jeudi 9 avril 2015

LE ROCK PROGRESSIF FRANCAIS - par Pat Slade (2ème partie)






La fin des Dinosaures 





Dans la première partie de cette chronique sur le rock progressif français, six groupes ont déjà été passés en revue, voici une deuxième sélection des groupes les plus emblématiques, à mon humble avis, ceux qui ont  laissé un nom et une empreinte.

Comment oublier un groupe comme Dynastie Crisis, avec Jacques Mercier (Le fameux Capitain Mercier) au chant et à la guitare et Jacky Chalard (Qui accompagnera Vince Taylor) à la basse, le très bon Geza Fenzl à la batterie et Philippe Lhommet au clavier qui composera pour beaucoup d’artistes comme pour le groupe Il était une fois.

DYNASTIE CRISIS
Ce groupe de 1968 qui commence sous le nom de Soul Compagny avant de devenir Crisis et enfin Dynastie Crisis, sort un premier disque produit par le journaliste Pierre Lescure «Dynastie Crisis (Somethin’ Else)», disque qui sera édité sous le label de Francis Dreyfus qui compte dans son catalogue des artistes comme Baschung, Lavillier, Christophe et qui fera connaitre Jean-Michel Jarre au monde entier. Le deuxième 45 tours aurait-il plu à Jean de la Fontaine ? Une version de la fable «Le Corbeau et le Renard» pas piquée des hannetons. Ils changent de distributeur et signent chez EMI, Dynastie Crisis enregistre deux simples dont «Faust 72» et «vivre libre», avec ce dernier, ils remporteront le prix des groupes au festival de la rose d’or d’Antibes en 1972. EMI leurs demandent de faire une adaptation d’une chanson de Nicoletta «Jesahel», avec 23.000 exemplaires vendus, ce sera la plus grosse vente de disque de Dynastie Crisis. «Jesahel» qui sera aussi chanté par Joël Daydé le chanteur du groupe Zoo.


En 1973, le groupe se produit partout et les critiques sont bonnes. Le manager de Michel Polnareff les contacte pour accompagner le chanteur sur scène et assurer la première partie. Les musiciens se retrouvent sur les planches de l’Olympia pour le très connu «Polnarévolution» et ne seront même pas crédités sur la pochette de l’album live. Ils partiront avec lui au Japon pour une semaine de concerts. Six mois après, Polnareff refait un autre Olympia, mais le groupe, suite à un désaccord, ne fera que la première partie avec les ballets d’Arthur Plaschert. Une seconde tournée au Japon, à la Réunion et à l’Ile Maurice avec la sortie d’un album Live au pays du soleil levant. Retour aux enregistrements avec «Je suis l’homme» qui leur vaudra quelques problèmes avec le M.L.F. 

Avec quatre albums dont deux live (Celui au Japon disponible chez Big Beat Records) et une flopée de 45 tours, Dynastie Crisis reste un groupe à découvrir pour ceux qui ne connaitraient pas.

WAPASSOU
Un petit tour par Strasbourg avec Wapassou, un groupe ou l’orgue est le point central et où tous les autres instruments amènent leurs touches personnelles hormis la basse puisqu’il n’y en a pas. Si je devais comparer Wapassou à autre chose, ce serait du Klaus Schulze mélangé à du Pink Floyd de l’époque «Wish You Were Here» ou encore du Popol Vuh ou du Amon Düül. De belles lignes mélodiques. On pourrait plutôt dire que Wapassou joue plus du rock symphonique que du progressif de l’école de Canterbury. Un groupe qui mérite que l’on s'y arrête.


MONA LISA
Pour finir dans le bois dur, un groupe qui sera aussi un véritable phare du rock progressif en France mais qui malheureusement ne restera que le dauphin de sa majesté Ange. (A croire que toutes les références reviennent sur eux !). Tout le monde dira, à tort, que Mona Lisa est un clone d’Ange, même si ce dernier a récupéré tout le succès, il en a pas mal partagé avec les copains de galère. Mona Lisa a été un des premiers à en profiter et s’est engouffré dans la brèche ouverte. Avec le même producteur que les belfortins Jean-Claude Pognant, un premier album «L’Escapade» produit par Jean-Michel Brézovar guitariste d’Ange à l’époque, il était naturel que le groupe d’Orléans fasse les premières parties des Belfortains. Avec un jeu de scène théâtral et baroque comme leurs confrères ou à l’instar d’un Genesis époque Peter Gabriel et un chanteur Dominique Le Guennec à la performance et à la voix presque similaire à celle de Christian Decamps, le succès ne pouvais que sourire à Mona Lisa.

