samedi 31 décembre 2016

MILHAUD – Concerto pour Marimba et Vibraphone – Sergiu CELIBIDACHE – par Claude TOON



Marimba (Xylophone)

Vibraphone (Métallophone)

- SONIAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA
- Heu oui M'sieur Claude… J'ai pas trop le temps-là, j'ai 12 bourriches d'huitres à ouvrir, d'ailleurs il y en a qui puent…
- C'est Luc qui les a achetées, une promo discount, surement des soldes du réveillon 2015… ah ah ah… Ça sent la gastro…
- Même pas drôle ! M'sieur Rockin m'a aussi chargé du champagne, mais il me manque 5 bouteilles, vous ne sauriez pas où………
- Aller fouiner dans le bureau de M'sieur Philou, j'ai entendu un grand pop pchiiiiiiiiii tout à l'heure…
- Bref, pour votre com, faites sans moi, je n'ai que deux mains et un seul salaire !!!! Vous aurez bien une idée comme toujours… mais pas un roman musicologique, hein !
- Oui, qui dit réveillon dit ding dang dong, danses latinos et ambiance cool. Clochette = métallophone ou xylophone et pour la samba, le Brésil, etc. Tiens : Darius Milhaud…

Darius Milhaud

Comme pour Noël, une petite musique d'ambiance s'impose, pas une grande symphonie de deux plombes inspirées de Kant ou Nietzsche et Cie !
D'où cette idée de vous distraire avec une œuvrette sympa aux accents exotiques et dansants. Une musique à écouter en préparant la marinade, les tranches de saumon ou le pot au feu pour les plus imaginatifs…
Le compositeur français Darius Milhaud a séjourné un certain temps au Brésil vers 1917 – 1918 comme secrétaire de Paul Claudel. On peut lire tout cela dans un article consacré au Bœuf sur le toit (Non Sonia, on ne fait pas de brochette de bœuf sur le toit ce soir) (Clic). Bref le musicien s'est imprégné lors du séjour au pays de la samba, puis à Porto Rico, des rythmes sud-américains. Plus tard, réfugié aux USA pendant l'occupation nazie, il se passionne pour le jazz et aura même parmi ses élèves un certain Dave Brubeck, mais aussi Steve Reich et Philip Glass deux compositeurs aux styles éclectiques et fondateurs des courants minimalistes…
Donc, rien de surprenant à voir Darius Milhaud composer en 1947 ce concerto pour vibraphone et Marimba : deux instruments rarement utilisés autrement qu'en percussions complémentaires dans les orchestres symphoniques, mais courant en jazz.
Un Marimba ou Xylophone, comme le nom l'indique, possède des lames en bois, une sonorité clinquante et drue avec peu d'harmoniques.
À l'opposé le métallophone possède des lames en métal voire des tubes de résonance et dispose d'une palette de timbres plus brillante avec des notes qui se prolongent. J'enfonce peut-être des portes ouvertes… Lionel Hampton jouait principalement de cet instrument.
Darius Milhaud choisit une forme de concerto a priori très classique : 2 mouvements guillerets de 5' encadrent un mouvement méditatif de 12' d'une beauté sidérale et nocturne. Enfin "classique", avec un recours à la bitonalité, c'est vite dit
Le compositeur aimait les petits ensembles révélant des couleurs nettes et limpides. Le choix des deux instruments solistes met déjà en avant le désir de conjuguer des sonorités lumineuses et cristallines. L'orchestration reste chambriste à l'instar de ses deux célèbres ballets : 1 piccolo, 2 flûtes, 1 hautbois, 2 clarinettes, 1 basson, 2 trompettes, 2 cors, 2 trombones, 1 tuba, timbales, caisse claire et grosse caisse, cymbales, tambourin, des cordes. De tout, oui, mais juste un peu !
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Je vais en surprendre plus d'un avec une interprétation étincelante dirigée par le très grincheux, mystique et parfois un peu fat Sergiu Celibidache. Eh bien oui, le chef roumain, ennemi juré de Karajan, brucknérien éthéré aux tempos astrales jusqu'à l'éternité pour certains, adorait la musique française et sa légèreté, un style très opposé à celui d'un Richard Strauss qu'il dirigeait bien mal cela dit. La Mer de Debussy sous sa baguette reste mythique…
EMI a eu l'excellente idée de réunir des pièces peu connues de Milhaud et de Roussel dans cet album. Il ne faut pas oublier que maestro Celibidache dirigea l'orchestre national de France de nombreuses années.
Les enregistrements de ce concerto ne sont pas légions. Il n'y en a que deux à ma connaissance, et pas facilement disponibles. Seul celui de Celibidache est à signaler car les tempos retenus qui laissent la musique respirer et la précision du phrasé du maître font merveille dans cette musique. Un seul percussionniste, ici Peter Sadlo, papillonne avec 5 jeux de 4 maillets du xylophone au métallophone et inversement. Boudiou, que tout cela est virtuose et bien mis en place, fantasque et réjouissant.
Désolé de vous proposer la vidéo en trois parties, mais bon : entre un épluchage et un ultime emballage de cadeau…

BONNE ANNÉE 2017 À TOUS LES AMIS DU DEBLOCNOT  (à partir de minuit)






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