jeudi 2 avril 2026

SCHUBERT – Messe N°5 en la bémol majeur D 678 (1822) – Philippe HERREWEGHE (2002) – par Claude Toon


- Période de Pâques Claude… Un peu de musique religieuse tant pour les croyants que pour les mécréants ; elle me semble bien vivante cette messe… Pas sulpicienne du tout…

- En effet Sonia… Schubert n'aimait pas les bigots, notamment de sa famille, il devait côtoyer des loges maçonniques… on va se renseigner… Es-tu une mécréante pratiquante Sonia ?

- hihi ! Heu non disons… agnostique… mais comme Schubert je ne nie pas l'existence d'un Créateur, je me pose beaucoup de questions, on en discute avec Ferdinand…

- Moi aussi, je suis catho, mais je respecte toutes les confessions sincères et non violentes, je hais l'intégrisme et conteste divers dogmes vaticanesques, l'important c'est la bonne relation avec mes coreligionnaires…

- Tu as déjà écrit en 2021 un papier sur la 6ème et dernière messe de Schubert, un monument d'après ma mémoire…

- Oui mais pour certains la 5ème est plus humaine, moins solennelle. Et j'aime bien la direction lumineuse de Philippe Herreweghe…


Partie 1 : La musique sacrée aux époques classique et romantique

Philippe Herreweghe
 
 

Le musicologue Maurice Cauchie (1882-1963) ne tournait pas autour du pot à propos de cette 5ème messe de Schubert. Bien que spécialiste de la musique française, on sent dans son propos sur le compositeur viennois une fascination pour son style d'écriture et un regret que les concertistes la délaissent dans leurs programmations. Je cite l'essentiel : "Cette messe est incontestablement la plus belle des six que nous a laissées le maître viennois…. Dans la partition sont accumulées tant de merveilles : modulations géniales, mélodies exquises, orchestration colorée, émotion intense…".

La messe N°6 écoutée en 2021 reflète une grandeur propre aux messes dites "solennelles - Solemnis". Elle concurrence la messe en Ut de Mozart, hélas inachevée, ou la Missa Solemnis de Beethoven encore plus développée et majestueuse. J'avais chroniqué celle de Mozart dirigée par Philippe Herreweghe (toujours excellent dans les ouvrages sacrés) et celle de Beethoven par Otto Klemperer dans une interprétation en live à Amsterdam de 1957 qui aurait dû figurer dans la saga "Disques légendaires" si cette collection de chroniques avait existée cette année-là. Et pour être exhaustif n'oublions pas la Messe en Fa de Bruckner, œuvre très spirituelle d'un homme pieu et jeune, messe sans doute influencée par la N°6 de Schubert ; une interprétation sans pathos de Gerd Schaller et un billet de 2021. Avec l'article de ce jour, je pense avoir couvert le répertoire des messes les plus incontournables de l'époque classique et romantique… (Index)

Si à l'époque baroque, le nombre d'œuvres sacrées défie l'entendement (Schütz et Bach évidemment, passions, oratorios, des centaines de cantates…), la distance que vont prendre les compositeurs de renom avec les Princes de l'Église explique une baisse très nette de production dans le genre dès la période classique. Même le très croyant Bruckner préfèrera partager son sens aigu de la spiritualité dans ses immenses symphonies, l'ultime 9ème inachevée étant dédiée "au bon Dieu". La messe en Ut de Mozart fut écrite pour son épouse Constance et non pour satisfaire une commande. Les messes brèves destinées à son boss de Salzbourg représentent une production mineure du génie mozartien. Les six dernières de Haydn sont de qualité, bien entendu, mais sans grande religiosité pour cet adepte de la franc-maçonnerie…

