jeudi 11 janvier 2018

WALTER TROUT "We're all in this together" (2017)

Sacré CV que celui de Watlter Trout, 67 printemps bientôt, presque tous au service du blues. Né dans le New Jersey où il fait ses premières armes à la fin des sixties avant de faire ses valises, prendre  ses boots et sa Fender, et direction le soleil californien, à Los Angeles. Là il accompagne des pointures telles Percy Mayfield, Joe Tex, Deacon Jones ou John Lee Hooker avant d'être recruté en 1981 par Canned Heat puis par John Mayall dont il devient un des Bluesbreakers jusqu'en 1989, partageant les guitares avec Coco Montoya. Puis en 1989 il décide de voler de ses propres ailes et se forge une solide discographie, puisque l'album dont il est question aujourd'hui est son 25 eme si j'ai bien compté. A noter qu'il est également depuis Novembre 2015 le président de la British Liver Trust, oeuvre charitable qui s'occupe de dons d'organe (Trout a lui même été transplanté en 2014 suite à une cirrhose).
Au sujet de cet album Walter nous dit "I just wanted to go in the studio and have some fun and jam with some friends", et comme on va le voir il a un carnet d'adresses bien rempli le bougre.
Autour d'une rythmique composée de Jonny Griparic (basse) et Michael Leasure (batterie) et à l'orgue et /ou Piano Deacon Jones , Sammy Avila et Skip Edwards, Trout joue et chante, accompagné au fil des titres de nombreux invités ainsi que nous allons le voir en détails. Le Walter avait déjà fait le coup du disque plein de guest en 2006 avec 'Truth circle". Le disque est dédicacé à Deacon Jones, décédé peu après l'enregistrement, en Juillet 2016,  à 73 ans, après une riche carrière qui l'a vu jouer avec Freddie King, John Lee Hooker, Gregg Allman, Albert Collins, Buddy Miles , entre autres.

On commence avec "Gonna hurt like hell", puissant shuffle où Trout pour croise le fer avec Kenny Wayne Shepherd, une chanson écrite spécialement pour lui, d'ailleurs chaque titre a été conçu en fonction de la couleur musicale de l'invité; là ça dépote dur, du blues rock comme on l'aime.
Ensuite c'est Sonny Landreth  qui s'y colle sur "Ain't going back", "le plus grand joueur de slide de l'histoire" selon Walter, et le Sonny s'en donne ici a cœur joie sur ce blues aux effluves Louisianaises.
Mais voici Charlie Musselwhite et son harmonica  sur "The other side of the pillow", bon slow blues qu'ils ont co-écrit avec guitare et harmo qui se répondent. Mais ce sont les guitaristes qui se taillent la part du lion dans cet album, les titres suivants verront débarquer  Mike Zito, Robben Ford et Warren Haynes, mention au titre avec Zito "She listens to the Blackbird song" qui a un petit coté sudiste à la Allamn Brothers ou Lynyrd Skynyrd ("free bird"). Le titre avec Ford ("Mr Davis")est un instrumental à la Freddie King dédié à Jesse Ed Davis, guitariste qui fut le mentor de Trout à son arrivée en Californie. Avec Haynes c’est la seule reprise, celle de "The sky is crying" d'Elmore James, pour le plus grand plaisir du  fan club français de Warren , basé dans la région de Mont de Marsan et que je salue amicalement...
La suite de ce "all star games" c'est avec Eric Gales sur "Somebody goin' down", et le guitariste né à Memphis balance de gros solos funk/fusion sur un des titres les plus pêchus de la galette.  Edgar Winter  vient avec son sax sur "She steals my heart away", "my first love is the blues " avoue le frangin de feu Johnny (Winter pas Hallyday!) et cet intermède jazzy/soul est le bienvenu.
Joe Louis Walker chante et gratte  sur "Crash and burn" , rapide blues rock de bonne facture puis un autre harmoniciste s'invite, John Nemeth -dont j'ai déjà parlé par ici -  sur  'Too much to carry", Nemeth qui remplaça au pied levé Curtis Salgado victime d'une attaque cardiaque peu avant l'enregistrement (il s'est est sorti heureusement).
"Do you still see me at all" rappelle quelque pu le "All your love" de Otis Rush par sa trame, Trout y est rejoint à la guitare par son fils Jon dont on apprend dans les notes que quand il était un kid il était plus Ramones que blues..il joue maintenant régulièrement avec son père.
Randy Bachman (Bachman-Turner Overdrive, Guess Who) débarque avec son gros son sur "Got nothin' left", 75 ans et encore vert le Randy, notamment la voix que retrouveront  les fans de BTO (si il en existe encore).
Pause blues acoustique avec "Blues for Jimmy T " ou Trout n'est accompagné que de John Mayall à l'harmo, et ça fait plaisir de retrouver le grand père du british blues (84 ans!) sur ce blues dedié à Jimmy Trapp (ex bassiste de Trout), dans un esprit blues rural à la Sonny Terry/ Brownie McGhee.
Mayall dont Trout dit à quel point son passage chez les Bluesbreakers a contribué à sa carrière.
Mais manque quelqu'un à tous ces invités, si, si, cherchez bien.. fastoche! Vous avez trouvé?
Ben,  c'est Joe Bonamassa of course  que voila,  sur le morceau titre "We're all in this together", enregistré live en studio en une prise, un heavy blues rock riche en guitares pour clore de belle manière  ce disque.
Je suis d'ordinaire assez réservé sur ce genre de projets bourré d'invités mais il faut avouer que là c'est réussi, quasi un sans faute , un des disques de blues rock à retenir de 2017.

ROCKIN -JL


5 commentaires:

  1. Bien d'accord avec toi! ce disque est un des meilleurs dans le genre pour 2017. J'ai mis un peu de temps a apprivoiser Walter Trout, ayant eu le tort de commencer par des "live" du guitariste, et là je le trouvais beaucoup trop bavard ! Mais en 2013 je suis tombé sur son "Luther's Blues" hommage à Luther Allison et j'ai été séduit, depuis je suis attentivement le bonhomme et constate que ses derniers productions sont excellentes, depuis en fait son retour après ses gros pépins de santé (2015). Dans le genre de ce "We're are...." il faut signaler ""Full circle" (2006) un très bon opus , Walter Trout entouré d'une foule de prestigieux invités, dont ......Bonamassa pour un "Clouds on the horizon" d'anthologie !!! Fortement recommandé. Amicalement JP

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    1. je ne connaissais pas trop Walter Trout, à part pour sa collaboration avec Mayall,et un de ses albums des années 90, moyen; mais j'ai bien aimé ce lui là; j'ai lu aussi ta chronique élogieuse sur amazon qui a conforté mon opinion; merci de ton passage JP

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  2. Même remarque que JPG... Je suis tombé sur les live du guitariste, qui me semblait en faire des tonnes, rallongeant ses solis ras la gueule, virtuose pour deux sous, un peu m'as-tu-vu. (comme Bonnamassa ?). Mais ce que tu en dis, sur ce cd, donne vraiment envie...

    Une copie ?

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  3. je viens de relire ta chronique , pas vu la première fois que tu mentionnais le "Full Circle" .....Le dernier live in Amsterdam est pas mal. Il semble qu'avec l'âge Trout ait mis la pédale douce sur les chorus interminables et c'est tant mieux.

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  4. D'accord aussi. Souvent trop bavard et rentre-dedans dans ses derniers albums, Trout fait moins dans l'esbroufe (contrairement à Joe Louis Walker qui braille de plus en plus) et c'est tant mieux. Le 4e morceau avec Zito est majestueux.

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