samedi 13 février 2016

Howard HANSON – Symphonie N° 3 - Gerard SCHWARZ – Par Claude Toon



- Tiens M'sieur Claude, Howard Hanson, un nom qui n'apparait pas encore dans l'index. Un british, un yankee, moderne, ancien ???
- Doucement ma petite Sonia… Howard Hanson était un compositeur américain du XXème siècle, mais un romantique tardif très facile à écouter…
- Si vous le dites. Le XXème siècle me fait toujours un peu peur, même sans parler de musique contemporaine…
- Non, Hanson, d'origine scandinave est un peintre des paysages et de la vie américaine ; de la musique pour grands espaces style western…
- Hi hi, avec des indiens et Randolph Scott ?
- N'exagérons rien… Allez, allez, au travail mon petit…

Howard Hanson (1896-1981)
Warning : nous sommes en 1938 lors de la création de cette 3ème symphonie et pourtant cette musique semble avoir été écrite au tournant du XIXème siècle. Elle ne vise aucune modernité, n'apporte rien d'extraordinaire en termes de recherche sur le langage symphonique. La symphonie du "Nouveau monde" de Dvorak pourrait être sa grande sœur. Ringards Hanson et sa symphonie aux accents hollywoodiens ? Pas du tout ! N'oublions jamais ce que disait le novateur Schoenberg, fondateur du dodécaphonisme et du sérialisme de l'École de Vienne, (il était alors réfugié aux USA ayant fui le nazisme) "Il reste beaucoup de belles choses à écrire en do majeur"…
Né la génération suivante (1918), Leonard Bernstein connut un succès planétaire mérité notamment par la composition de West Side Story, et une carrière de chef d'orchestre ardemment médiatisée et au répertoire éclectique. Cependant Howard Hanson n'en a pas moins fait comme compositeur, mais franchement, peut-on affirmer que le grand public le connaisse ? Rien n'est moins sûr. Ses œuvres n'encombrent pas les programmes de concerts européens !
Hanson voit le jour en 1896, fils de parents suédois immigrés dans le Nebraska, l'État du middle-west aux immenses plaines de blés et de maïs, et aux mythiques prairies battues par le vent…  Il aurait pu être le copain du producteur Darryl F. Zanuck, tous deux natifs de la petite ville de Wahoo. Il suivra des études musicales à New-York et à Chicago : piano, violoncelle et trombone et bien entendu la composition. À vingt ans, il obtient déjà un poste de professeur sur la côte ouest ! Les USA ont leur prix de Rome : the Rome prize (une bourse d'étude). Le jeune Howard séjournera trois ans dans la ville éternelle et y composera et créera en 1923 sa première symphonie "nordique".

