samedi 5 janvier 2013

MUSIQUES A FOND DE TRAIN DANS LE DEBLOCNOT - par Claude Toon



- Msieur Rockin'… M'sieur Rockiiin… Venez vite, il y a M'sieur Claude à quatre pattes dans son bureau qui joue au train électrique…
- Du calme Sonia… du calme ! Il a peut-être eu ce train pour Noël, mais certes, il n'est pas là pour cela, allons voir….
- Salut Claude, on fait mumuse…!! Tiens, t'as eu aussi des petits sujets, des cowboys… Cool ! Dis donc, t'as pas un article à écrire ?
- Si justement, je me mets dans l'ambiance, je me conditionne, locomotive à vapeur avant de me mettre au charbon, ha ha, sur un article ferroviaire….
- Ah… je vois M'sieur Claude, des musiques qui évoquent le train, du Vivaldi ou du Mozart notamment…
- Heuuu Sonia, ces compositeurs n'ont connu que la diligence, les chevaux, la malle-poste,… mais c'est une idée de chronique cela… les canassons…
- Ah oui, je n'avais pas pensé à cela, vous venez M'sieur Rockin', on laisse M'sieur Claude sur ses rails…
Locomotive de Richard Trevithick (1804)

Sonia m'a donné l'idée de me cultiver. La première locomotive utilisable a été inventée en 1804 par un certain Richard Trevithick, ingénieur anglais, un inventeur fécond. C'est vers 1830 qu'en France on commence à construire des voies ferrées et que les premiers trains roulent. C'est une révolution dans le sens où, pour la première fois, la machine remplace nos courageux chevaux pour voyager. L'automobile va attendre la fin du XIXème siècle.
La légende littéraire et artistique commence grâce aux artistes fascinés par "le cheval de fer" et ses mythes : le départ, l'arrivée, la vitesse parfois incontrôlable. Premier film : l'arrivée du train en gare de la Ciotat des frères Lumières. Zola écrit l'un de ses chefs-d'œuvre, la bête humaine porté à l'écran avec génie par Jean Renoir en 1938, avec un Jean Gabin au visage et à l'âme couverts de suie.
Je ne vais pas aller plus loin sur le sujet technique bien qu'il me passionne. L'idée est plutôt d'écouter ensemble quelques musiques inspirées par l'épopée du chemin de fer et ses machines puissantes et fumantes, par l'angoisse du coup de sifflet. Ce n'est pas ce qui manque… dans tous les genres.
Et puis les chroniques musicales sont le traintrain du Deblocnot, non ? (haha, elle est bonne celle-là).
- Mais vous êtes toute rouge Sonia ! Vous avez des vapeurs ? haaaaa ha ha… vous vous êtes fait un peti rail ? haaaa haaaa...
- Dis Claude, c'est rigolo tes blagues pourries, mais si tu criais "en voiture", ça serait bien…


Arthur Honegger est un compositeur d'origine suisse mais qui a passé toute sa vie à Paris. Par ses amitiés et son parcours, on peut considérer que c'est un compositeur français. Il devient membre du groupe des six avec entre autres Milhaud, Poulenc et Auric. Et puis Honegger est un homme de son temps, un moderniste. Il fréquente Jean Cocteau, Max Jacob, Pierre Louÿs, Pablo Picasso, Erik Satie, Louis Jouvet, Paul Valéry et tant d'autres.
Honegger est un humaniste éclairé. Il se passionne pour la technologie et le progrès et, comme Fernand Léger dont des tableaux illustrent la vidéo, s'intéresse au monde ouvrier et à ses combats. Pour le film "la roue" d'Abel Gance, Honegger participe à la musique et a l'idée de ce mouvement symphonique Pacific 231, nom d'une locomotive mythique, utilisée dans tous les pays du monde et pour la première fois en 1904 en France. Honegger a écrit en 1923 cette pièce violement rythmique, peu mélodique, cherchant à reproduire les bruissements métalliques, les jets de vapeurs, les fracas des bielles et l'accélération de la puissante machine. Cette œuvre (presque musicalement cubiste) inspirera les compositeurs de l'après-guerre, notamment ceux de l'école électroacoustique. C'est Michel Plasson qui dirige l'Orchestre du Capitole de Toulouse.