- Il faudrait peut-être en parler Claude…

- En effet Sonia… Les disques sont rares… mais j'ai déjà une idée…


Alserkirche où fut créée la 6ème messe
 

Partie 2 : L'homme Schubert et la spiritualité chrétienne

La première chronique Schubert en 2011 proposait une mini biographie du compositeur et était consacrée au quintette "La truite" et au Quatuor N°14 "La jeune fille et la mort" (à mes débuts, je surchargeais mes billets, deux articles séparés eussent été justifiés). Bien que j'ai rédigé déjà 26 articles, je ne vois pas l'intérêt de dresser le portrait de la vie du viennois de manière plus détaillée, les sites web se révèlent très riches au sujet du compositeur mort à 31 ans et surnommé "un miracle"* du fait de l'incompréhension qui nous gagne en découvrant que Franz a composé un millier d'œuvres, et pas des moindres, en seulement 18 ans de carrière. Je préfère recontextualisé sa destinée lors de la présentation d'un ouvrage donné.

(*) Max-Paul Fouchet (critique d'art, animateur de télévision)

En ce qui concerne la musique religieuse schubertienne, on doit distinguer dans son travail créatif deux périodes éloignées, sa prime jeunesse et la maturité, soit pour la seconde la vingtaine en regard de sa bien courte vie. Schubert né en 1798 est le douzième enfant d'une fratrie de quatorze ! En cette époque sans médecine et d'épidémies diverses, seuls cinq gosses atteindront l'âge adulte 😧 ! Pour supporter des deuils aussi récurrents, seule la foi profonde et fervente des parents s'avère secourable. Qualifier les parents Schubert de bigots, ce qui était réel suivant les critères actuels, friserait l'indécence. La foi pouvait exorciser le chagrin en ces temps-là. De nos jours on traîne les marmots chez le pédiatre jusqu'à 18 ans dès que le mercure dépasse 37,9°. (Peut-on trouver excessif cette médicalisation ? Non, sinon deux de mes petits fils seraient déjà des angelots…). 

Les enfants Schubert étaient-ils de frêle constitution ? Possible.  Franz, miraud, replet et peu sexy, ne mesurait que 1,56m. Ses amis farceurs le surnommaient "Schwammerl" (Le champignon 🍄‍.) Schubert devra suivre un enseignement religieux rigoriste, presque un endoctrinement. Il sera croyant, comme Beethoven, mais pas un dévot mystique comme le furent Bach et Bruckner

Son père instituteur et violoncelliste débutera la formation musicale de ses garçons : à Ferdinand et Franz le violon et l'alto, à son frère Ignaz le piano. 

Le maître de chapelle de l'église de Lichtental, Michael Holzer, leur enseignera l'orgue, le chant et la notation de basse chiffrée datant du baroque. Franz sera à dix ans le 1er soprano du chœur local. En 1808, il est admis dans le chœur de la chapelle impériale de Vienne, étudiant de fait : la composition et le contrepoint avec Antonio Salieri, génial pédagogue, n'en déplaise à Milos Forman 😊… Dès 13 ans il compose au grand dam de papa, et ses connaissances liturgiques lui seront bien utiles….



Thérèse Grob (1798 – 1875)
 

Partie 3 : Les amours déçus de Schubert et ses premières messes

On admet que Schubert cohabitera avec l'Église catholique sans s'engager à respecter assidument la doctrine. Côté cœur, on suppose que de nos jours, le maître aurait pu se rapprocher de la communauté LGBT+, G ou B. L'écrivain Franz Grillparzer affirmait que lui et Franz étaient attirés par les hommes, un délit puni de prison au XVIIIème siècle.

Pourtant il est notoire que Franz ait eu le béguin pour des jeunes femmes et le désir de se marier… Trop désargenté et timide, il ne pourra jamais épouser la séduisante Thérèse Grob, amie et chanteuse, elle aussi à la choral de Lichtental, puis des lieder. Il fréquentera Josephine (Pépi) Pöckelhofer, domestique de la maison Esterházy. Plus tard, en 1824 il en pincera pour son élève Caroline Esterházy âgée de 19 ans, mais épouser une comtesse de 7 ans sa cadette ? même pas en rêve 😥. Donc assez Hétéro le pauvre Franz qui mourra seul, toujours amoureux platoniquement de Caroline (1805-1851) à qui il dédicacera la Fantaisie en fa mineur D. 940, un bijou pour piano à quatre mains (Clic).