4 albums très progressifs dont deux vont rester célèbres «Le petit violon de Mr Grégoire» en 1976 et «Avant qu’il ne soit trop tard» l’année suivante. Je trouve (Mais c’est mon opinion perso) que les deux premiers «L’Escapade» et «Grimaces» étaient un peu brouillons. En 1979 «Vers demain» sera un peu le «Moteur» d’Ange, un disque un peu FM et raté. Mona Lisa retrouvera sa superbe dans son dernier album après une reformation en 1998 avec «De l’ombre à la lumière». Même si ils ne furent que les "Poulidor" d’Ange, Mona Lisa n’en demeure pas moins un grand groupe du progressif français.

Il est certain que je ne parle pas de tout le monde, et j'entends : «Il n’a pas parlé de Univers Zéro ?», «D’Orion ?», «De Lard Free ?», «D’Heldon ?», «De Pentacle ?», «De Tangerine ?» "De Zoo ?"   
  etc. ..!! Je sais, Je sais les amis, mais il faut laisser un peu de place aux jeunes..

Fin de la deuxième partie. 
(lien vers la première partie: rock progressif francais Part I )



9 commentaires:

  1. dans la série "et ?" : Alice, Alain Markusfeld, la confrerie des fous
    finalement c'est surprenant le nombre de groupes du genre, alors que le succès public aura été limité, à part (encore et toujours) Ange,
    sans doute parce que Ange était au dessus du lot?

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  2. Je pense que Ange était au dessus du panier, mais peut être que la Major est pour quelque chose ou aussi le nombre de scènes que Ange a délivré dans l'exagone...

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  3. Je ne sais pas si ils étaient au dessus du lot, mais il est vrai que le succès public est retombé que sur eux. Pourtant sur les groupe que j'ai cité, beaucoup auraient pus avoir leur succès propr). Cela est-il du a l'ambiance de leurs concerts ou à l'écriture de leurs titres? En attendant ,ils ont quand même tirés la couverture sur eux sans vouloir manger le succès des autres. Tu parles de Alice, je ne considère pas Alice comme un groupe de prog, mais plûtot Heavy comme Ganafoul, Traffic ou les Spooky Tooth. Comme Bruno qui avait laissé un post ; "et Zoo ?" Je trouve que Zoo est plus dans le domaine d'un Franck Zappa que dans le rock-Prog comme un Jack Dupon (Dont je parlerais dans la dernière partie histoire de le faire connaitre )

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  4. d'accord sur Zoo, pour ce que je connais d'Alice '(arretez le monde") c'est plus proche d'Ange ou Mona Lisa . En fait je n'aime pas ce terme de "progressif" qui est un peu fourre tout pour caser ce qui sort du moule, et qui rebute certains qui ne font pas l'effort d'écouter, et c'est bien dommage...joli retrospective en tous cas.

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  5. Ganafoul ! Full...sped a head....
    Sacré morceau, de 79
    de mémoire

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  6. spead, mon "A " accroche sur mon clavier depuis que j'ai renversé dessus une Chimay Bleu

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  7. Full Speed Ahead 1978 exactement, sur leur deuxième album après Saturday Night

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  8. Très bon trio ! Lyonnais de mémoire. Après ils ont pris une autre voie, j'ai plus suivi mais je pense que le trio s'est arrêté comme son nombre de membres à 3 LP, voir 4 avec un best ou dans ce style.

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    1. Quatre disques studio + un live (Ganafoul 77 qui avait eu à l'époque les honneurs de la presse rock). L'autre voie c'est des paroles en français sur le cinquième et dernier opus. Un choix imposé par la maison de disque : les groupes qui marchaient le plus chantaient en français.
      Il y a eu quelques reformations éphémères dont donner des concerts commémoratifs dont l'un fut l'objet d'un très bon live : "Crossroads".

      Jack Bon continue à sortir des disques sporadiquement. Dont le dernier, pas mal du tout, en octobre 2014.

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