après
Cecilia Bartolli, diva à la technique époustouflante mais justement un peu opératique à mon
goût pour cette page sacrée… Bref, pour les deux artistes, du grand art.
Déjà présente dans l'enregistrement légendaire du
Requiem
dirigé par
Karl Böhm en 1971 j'écrivais : "Edith Mathis
déserte l'opéra pour nous inviter avec une voix d'ange à la méditation,
aucune coquetterie sur le mot
"Jerusalem". "
(Clic)
D'origine suisse
Edith Mathis
(1938-2025 dans l'anonymat 😊) débute de 1959 à 1963 sur les
scènes européennes : Cologne, Festival de Salzbourg, Festival de Glyndebourne, Hambourg, Munich où elle incarne une
Mélisande hors du commun.
Au Deutsche Oper Berlin, Karl Böhm la repère et booste sa carrière :
Metropolitan Opera de New York
ou Covent Garden à Londres. Les très grands rôles sont désormais à sa portée : Pamina dans
La Flûte enchantée, Annette dans
Le Freischütz, (Voir la chronique sur le disque de
Carlos Kleiber,
un must), la douce Sophie dans
Le Chevalier à la rose… mais aussi des cantates de
Bach. Elle chante dans tous les registres et avec brio… Et bien sûr, ses
master-class seront bondées !
Bernhard Klee
(1936-2025) soit l'exact contemporain à un an près de la soprano
Edith Mathis
dont il fut le mari pendant un temps non précisé ! Ancien petit chanteur du
Thomas-Chor de Leipzig, il a dirigé nombre d'orchestres germaniques. Le
maestro se spécialisera dans l'interprétation d'opéras en mémorisant pas
moins de 80 partitions. Il sera aussi proche des milieux modernistes de la
seconde moitié du XXème siècle, créant par exemple des ouvrages
de
Hans Werner Henze, compositeur sérialiste dans sa jeunesse mais plus éclectique par la
suite… Encore des sujets de chroniques. Notons une gravure originale du chef
avec
Edith Mathis
et d'autres chanteurs connus :
Der Wildschütz
(le braconnier) un opéra-comique d'Albert Lortzing
(1801-1851).
Pour le disque du jour comportant en complément de nombreux airs de
Mozart,
Bernhard Klee
dirige l'orchestre de la
Staatskapelle de Dresde, pas moins.
|
| Franco Fagioli |
Difficile d'achever cette chronique sans découvrir
Exsultate, jubilate
chanté comme à l'époque par un castrat. La modification génitale imposée
n'étant plus à la mode (qui s'en plaindra 😊), La voix de contreténor
a été redécouverte presque à l'identique par
Alfred Deller
au siècle dernier. Il semble que l'exigeant "chant de tête" caractérisant la
tessiture de contre-ténor, appelé aussi falsettiste, haute-contre, etc.,
spécialité d'Andreas Scholl ou
Philippe Jaroussky, s'exerce exclusivement dans le répertoire baroque… C'est assez logique
car cet artifice "génital" qui peut nous choquer a disparu à la fin du
XIXème siècle en Italie. Les gamins préados n'étaient ni
consultés ni a fortiori consentants !!
Près de l'abandon (pas mon genre, mais bon…),
Franco Fagioli
m'a apporté une réponse grâce à son album Anime Immortali. Le
chanteur d'origine argentine, que je découvre, âgé de 45 ans, propose dans
son album des airs de
Mozart
dont le motet. Les spécialistes le classent comme contreténor voire comme
soprano. Il a donné au Théâtre des Champs-Élysées en décembre 2023 un
concert dans le répertoire mozartien peu visité. Un album miraculeux
disponible sur
YouTube. Il domine une tessiture d'une amplitude stupéfiante…
Daniel Bard
dirige l'orchestre de chambre de Bâle. Je reviendrai sur sa discographie riche de 27 albums seuls ou avec des
comparses, notamment dans des airs de
Haendel
ou encore l'opéra
Artaserse
de
Leonardo Vinci
avec entre autres
Philippe Jaroussky
et
Diego Fasolis
à la direction…
Orchestration : 2 hautbois, 2 cors, cordes et orgue pour le
continuo.
Partition
:
Plan :
❶
Allegro, en fa majeur, 4/4.
❷
Recitativo secco, en fa majeur, 4/4
❸
Andante, en la majeur
❹
Allegro, en fa majeur
Minutage :
Edith Mathis
: ❶ [00:00] - ❷ [5:01] - ❸ [5:58] - ❹ [12:20]
Durées des plages :
Franco Fagioli
: ❶ [4:25] - ❷ [0:45] - ❸ [5:43] - ❹ [2:31]
|
Écoute au casque ou avec des enceintes additionnelles plus que conseillée. Le son des PC, sauf exception, est vraiment une injure à la musique…
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|
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INFO : Pour les vidéos ci-dessous, sous réserve d'une écoute directement sur la page web de la chronique… la lecture a lieu en continu sans publicité 😃 Cool. |
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❶ Exsultate, jubilate,
o vos animae beatae,
dulcia cantica canendo,
cantui vestro respondendo,
psallant aethera cum me.
❷ Fulget amica dies, iam fugere et nubila et procellae;
exorta est justis inexspectata quies.
Undique obscura regnabat nox; surgite tandem laeti, qui
timuistis adhuc,
et iucundi aurorae fortunatae
frondes dextera plena et lilia date.
❸ Tu virginum corona,
tu nobis pacem dona,
tu consolare affectus,
unde suspirat cor.
❹ Alleluia, alleluia |
❶ Réjouissez-vous, réjouissez-vous,
Ô âmes bénies,
Chantant de doux chants,
En réponse à votre chant,
Les cieux chantent avec moi.
❷ Le jour bienveillant brille, les nuages
et les orages fuient ;
Un calme inattendu s'est levé pour les justes.
De toutes parts régnait la nuit obscure ; levez-vous enfin,
joyeux, vous qui aviez encore peur,
Et offrez votre main droite pleine de feuilles et de lys à
l'aube bienfaisante et heureuse.
❸Vous êtes la couronne des vierges,
Vous nous accordez la paix,
Vous consolez les cœurs,
D'où soupire le cœur.
❹
Alléluia, alléluia |









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