Un écart dans une maison de tolérance avec Untel ou Unetelle, transgression courante dans la communauté artistique de l'époque, serait-il à l'origine de l'infection par la syphilis qui l'emportera à 31 ans, laissant à Schubert, chose rare avec cette maladie, des capacités intellectuelles et créatives hors normes… (Derniers quatuors, symphonie en Ut, dernières sonates, le quintette pour violoncelle…). Fin du roman photo et des ragots qui ont encore la vie dure.

- Et bien Sonia… une petite larme ? prend un mouchoir…

Revenons aux débuts de Schubert comme compositeur. Sa première œuvre achevée, une fantaisie pour piano à quatre mains, date de 1810, il a douze ans ! Entre 1814 et 1816, il écrit quatre messes dans un style techniquement maitrisé mais de forme académique et sans grande ferveur. Elles ont été enregistrées par Wolfgang Sawallisch dans le cadre d'une intégrale des 7 messes (6 en latin, une en allemand). (YouTube pour les curieux

Les numéros des messes N° 1 et N° 4 dans le catalogue Deutsch sont D 105 et D 452. En deux ans, Schubert a travaillé sur environ 350 ouvrages ! HPI ? Difficile d'en douter. Certes, le catalogue référence un grand nombre de lieder, pièces courtes, mais aussi les symphonies N°2 à N°4 qui n'ont pas à pâlir face à celles de Mozart ou de Haydn malgré une thématique moins hardie. Bien dirigées, elles ont de l'allant… La N°1 D 82 a vu le jour l'année de ses 15 ans en 1813. Plus incroyable, pendant la même période de deux ans, il compose ses 11 premiers quatuors, un genre difficile à aborder. Il faudra attendre 1824 pour qu'il entreprenne la rédaction du 13ème, "Rosamunde", le premier des trois ultimes chefs d'œuvre pour cette formation.


Comtesse Caroline Esterházy

Partie 4 : De la première messe à la profonde cinquième

La messe n°1 fut composée en une semaine en 1814 😐. Sa création a lieu presque en famille en l'église de Lichtental pour fêter le centenaire de sa construction. Il s'agit donc bien d'une commande. L'effectif de 62 instrumentistes et chanteurs est imposant pour l'époque par rapport à la modestie de la paroisse. Ferdinand jouait de l'orgue, son ancien maître Michael Holzer était maître de chœur et son amie soprano Therese Grob chantait le solo… On raconte que Antonio Salieri, son mentor et professeur était présent et aurait embrassé son jeune élève. Schubert voyait sa partition digne d'être appréciée comme "Solemnis" (solenelle), qualificatif  justifié pour une messe de quarante minutes. Elle fut redonnée dix jours plus tard en l'église St Augustine's Court mais éditée seulement en 1845

En 1819, Schubert écrit les premières ébauches de la 5ème messe. La composition ne sera terminée qu'en 1822. Comme la plupart des chefs-d'œuvre, la genèse de la messe et sa première exécution n'est pas simple. La période de composition est contemporaine de celle de la Missa Solemnis de Beethoven. Dans la Vienne musicale où tout se sait, et vue la notoriété de Ludwig van et de ses projets, difficile de douter que Schubert n'est pas tenté de rivaliser avec son modèle. Par ailleurs, la splendeur de l'ouvrage par rapport à la 4ème messe de 1816 montre un Schubert maîtrisant totalement les techniques et l'inspiration exigées par une œuvre de cette proportion. Ajoutons que la pathétique 7/8ème symphonie "inachevée" de la même année 1822 confirme ses progrès de compositeur. Beethoven travailla cinq ans sur la Missa Solemnis qu'il considèrera comme la meilleure de ses œuvres. Il la destinait à l'intronisation de l'archiduc Rodolphe. Cela dit, il est interdit par le régime de Metternich de faire jouer une messe en concert, hors d'un lieu de culte😞. Si géniale soit la partition, Beethoven meurt en 1827. Il faut attendre 1830 pour la création, loin de Vienne, à  Varnsdorf, ville située de nos jours en Tchéquie.