George Eastman (1854-1932) et l'un de ses appareils photo
Et puis il y a des rencontres qui marquent une vie. Lors de l'essor capitaliste des USA et de la révolution industrielle du XIXème siècle, une génération de magnats richissimes, mais philanthropes, va permettre au Nouveau Monde de connaître un souffle créateur artistique et culturel fulgurant. Et de citer Andrew Carnegie, Solomon R. Guggenheim, d'autres encore et George Eastman, inventeur du premier appareil photo portable et bâtisseur de l'empire Kodak*. Eastman a fondé un institut dentaire à Paris (à 500 m de chez moi), un autre à Bruxelles, des théâtres et surtout, pour ne pas trop diverger hors sujet, l'Eastman School of Music dont la direction sera confiée à Howard Hanson qui fascinait l'industriel et mécène de Rochester, par son talent de pédagogue, de compositeur et de musicien… Cet institut possède son propre orchestre de qualité : le Eastman Rochester Orchestra. Hanson le dirigera des décennies au bénéfice exclusif de la musique américaine qui, et oui, a fait ses classes depuis l'époque des pères fondateurs tel George Washington, l'âge des lumières, l'époque de Mozart en Europe… De Barber à Copland en passant par bien d'autres, Howard Hanson sera un ardent défenseur de la musique américaine, souvent plus d'avant-garde que la sienne…
Howard Hanson ne sera jamais directeur à plein temps de cet orchestre (a contrario de chefs non compositeurs comme Erich Leinsdorf ou David Zinman) et n'enregistrera jamais à ma connaissance le répertoire classique et romantique occidental, se différenciant ainsi de son compatriote Leonard Bernstein. Cela explique en grande partie la méconnaissance que nous avons de l'homme et de l'artiste sur le vieux continent.
Sa production est importante : pièces pour piano, musique de chambre, un opéra, des concertos, des fanfares (les yankees en raffolent), une œuvre symphonique vaste dont 7 symphonies gravées en intégrale par Gerard Schwarz. De très grands chefs historiques comme Serge Koussevitzky ou Charles Munch ont créé certains de ses ouvrages orchestraux.
(*) George Eastman détestait être pris en photo ! C'est fou non ?! Par testament, Eastman donna la moitié de sa fortune personnelle - 75 millions de dollars de 1932 – à diverses institutions ou universités dont le MIT.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Gerard Schwarz (portrait en pied)
J'ai commandé le mien avec la carte Visa de Luc
Âgé de 68 ans, le chef américain Gerard Schwarz est mal connu en France car l'essentiel de sa carrière s'est déroulée jusqu'à ce jour aux USA. On a pu l'entendre à Paris épisodiquement, notamment à la tête de l'Orchestre National de France en 2000, mais dans un programme de musique contemporaine à la Citée de la musique, donc une prestation restée confidentielle.
Le chef a fait un passage éclair de cinq ans auprès de l'Orchestre de Liverpool avant de claquer la porte. De toute façon, les phalanges anglaises ont toujours des mots avec les chefs américains, même avec Bernstein ! Leonard Slatkin a eu le même souci avec le Philharmonique de Londres avant de venir travailler avec brio en France, à Lyon… Messieurs les anglais ne semblent pas raffoler d'inscrire au menu des musiques d'avant-garde pourrait-on penser…
Gerard Schwarz né dans le New Jersey, de parents autrichiens, a étudié notamment à la Julliard School d'où il est sorti diplômé de trompette et de direction d'orchestre. Il commence sa carrière comme trompettiste solo de la Philharmonie de New-York alors dirigée par Pierre Boulez. Ce qui me laisse à penser au c'est lui que j'ai entendu dans les années 70 jouer le diabolique solo de trompette de Petrouchka de Stravinsky avec maestria, salle Pleyel. Du grand art !
De 1985 à 2011, Schwarz va conduire la destinée de l'orchestre de Seattle. C'est de cette période que date la gravure de cette quasi intégrale en 5 CD de l'œuvre symphonique de Howard Hanson pour le label DELOS hélas distribué uniquement aux USA. En effet, ce chef s'est passionné pendant toute sa carrière pour la musique de son pays, engrangeant une discographie importante désormais rééditée par Naxos.
Par ailleurs, Gerard Schwarz avait succédé à Neville Marriner de 1978 à 1987 comme directeur du Los Angeles Chamber Orchestra. Il avait injecté un sang neuf en étendant, une fois de plus, le répertoire de l'ensemble vers la musique moderne américaine.
Ce chef a beaucoup enregistré, y compris dans le répertoire classique, et même le cycle des symphonies de Mahler. Pédagogue actif, on trouve sur YouTube de nombreuses master classes d'œuvres classiques diverses. C'est un habitué des nominations au Grammy (14) et Emmy Awards pour des live télévisés (4 fois lauréats).
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Howard Hanson a su conserver toute sa vie une grande affinité avec ses origines scandinaves. On dit souvent de ses compositions qu'elles reflètent l'univers sonores de Grieg, le norvégien, et de Sibelius, le finlandais, figures les plus marquantes de la musique des pays nordiques. La 1ère symphonie était sous-titrée "Nordique" (tout un programme) et la 3ème écoutée ce jour s'attache à retracer l'épopée des pionniers suédois vers le nouveau monde. L'émigration des suédois commence dès 1638 avec quelques colons qui s'installent près du fleuve Delaware - région appelée la "Nouvelle Suède" avant l'Indépendance - et connaîtra son apogée au milieu du XIXème siècle. Les motivations sont a priori les mêmes que pour les autres peuples européens : chercher de nouvelles terres, de nouveaux emplois, mais se complexifient avec la recherche d'une plus grande liberté politique et religieuse. Soulignons que dans la Suède de cette époque, règne un conflit permanent entre les courants luthériens des villes et des courants plus fondamentalistes des campagnes ; pour faire simple.
C'est donc en musique que Howard Hanson va tenter d'illustrer l'histoire de sa famille et de l'installation des émigrants suédois dans le Nouveau Monde en communautés évangélistes. La partition initiale comportait trois mouvements lors de sa création en 1937 suite à une commande de la chaîne CBS, puis quatre dans sa version de 1938 recréée cette fois chez la chaîne concurrente NBC !? L'orchestration fait appel à un orchestre romantique traditionnel à la manière de Brahms ou de Sibelius (pas de percussions hormis les timbales).

