lundi 16 septembre 2013

COPPERHEAD "Copperhead" (1973) - By Bruno





    Après avoir quitté le célèbre Quicksilver Messenger Service en 1971 (par faute de quelques divergences musicales : John faisant un peu trop d'ombre à ses collègues sur scène), deux ans après le célèbre "Happy Trails" (disque encore considéré comme un manifeste de l'Acid-Rock), John Cipollina monte un groupe, COPPERHEAD (nom d'un serpent très venimeux). Pour son entreprise, il s'adjoint les services de Gary Philippet (chant, guitares, slide et orgues), de Jim McPherson (chant, piano, basse & percussions) et de David Weber (batterie).
(Ne pas confondre avec le groupe de Southern-Rock musclé des années 90)



     Copperhead délivre une musique que l'on peut aisément classer dans ce que l'on appellera plus tard, le Southern-Rock. Un Southern-Rock du début des 70's, donc proche des premiers Allman Brothers Band, ainsi que des deux premiers Lynyrd Skynyrd (certains passages semblent préfigurer ce dernier). Un Southern-rock emprunt de Blues et de Country-rock, totalement Américain (pléonasme), sans aucune réminiscence des ténors Anglais de l'époque (ni de Stones, ni de Led Zep, ni de Bowie ou de T-Rex, rien de tout ça ne transparaît d'aucune façon). Et donc, aussi, pratiquement aucun de point commun avec ceux qui avaient forci le ton (Blackfoot, Point Blank, Molly Hatchet, Hydra). Il y a parfois quelques senteurs d'Acid-Rock propre à San-Francisco. On songe à Big Brother & The Holding company, à Grateful Dead, évidemment à Quicksilver Messenger Service, ainsi qu'à Black Pearl également (le son de la guitare de Cipollina y étant pour beaucoup), le tout, toujours à la sauce Rock-Sudiste (avant sont virage vers le Hard, ou le Rock FM). Ce dernier restant prédominant. 
Le piano de McPherson sonne Rock'n'Roll-Honky-Tonk, quand il ne joue pas Blues ; et la guitare de Philippet joue parfois à l'unisson avec celle de John, bien dans la tradition. Le chant est donc partagé entre Philippet (voix rauque, bluesy et dans les graves), et McPherson (plus docile, plus douce, moins puissante).



     Alors que l'album débute sur un bon titre aux réminiscences Boogie, le suivant, « Kibitzer », de par son rythme typé « Bo Diddley », nous ramène, d'une certaine manière, au Quicksilver Messenger Service. Puis, une superbe ballade bluesy, soutenue par le piano de Jim, marche sur le terrain défriché par le Band. Hélas, « Kamikaze », bien que parfois encensé, peut paraître un peu poussif, et un peu décalé avec l'ensemble. Avec « Spin-Spin », retour aux choses sérieuses, avec ce Southern-Rock teinté de Boogie et d'Acid-rock ; jusqu'à la clôture, sur un Blues laconique et chaloupé, fleurant la moiteur du bayou, plus Mississippi que Chicago.
Rien d'exubérant, ni de prétentieux, ni d'innovant (bien que nous ne soyons qu'en 73), sans pour autant être totalement conventionnel. Ce qui ne l'empêche d'être considéré par beaucoup comme le meilleur disque auquel à participé Cippolina, quand il n'est pas tout simplement élevé parmi les meilleures réalisations des années 70. A ce titre je pense qu'il jouit plus du fait d'être l'unique disque d'un groupe éphémère qui n'a été toujours facile à dénicher. 

Copperhead a enregistré une quinzaine de titres, mais seulement huit ont été retenu pour le pressage du premier opus. Premier opus car le groupe aurait signé un contrat de cinq ans. Or, l'homme qui les signa pour Columbia, tombe pour une sinistre histoire de drogue. Le groupe aurait été lié, d'une façon ou d'une autre, indirectement lié à l'affaire, Columbia l'abandonne, ou le limoge. Ensuite, le groupe ne tarde pas à se séparer. 
Il reste donc d'autres bandes que Columbia, pour on ne sait quelles raisons, n'a jamais exploitées. Pire, la firme a même refusé leur rachat par le frère de John Cipollina.



     Cipollina utilise une Gibson SG customisée, montée d'un vibrato Bigsby (aujourd'hui exposée au musée du Rock'n'Roll Hall of Fame), branchée à deux amplis Fender ; un Twin Reverb pour les aiguës, et un Dual Showman pour les basses, le tout surmonté de six cornets acoustiques ! Un truc tout droit sorti des mondes de Philip K. Dick (voir ci-contre). De ce matériel il extrait des notes favorisant les aiguës, travaillées au vibrato dans un style vraiment personnel (d'où la mention dans l'album de Hawaiian Guitar). Le son est crunchy, parfois légèrement boosté par une Fuzz Gibson. 
John joue peu d'accords, préférant, un peu comme certains bluesmen, comme BB King, égrener des notes d'accompagnements qui s'envolent en soli virevoltants et chantants entre les couplets.

John Cipollina est décédé, à 45 ans, d'un emphysème le 29 mai 1989, à San-Francisco.







1 commentaire:

  1. Avec les deux premiers Quicksilver, c'est ce que ce petit génie a fait de mieux! J'ai un petit faible pour "Kibitzer" et "Making a monster". Ce cd revient régulièrement sur ma platine, comme "Happy Trails" IMMORTEL...!!!!

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