Évidemment, bien que commençant à être connu à Vienne (surtout de ses copains), Schubert rencontre lui aussi des difficultés pour organiser la création de sa messe dès l'encre sèche. Il vise une exécution dans  la chapelle impériale. Carrément ! 


Joseph Leopold Eybler (1765-1846)

Le maître de chapelle du palais, Joseph Leopold Eybler refuse la partition, qu'il trouve "bonne" certes, mais avec l'argument "pas dans le style qu'affectionne l'Empereur". Pour être honnête, l'Empereur aimait les messes brèves avec des voix d'enfants, Beethoven en fera les frais… Soyons donc indulgent envers Joseph Eybler 😊. Vite fait : Eybler, compositeur lui-même, avait été chargé par Constance Mozart d'achever le Requiem. Il s'empressa de faire sous-traiter le défi à Süssmayer, élève de Mozart. De là à penser qu'il n'osait avouer un manque de compétence et de musiciens expérimentés pour créer cette messe, il n'y a qu'un pas sans doute injuste… Schubert apportera des simplifications, et une première aurait eu lieu en 1823 de manière confidentielle à Alt-Lerchenfeld. La messe ne sera pas publiée de son vivant… Merci à Brahms de l'avoir enfin créée officiellement à Leipzig en 1874

PARTIE 4 : La messe, son humanisme, ses jeux de tonalité…

Première surprise : la durée de composition de trois ans (1819-1822) alors que Schubert travaillait très vite et achevait (ou pas) dans la foulée ses partitions (1 semaine pour la messe N°1, pas de scherzo ni de final pour la symphonie N°7/8). Il a quitté la ville et la maison où il a grandit et écrit ses quatre premières messes latines plus une en allemand D 621 en 1818 pour son frère Ferdinand.

Deuxième surprise : les quatre messes de l'adolescence sont d'un style conventionnel. La 5ème sera plus lyrique et optimiste, jouant sur des ruptures de tonalités incessantes, une signature du style de Schubert qui anticipe les recherches chromatiques wagnériennes… Elle n'affiche pas non plus l'austérité presque sulpicienne de la 6ème de 1828. Les amateurs ont un faible pour cette 5ème messe, allant jusqu'à la considérer comme la plus réussie dans le genre.


Schubert utilise le texte de l'ordinaire de la messe usuel, mais se permet de supprimer quelques versets dans le gloria et le credo sur des intentions de prières qu'il ne partage pas, notamment sur l'auto proclamation comme "Sainte" de l'Église catholique. A posteriori, il n'a pas été condamné au bûcher ! Hormis en Espagne, l'inquisition et l'absolutisme du Saint-Siège commencent à perdre de leur superbe, surtout en Allemagne où luthérianisme et catholicisme cohabitent presque sereinement. Voir la version à la Schubert après la vidéo.

RIAS-Kammerchor
 

L'orchestration comporte : une flûte (sauf kyrie), deux hautbois, deux clarinettes, deux bassons, deux cors, deux trompettes, trois trombones, des timbales, les cordes ; quatre solistes : soprano, alto, ténor, basse, chœur mixte, orgue ad libitum en continuo avec les cordes graves.

Les interprètes pour cette gravure sont :

RIAS-Kammerchor Orchestre Des Champs Elysées – direction Philippe Herreweghe

Soprano Anna Korondi : soprano hongroise d'opéra et de concert formée au conservatoire de Vienne. Elle est professeur de chant à berlin. Elle a chanté sur les plus grandes scènes du monde accompagnée par des maestros de renom comme Zubin Mehta, Pierre Boulez.