Communauté de colons suédois dans le Minesota en 1882
1 - Andante lamentando-agitato : Une lourde procession aux cordes graves scandée par les timbales introduit l'œuvre. Un thème douloureux, un peu chaloupé, qui peut s'interpréter comme l'imagerie des colons traversant l'Atlantique hostile, dans des conditions de confort précaire, ballotés par la houle. La mélodie est beaucoup plus travaillée par rapport à ce que l'on aurait pu attendre d'un simple plagiat de Sibelius.
Une seconde idée plus sereine, à laquelle participe une active petite harmonie en conflit avec les cuivres, doit-elle nous faire penser à l'espoir d'un monde meilleur imaginé par les émigrants après la traversée mouvementée et le départ de leur terre natale vers l'inconnu ?
Une troisième idée, exubérante, sous forme d'un choral de cuivres suivi d'un passage animé des bois et des cordes sort cette œuvre du soi-disant romantisme tardif. Howard Hanson ne pratique aucunement le style formel de la sonate avec ses réexpositions. D'ailleurs Sibelius dans ses symphonies de la maturité composées au début du XXème siècle ne le faisait pas non plus. Les symboles d'un peuple courageux, prêt à en découdre avec un nouveau destin, se font jour dans un vigoureux développement. L'orchestration est rutilante et virile. Les mélomanes avertis pourront aussi songer aux symphonies de l'anglais Vaughan Williams. Gerard Schwarz adopte une direction vivante, sans pathos ni effets un peu trop facilement farouches ou pompiers. Non, ce n'est pas une musique de film avec bataille contre les indiens Lenape du Delaware ou de l'Oklahoma…

Plaine et bisons du Nebraska (photo Chris Helzer/TNC)
xxxx
2 - Andante tranquillo : [10:35] Clarinette, hautbois et cors énoncent un joli thème langoureux et épique. Ce thème est repris pas les violons à l'unisson, répété par vagues successives à l'instar d'un canon ou d'un cantique. Luc qui aime les motifs que l'on adopte d'emblée trouverait son bonheur. La religiosité si importante chez les compatriotes de Howard Hanson s'exprime à merveille ici. La musique épouse une grande simplicité, sans métaphysique. Ce thème qui peut aussi peindre l'immensité des espaces du Nebraska est repris comme leitmotiv dans tout le mouvement. Pour anticiper, il sera la signature, jusque dans le final, de la symphonie.
D'autres motifs plus résolus viennent interrompre les développements de manière martiale. Là se révèle le côté attachant car contrasté du style Hanson : pathétique et puissant, une architecture qui progresse crescendo. Certes, cette musique ne peut renier l'héritage des grands compositeurs romantiques européens. C'est indéniable. Gerard Schwarz préfère exposer avec franchise un matériau orchestral brut, plutôt que s'adonner à des réflexions mystiques hors sujet dans cette page purement descriptive et de spiritualité bucolique. Une direction très émouvante, et surtout aucun phrasé sirupeux toujours à craindre avec ce style de lyrisme

3 - Tempo scherzando : [19:30] Un jeu de timbales ludique introduit ce mouvement de transition qui fait office de court scherzo. Des motifs que l'on peut apparenter à des chants villageois ou à des rythmes de danses populaires, se bousculent gaiement. Hanson fait-il œuvre d'ethnologue comme Dvorák pendant son séjour aux USA ? Possible… L'écriture n'est aucunement datée en cette époque où la musique contemporaine américaine cherche encore son identité (Barber, Copland). Les mélodies s'entrechoquent dans une orchestration rutilante.

4 - Largamento e pesante : [23:32] L'ajout ultérieur de ce final est une bonne idée. Il permet d'équilibrer la structure de l'œuvre. Les traits cinglants de cuivres imposent un climat dramatique dès l'introduction. Le premier développement adopte un rythme de marche scandé par les timbales. Faut-il imaginer les pionniers gagnant en convoi les grandes plaines du Middle-west ? Cette idée n'engage que moi, surement influencé par les grands westerns hollywoodiens. La conquête de l'ouest, etc. Une partie centrale retrouve en premier lieu un passage au ton méditatif suivi d'une seconde marche très allante. L'hommage aux pères fondateurs de la communauté d'où est issu le compositeur est patent. Le morceau reprend des thèmes des mouvements précédents dont la grande phrase spirituelle leitmotiv de l'Andante. Bon, honnêtement, le flot musical n'échappe pas à quelques  facilités de construction et à plusieurs répétitions, mais tout cela nous renvoie aux plans cinématographiques des fans de John Ford. Comme je l'ai souvent écrit : l'Amérique saura, à l'inverse de l'Europe, éviter les clivages marqués entre les différents courants artistiques. La direction de Gerard Schwarz éclaire au mieux ce final un tantinet grandiloquent.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Aucune discographie alternative pour l'intégrale des symphonies de Howard Hanson. Petit tour d'horizon d'une sélection de grands enregistrements du chef compositeur, essentiellement pour le label Mercury, concurrent de RCA à l'aube des gravures stéréophonique à 3 micros dès le milieu des années 50. Howard Hanson a gravé autour de 1960 plusieurs de ses œuvres réunies dans un coffret de quatre CD (dont un d'interview). La troisième symphonie y est présente dans une interprétation aux tempos soutenus. Un style plus tendu et nerveux qui se démarque du legato typique du postromantisme européen. Les deux interprétations se complètent avec un petit plus technique pour Schwarz mais un discours plus ardent et passionné pour Hanson. Le concept de l'influence du maître finlandais Sibelius, trop souvent mis en avant, montre ici ses limites. (Mercury - 5/6).
Comme précisé avant, Hanson a beaucoup servi la musique de son pays et, pour les amateurs de découvertes, le coffret de 5 CD American Masterworks est un incontournable. Du précurseur Johan Friedrich Peter (1746-1813) à William Schumann (1910-1992), partons à la rencontre d'œuvres majeurs de Ives, Gould, Piston, Barber 18 compositeurs en tout ! Une anthologie sans équivalent par sa variété et sa qualité (Mercury – 6/6). Pas facile à dénicher mais inégalée.
Dans la chronique consacrée à La Rhapsody In Blue de Gershwin, j'avais mentionné un CD reprenant les gravures de Eugene List et Howard Hanson, considérées comme culte par les spécialistes. Je confirme. On entend trop souvent des interprétations européanisées de la Rhapsody et du Concerto en fa pour négliger ce CD rare à dégoter lui aussi (Mercury – 6/6).




