mardi 20 mars 2018

JEAN-MICHEL BREZOVAR - RUE DU SALBERT (1978) - par Pat Slade



Jean-Michel Brezovar, le guitariste historique d’Ange va, entre deux éclipses, faire son album solo.




Un Ange en solo




Après m’être offert l’album «Rue du Salbert» de Jean-Michel Brezovar en disque vinyle (Merci papa Noël !), Philippe Mottee et sa société «Welcome Média Music»  me faisait parvenir, après un p’tit coup d’Phil, le même album remasterisé avec les 5 bonus supplémentaires.    

Brezovar et Haas
C’est en 1977 que Jean Michel Brezovar et Daniel Haas vont quitter le vaisseau Ange pour courir vers d’autres chemins, ils feront chacun leurs album solo, «Couleur du Temps» pour Haas et «Rue du Salbert» pour Brezovar.  

Où est-ce la Rue du Salbert ? Même si brezo ni est pas né, on se doute bien que la rue doit se trouver à Belfort. Fini l’ambiance moyenâgeuses du groupe des belfortains, on va donner entre une pop progressive et du folk californien «Some Day Ago» où même certains titres sonnent comme du Dire Strait «Easy Come, Easy Go». Pratiquement tous les titres sont bourrés de références à d’autres groupes, avec «You Got Home» Alvin Lee et Ten Year After ne sont pas loin. Mais la patte de Brezovar est toujours là, des titres comme «Lovely Song» joliment accompagnés au Fender Rhodes ou «Drunk Man» où le guitariste nous rappelle qu’il sait aussi jouer de la flûte traversière. Parmi les musiciens qui l’accompagnent, la présence de Gwennolé Biger qui lui aussi, dans un temps, fréquenta les ailes des Anges sur l’album «Emile Jacotey». Le chanteur Thierry Sauvage n’en a que le nom, il y a un manque de puissance certain dans sa voix. Le tout sera mis en boite par le touche à tout  Richard Loury qui s’occupera aussi des frères Decamps dans leurs exercices solo, de Mike Lécuyer, de Daniel Haas, de Ganafoul et même d’Ange sur l’album «Guet-apens» 

1999 les bonus, plus récents, plus couillus, plus charnus. «We are Still Alive and Well» ouvrent bien le bal. Frappe de batterie plus sèche, le vieux complice Gérard Jelsch des débuts cahotant d’Ange a pris la place derrière les fûts, Guy Fritsch a la voix adéquate pour les cinq bonus, des intonations bien rock’n roll, gorgées de bière. Des Compositions où l’on regrette que l’album entier n’en soit pas rempli. Et puis le jeu de guitare de Brezo, toujours aussi mélodieux et électrique. «Strange Colors»  Un très belle incursion instrumentale ou Brezovar va sortir tout son talent de guitariste et son sens de l’harmonie. «Don’t Touch That Girl» un morceau rythmé qui accroche l’oreille à la première écoute.

«Rue du Salbert» Un bon album même si le premier enregistrement de 1978 a pris quelques rides, il reste encore parfaitement écoutable. Les bonus de 1999 sont complètement d’actualités. Jean-Michel Brezovar dans son interview dans la bible «Ange le livre des légendes» disait : «…Ce que je vais regretter le plus, c’est la scène, le contact avec le public.» Et bien ce gars la, il devrait être invité à des festivals de prog comme le PEB (Festival Prog En Beauce) ou même au Festival Crescendo, il y aurait sa place et ne démarquerait pas des autres artistes qui y évoluent au fil des ans.


Même si les puristes d’Ange première époque réfutent cet album (Et ils sont nombreux… !) parce que ce n’est pas dans la tradition de ce que faisait Jean-Michel Brezovar à ses débuts, le musicien a su évoluer avec son temps et ne pas rester emprisonné dans un style avec une étiquette collée dans le dos comme un vieux chewing-gum séché.                




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