XX



Le Jazz, le blues et la chanson ne pouvaient pas ignorer le sujet, exprimer la joie de voir arriver le train pour retrouver son pays ou celle que l'on aime ou, inversement le départ, l'adieu dans des circonstances moins joyeuses.
En 1962, Richard Antony chante J'entends siffler le train. Jour de poisse où sa belle a pris le train sans un adieu. Il n'aurait pas eu le cœur de la revoir avant son départ et que c'est triste un train qui siffle dans le soir… Une guitare sèche, une mélopée, la France chiale… et c'est le tube planétaire !!!
- Ô m'sieur Claude, j'en ai la larme à l'œil, pôv garçon… snifff
Petite histoire : c'est l'adaptation d'une rengaine folk yankee de Hedy West "500 Miles".
Malgré une vie brève John Coltrane (1926-1967) reste l'un des saxophonistes et compositeurs de Jazz les plus novateurs et célèbres de son époque. Je laisserai aux spécialistes du blog le loisir de détailler l'histoire de ce musicien…
A priori, l'un de ses premiers albums marquant s'intitule Blue-train – Blue note. Le titre m'a attiré, j'ai écouté, j'ai aimé. Je ne sais pas quel est le rôle du train exactement dans cette affaire mais bon… il y a bien un sous-marin jaune, alors pourquoi pas un train bleu ?

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C'est dingue ! Constater l'arrivée d'un train à la minute exacte en France confine à la quête du Graal.
Dans les westerns, malgré les distances infinies, la vapeur, les attaques de bisons et d'indiens et surtout une poignée de tueurs qui vont cartonner dans tous les sens, le sifflet du train retentit à midi pile poil ! C'est le cas dans le film de Fred Zinnemann de 1952, le train sifflera trois foisGarry Cooper se retrouve bien seul dans une bourgade morte de trouille, car le susdit train apporte dans le village un hors la loi, Frank Miller, un sale type que Gary Cooper-Will Kane a fait boucler quelques années et qui vient pour se venger, comprendre : le buter. Un chef-d'œuvre sur la lâcheté… Ah les visages de Grace Kelly et de la très latino-joconde Katy Jurado dans l'angoisse des dernières minutes avec le tictac orchestral obsédant et les images de pendules…
Bon, cela dit toute le monde connaît cette chanson bien sentimentale "…Si toi aussi tu m'abandonnes…" à l'intention de Grace Kelly – Amy Kane, jeune quaker qui a épousé Will Kane une heure trente avant et qui se refuse à toute violence… Le vieux dilemme féminin entre l'amour et la vie à tout prix vs la violence-survie de l'ouest de mise dans les Westerns, comme l'homme des vallées perdues… de George Stevens, etc… On écoute la musique originale de Dimitri Tiomkin et la célèbre chanson interprétée par notre Dr es-western français : Eddy Mitchell.


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Deux Bonus : 1 – la Séquence d'attente du train. Normal après en avoir parlé. 2 - Et pour les gamins de ma génération : l'interlude de l'ORTF (quand le technicien s'était tôlé en se prenant les pieds dans les câbles) : le petit train rébus… Tchou tchou…

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7 commentaires:

  1. pat slade5/1/13 10:54

    Le fils de cheminot que je suis est comblé par cette chronique !

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  2. http://www.hardmaisrock.com/search/label/Stoner%20Train


    No comment...

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    1. Vi vi vi HRT je connaissais ce disque de Stoner Train, d'ailleurs tout cela me donne l'idée d'une suite à la chronique de Claude, avec les trains dans le blues et le rock....

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  3. Bin alors... Tu me troues le cul car le père Bruno connaissait "nin" ( c'est du Chti...) ce groupe made in URSS...

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  4. Ah oui ! Tout à fait d'accord pour une suite Blues-Rock à mes quelques idées....

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  5. Allons zy zalors.. je suis curieux...

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  6. Puisque la chanson française compte puis-je rajouter :

    Rock Island Line de Serge Kerval
    Transbigouden Blues Again de Gérard Delahaye (un rapport avec les voitures du même nom ?)

    JCC

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