4 commentaires:

  1. Pour une oeuvre de 1941, c'est très facile à l'écoute à la différence des autres oeuvres contemporaine dans les mêmes périodes. Comme tu le dis toi même, on "vois" bien les plaines infinis du far-west. Je voulais rajouter que la photo de George Eastman m'a étonné sachant que ce dernier détestait être pris en photo (Faut le faire !), mais après j'ai vu ton astérisque. Sinon une belle découverte pour ma part !

    RépondreSupprimer
  2. Très bel article pour cette symphonie d'Hanson ! Cependant, l'influence de Sibelius reste patente, mais il faut sans doute se reporter aux interprétations plus anciennes du compositeur finlandais -Kajanus, Collins...-, avant l'élargissement général du tempo chez la majorité des chefs, pour s'en rendre compte.
    Concernant Bernstein et les orchestres anglais, son attitude pleine de morgue et de suffisance avec l'orchestre de la BBC explique sans doute une partie du désamour des anglais pour le chef. Arrivé très en retard par pur caprice à la répétition, il livra, au début des années 80, l'une des plus contestables interprétations des "Variations Enigma" d'Elgar -une institution en UK- et refusa toute suggestion alternative des musiciens, se montrant même quasiment insultant avec quelques-uns. Evidemment, il ne fut plus jamais réinvité là-bas... Le soir du concert, l'orchestre rétablit de lui-même certains tempi plus "traditionnels". Il reste de l'événement un très beau DVD : http://www.sinfinimusic.com/uk/reviews/books-film/videos/elgar-enigma-variations-bernstein

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Diablotin.

      Oui, la fameuse affaire de Nemrod des variations Enigma joué en apesanteur avec le tempo de l'adagio de Barber :o) J'ai le disque ; sur le coup ça jette, mais l'emphase n'est pas loin et prendre de telle liberté avec une partition montre l'hédonisme dont était capable Bernstein… Je ne connaissais pas tous les dessous de cette affaire.

      Bernstein était capable du meilleur et du pire en concert comme commencer à jouer avant que le public est fini de s'asseoir !!!!

      Par contre, le dernier souvenir avec cet homme est étonnant. J'avais pris début 81 deux places pour aller écouter les symphonies 2 et 4 de Brahms dirigées par Kondrachine qui, paix à son âme, avait été terrassé dans la nuit par une crise cardiaque. Bernstein a accepté de le remplacer au pied levé en modifiant le programme avec…… la 7ème de Mahler !!! Une improvisation avec un Orchestre de Paris peu familier de ce répertoire ardu malgré le passage éclair et volcanique de Solti au milieu des seventies qui avait apporté la musique du viennois au répertoire (6, 9, Chant de la Terre).

      Ce fut un triomphe et un concert d'anthologie, un enthousiasme du public qui attendait du Brahms et, majoritairement, ne connaissait absolument pas cette œuvre encore rare en salle à cette époque.

      Drôle de bonhomme ce Bernstein, comme beaucoup d'artistes. Le charme de concert surprise :o)

      Supprimer
  3. Oui, bof. j'ai un enregistrement de la symphonie nordique. C'est très post-romantique. Curieusement, ça me rappelle parfois Korngold. Mais ça s'écoute agréablement. Il a écrit aussi une œuvre sur la geste de Beowulf. Il hésitait entre la tradition nordique et anglo-saxonne.

    RépondreSupprimer