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| Herbert Blomstedt vers 1980 |
Et bien non mes amis, ce n'est pas une Fake News (infox en français). Mais
le chef d'orchestre
Herbert Blomstedt
a passé le cap des 99 ans ce samedi 11 juillet (l'heure n'est pas précisée).
Quoi d'extraordinaire ? Oh c'est simple, le maestro dirige toujours chaque
année des séries de concerts avec les plus grandes phalanges du monde !
Je vous propose une vidéo récente (9 mai) où il dirige à
Détroit
la
9ème
symphonie
de
Mahler, une gigantesque symphonie chroniquée par deux fois dans le blog (Giulini
–
Walter). Le 15 mai, rebelote à
San Francisco, malgré un étourdissement pendant le délirant Rondo burlesque, qui a
conduit à interrompre un instant l'exécution, le chef a terminé l'œuvre
prédestinée à débuter l'achèvement d'une carrière de 75 ans, d'une vie ?
Peut-être pas ! Les dernières mesures de l'adagio conclusif sont jouées
lentement pppp par les cordes seules. Jamais un chef n'avait osé un
tempo aussi lent rappelant que
Mahler
symbolise ainsi l'éternité et peut-être les sphères célestes qui nous
attendent.
Herbert Blomstedt
n'est pas un inconnu du Deblocnot, un artiste qui se distingue par un
parcours d'une longévité surréaliste. Voici les trois chroniques qui lui ont
été consacrées dès la naissance du blog…
1 - Franz Schubert
:
Symphonie N° 8
"Inachevée" – Orchestre de la
Staatskapelle de Dresde (2012 -
Clic) avec en complément - le troisième mouvement de la
Symphonie Mathis Der Maler
de
Paul Hindemith
l'orchestre étant le
Gustav Mahler Jugendorchester.
Hindemith, une spécialité de ce chef à qui on doit une passionnante anthologie. Un
extrait d'un concert en live de 2010. À 84 ans, le chef
dirigeait avec énergie cette musique un peu folle…
2 - Carl-Maria von Weber
–
Concertos N°1 & 2 pour clarinette
avec
Sabine Meyer
en soliste et de nouveau la
Staatskapelle de Dresde
(2013 –
Clic)
3 - Carl Nielsen
:
Symphonie n°4
"Inextinguible", avec l'Orchestre de San Francisco
(2017 –
Clic)
Je recopie la biographie écrite en 2012. Je n'ajoute rien, j'aurais
le sentiment désagréable de rédiger un pseudo RIP avant l'heure. Allez
savoir… à près de 75 ans, et après la disparition de
Bonnie Tyler, mon ainée de quelques mois, on ne sait jamais.
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| Herbert relax vers 1970 |
Le chef d'orchestre Suédois (naturalisé américain)
Herbert Blomstedt
est né en 1927 à Springfield dans le Massachusetts !
L'enfant n'a que deux ans quand sa famille retourne s'installer dans son
pays d'origine. Il fréquente le collège royal de Stockholm et
l'université d'Uppsala (fondée en 1477). Le jeune homme étend son art
dans tous les domaines : la musique contemporaine à Darmstadt en
1949, puis le baroque auprès de Paul Sacher en Suisse.
Pour la direction d'orchestre, il suit les enseignements d'Igor Markevitch, de Jean Morel à la Juilliard School et de Leonard Bernstein. Rien d'étonnant après un tel parcours qu'il remporte le prix
Koussevitzky en 1953 à 26 ans.
Herbert Blomstedt
est un homme peu connu car discret. Comme interprète, ses compositeurs
de prédilection sont
Beethoven, Mendelssohn, Schubert, Bruckner et Richard Strauss. Il excelle également dans le répertoire nordique :
Grieg, Berwald, Sibelius et Carl Nielsen.
Un grand artiste est toujours un peu un original.
Blomstedt appartient à l'église "Adventiste du septième jour". Il ne répète donc
jamais les vendredis soir et les samedis (c'est du travail), mais donne
des concerts qu'il considère plutôt comme des moments de prière et non
comme du travail. On ne sera donc pas surpris de voir ce mince
octogénaire réaliser la première intégrale marquante
des symphonies du mystique Bruckner depuis celles de Günter Wand. (Depuis,
Christian Thielmann
a ajouté sa conception remarquable au catalogue).
Ce chef a conduit les meilleurs orchestres de Scandinavie et de la
planète, dont la Staatskapelle de Dresde (1975-1985) avec lequel
il a enregistré les symphonies de Schubert. Son coffret de 3 CD
consacré à
Paul Hindemith est un enchantement au sein de sa discographie qui met en relief la
fidélité de ce chef envers l'esprit musical des œuvres.
Depuis 2017, il donne régulièrement des cycles de concerts avec
des phalanges qui savent jouer sans faute même si la gestique du maître
évolue vers une élégante métrotomie, l'âge ne lui permettant plus une
battue plus "sportive"
😊. Quelques conseils que l'orchestre prend en compte lors des
répétitions…
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En mai 2025, donc à presque 98 ans,
Blomstedt nous a rendu visite à la
Philharmonie de Paris pour diriger l'Orchestre de Paris en imposant une nouveauté au répertoire la
Deuxième Symphonie
du compositeur suédois
Franz Berwald
qu'on ne connaissait que par le disque. Datée de 1842, on ne connaît
la partition que depuis 1914. Le chef lui a rendu son authenticité
portée par son surnom, la "capricieuse". Suivait un incontournable de
l'orchestre : la
2ème symphonie
de
Brahms. Un triomphe. Merci à
Klaus Mäkelä, jeune chef en titre d'avoir insuffler une discipline à cet orchestre
inconnue jusqu'alors. L'exigence connue de
Blomstedt a ainsi pu porter ses fruits
pour cette création. Relisez l'article récent dédié à
Louis Frémeaux, je n'étais pas tendre voire injuste envers notre phalange parisienne…
Nota : J'avais rédigé un RIP pour
Kurt Sanderling
décédé la veille de ses cents ans et deux autres chefs historiques
nonagénaires ;
Bernard Haitink
et
Christoph von Dohnányi. Mais les trois nous avaient quittés à 92 et 96 ans après une retraite
prise vers 90 ans. Après l'incident de San Francisco, l'avenir musical de
cet homme incroyable appartient un peu aux médecins… à suivre…
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Écoute au casque ou avec des enceintes additionnelles plus que conseillée. Le son des PC, sauf exception, est vraiment une injure à la musique…
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INFO : Pour les vidéos ci-dessous, sous réserve d'une écoute directement sur la page web de la chronique… la lecture a lieu en continu sans publicité 😃 Cool. |
Vidéos en live ou CD :
2013 :
Orchestre de Paris
:
Symphonie N°3
"Héroïque" de
Beethoven. Interprétation sans grandiloquence d'un jeune Beethoven qui instaure avec
fougue le Romantisme !
1993 :
Franz Berwald :
Symphonie N°4
– Orchestre de San Francisco
(DECCA) en complément la
symphonie N°1.
1988 :
Paul Hindemith :
Métamorphoses symphoniques sur un thème de Weber
–
orchestre de San Francisco
(DECCA). Voir chronique d'un live à la BBC par
Eugen Jochum…. Une interprétation ici toute en finesse orchestrale.
2026 : 9 mai,
Orchestre symphonique de Détroit.
9ème symphonie
de
Mahler. Les dernières minutes comme expliqué en introduction deviennent un voyage
astral… Comme souvent le chef se recueille un instant avant une séance
explosive d'applaudissements.






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