Mezzo-soprano Anke Vondung : Pianiste avant d'étudier le chant à Mannheim avec le professeur Rudolf Piernay, à partir de 1994. Elle a d'autre part suivi notamment les cours de Renato Capecchi, Julia Hamari, Brigitte Fassbaender, ou encore Dietrich Fischer-Dieskau. Elle est attachée à l'opéra de Dresde.

TénorAndreas Karasiak :  il apprend le chant à l'Université Johannes Gutenberg de Mayence avec Claudia Eder. Il a étudié la musique baroque à la Schola Cantorum Basiliensis avec René Jacobs à Bâle.

Baryton Kay Stiefermann : formé à la Haute école de musique de Cologne. Il se perfectionna auprès de Montserrat Caballé et Hans Hotter notamment.


Anna Korondi

Anke Vondung

Andreas Karasiak

Kay Stiefermann


Le tableau suivant indique les transitions de tonalités dans la messe. Le kyrie, supplication souvent chantée telle une lamentation est en mode majeur, tonalité optimiste. Schubert propose, non pas une supplication pour nous sauver, pauvres créatures pécheresses 😊, mais l'expression d'une confiance totale envers la bienveillance divine et Christique. Le hautbois et les bois dominent la petite harmonie dans le kyrie. L'orchestre devient ainsi léger dans son récit mais non d'une luminosité sans doute hors de propos en début d'un office. La flûte se tait à cette fin… Inversement, dans le Christe, les cordes pp ont le beau jeu… (Partition)

On constate dans ce tableau chipé dans Wikipédia mais complété par le Toon la majorité de tonalité majeur. À l'écoute, cette messe paraît plus festive que solennelle, jamais grandiose ou sulpicienne.  

Kyrie, Andante con moto, en la bémol majeur 4/4

[00:00] Kyrie eleison

[03:23] Christe eleison

[04:03] Kyrie eleison

Gloria, Allegro maestoso e vivace, mi majeur, 3/4

[00:00] Gratias agimus tibi, Andantino, la majeur, 2/4

[03:52] Domine Deus, Rex coelestis, Andantino, la mineur, 2/4

[04:29] Gratias agimus tibi, Andantino, la majeur, 2/4

[06:28] Domine Deus, Agnus Dei, Allegro moderato, mi majeur, 4/4

Credo, Allegro maestoso e vivace, do majeur, 4/4

[00:00] Et incarnatus est, Grave, la bémol majeur, 3/2

[04:16] Crucifixius,

[06:15] Et resurrexit, Allegro maestoso e vivace, do majeur, 4/4

Sanctus, Andante, fa majeur, 12/8

[00:00] Sanctus fa majeur, fa dièse mineur, pour un effet « époustouflant ».

[02:35] Osanna in excelsis, Allegro, fa majeur, 6/8

Benedictus, Andante con moto, la bémol majeur, 4/4

[00:00] Benedictus, la bémol majeur,

[03:20] Osanna in excelsis Osanna in excelsis, Allegro, fa majeur, 6/8

Agnus Dei, Adagio, la bémol majeur, 3/4

[00:00] Agnus dei qui tollis peccata mundi, miserere nobis, Allegretto, la bémol majeur, 4/4

[03:27] Agnus dei qui tollis peccata mundi, Dona nobis Pacem, Allegretto, la bémol majeur, 4/4

Écoute au casque ou avec des enceintes additionnelles plus que conseillée.

Le son des PC, sauf exception, est vraiment une injure à la musique…


INFO : Pour les vidéos ci-dessous, sous réserve d'une écoute directement sur la page web de la chronique… la lecture a lieu en continu sans publicité 😃 Cool. 



PARTIE 5 : Versions alternatives

Les enregistrements n'abondent pas mais sont en général de qualité.

