Le premier disque de Sallie Ford "Dirty radio"avait
été salué comme un des événements de l'année 2011, et s'inscrivait dans un
mouvement de revival rock'n'roll fifties dans l'air du temps où l'on retrouve
d'autres groupes comme les "Alabama Shakes", à
qui on les compare souvent. Le combo installé à Portland est mené par sa
chanteuse Sallie Ford, reconnaissable à son look de secrétaire fifties (grosses
lunettes, jupe, col roulé) qui dénote un peu
au milieu des bimbos qui pullulent dans l'industrie du disque. Perso je
la trouve plutôt sexy quand même et il faut convenir que ce petit bout de femme
est un phénomène d'énergie et pas si sage que ça à en écouter ses paroles qui
traitent sans complexe d'alcool, de sexe ou de la place des femmes dans le rock
et la société. D'ailleurs la pochette est aussi provocatrice, enfin la pochette
européenne, montrant une femme nue surmonté d'un crâne de bovidé, pochette
censurée aux States, ce pays bizarre où l'on peut acheter une Kalachnikov au
drugstore du coin, et qui est en passant le premier producteur de films pornos,
mais des seins sur une pochette de disque, vous n'y pensez pas, my god!
Pour ce second album, enregistré en analogique pour le son
vintage, Sallie est toujours entourée de Jeffrey Munger (guitare), Tyler
Tornfelt (contrebasse) et Ford Tennis (drums), l'énergie rageuse et brute du
premier opus est toujours là, on va à l'essentiel, 11 titres pour 34', pas de
fioritures. Cette urgence toute punk se marie aux influences blues et country
rock, rock fifties/sixties et surf music.
Un album qui ouvre sur "They told me", un blues
rock presque heavy au son épais, un peu crade, aux accords basiques mais efficaces sur
lequel Sallie éructe, "une bête indomptée vit en moi", sans
doute…"Addicted" et son groove rockab/surf obsédant ont de quoi nous
rendre addict, malheureusement tout ne sera pas de ce niveau et certains titres
plus passe partout font un peu retomber le soufflé.
"Party kids" commence ainsi comme du Creedence
Clearwater Revival –un des influences majeures de Sallie, avec les punk des
Ramones et Tom Waits – mais ne tient pas la distance.
Il y a aura quand même de bons moments comme "Bad
boys" et sa guitare surf à la Dick Dale, ou "Lip boy", surf
également, le rockab endiablé "Devil", et surtout
"Rockability", un brûlot quasi punk de 2'13, 2 titres qui flirtent
avec le "psychobilly". En revanche 3 ou 4 autres titres sont un peu
mous du genou comme les ballades "Paris" ou "Roll around' et me
laissent une impression d'inachevé. Bref je ne suis pas vraiment convaincu, comme
si cette musique perdait de sa force à trop mélanger les genres, du surf au
punk au rock'n'roll originel, en passant par la country ou la soul. Dommage car
on ne peut nier des qualités à Sallie et sa bande, mais nul doute qu'en live
ils doivent emporter l'adhésion.
J'adorrrrre le clip, j'adorrrrrrrre la zik ! Merci de m'avoir fait découvrir ce combo, je vais en faire un post !
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