Wolfgang Sawallisch a enregistré les messes N°5 et N°6 en 1972 à la tête de l'orchestre de la Staatskapelle de Dresde et des solistes de premier plan. Nous avions écouté  la 6ème en 2021. Ce double album n'a jamais quitté le catalogue. Il a été un temps réédité. Ce chef illustre a gravé l'intégrale des œuvres sacrées de Schubert pour EMI avec L'Orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise toujours plus ou moins disponible au catalogue (7 CD).

Sinon, les critiques s'accordent à encenser l'interprétation de Nikolaus Harnoncourt avec le Chamber Orchestra of Europe. Elle le mérite. A priori plus lente que la version commentée, on ne peut qu'admirer le sens des nuances, la clarté spatialisée de l'orchestre et la transparence du chœur. Peut-être une forme de référence là aussi, mais sans la spiritualisé de ses confrères. J'ajoute la vidéo YouTube de cette publication de 1997. Une prise de son admirable, on doit l'admettre.


Kyrie eleison

Christe eleison

Kyrie eleison 


Glória in excélsis Deo

et in terra pax homínibus bonae voluntátis.

Laudámus te

benedícimus te, adorámus te, glorificámus te

grátias ágimus tibi propter magnam glóriam tuam

Dómine Deus, Rex cæléstis

Deus Pater omnípotens.

Dómine Iesu Christe, Fili Unigénite,

Dómine Deus, Agnus Dei, Fílius Patris,

qui tollis peccáta mundi, miserére nobis;

qui tollis peccáta mundi (Toi qui enlèves le péché du monde)

súscipe deprecatiónem nostram, (reçois notre prière)

Qui sedes ad déxteram Patris, miserere nobis.

    (Toi qui es assis à la droite du Père, prends pitié de nous)

Quóniam tu solus Sanctus, tu solus Altíssimus,

tu solus Dóminus,

Iesu Christe, (Jésus Christ)

cum Sancto Spíritu, in glória Dei Patris.

Amen.


Credo in unum Deum, Patrem omnipoténtem, (le Père tout-puissant)

factόrem cæli et terræ, visibílium όmnium, et invisibílium.

Credo in unum Dόminum Iesum Christum, Fílium Dei unigénitum. Et ex Patre natum ante όmnia sæcula.

Deum de Deo, lumen de lúmine, Deum verum de Deo vero.

Génitum, non factum, consubstantiálem Patri : (Engendré, non pas créé, de même nature que le Père, et par lui tout a été fait.)

per quem όmnia facta sunt.

Qui propter nos hόmines, et propter nostram salútem descéndit de cælis.

Et incarnátus est de Spíritu Sancto ex María Vírgine : et homo factus est. Crucifíxus étiam pro nobis : sub Pόntio Piláto passus, et sepúltus est.

Et resurréxit tértia die, secúndum Scriptúras.

Et ascéndit in cælum : sedet ad déxteram Patris.

Et íterum ventúrus est cum glόria iudicáre vivos, et mόrtuos :

cuius regni non erit finis.

Credo in Spíritum Sanctum, Dόminum, et vivificántem :

qui ex Patre, Filiόque procédit.

Qui cum Patre, et Filio simul adorátur, et conglorificátur :

qui locútus est per Prophétas.

Et unam, sanctam, cathόlicam et apostόlicam Ecclésiam.

    (Je crois en l'Église, une, sainte, catholique et apostolique.)

Confíteor unum baptísma in remissiόnem peccatόrum. Et expécto resurrectiόnem mortuόrum.

Et vitam ventúri sǽculi.

Amen.


Sanctus, Sanctus, Sanctus Dóminus Deus Sábaoth.

Pleni sunt caeli et terra glória tua.

Hosánna in excélsis.


Benedíctus qui venit in nómine Dómini.

Hosánna in excélsis.


Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.

Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis.

Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, dona nobis pacem.

Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, miserere nobis. (bis)

Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, dona nobis pacem. (bis)




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