mercredi 24 août 2011

Steve HILL & The Majestick "The Damage Done" (2010), par Bruno


Blues-Rock de bourrin ! Rock qui fait du bien ! (1)

Voilà un disque qui dépote sérieusement !!
 Les hostilités sont entamées sans ménagement dès le 1er titre. On baigne dans un Blues-Rock charnu, épais (c'est le moins que l'on puisse dire), cru, suant, viril, poilu, dégoulinant de slide saturée. Un Blues-rock exsudant le plaisir de jouer, l'envie d'en découdre, de faire chauffer la salle, de l'incendier. Un Blues-Rock qui pourrait reléguer la plupart des concurrents dans la catégorie "aseptisé", ou "mou du genoux". Ici, pas de chi-chi, ni d'arrangements quelconques ; c'est enregistré LIVE. Seuls les claviers, et quelques chants (chœurs ?) ont fait l'objet d'overdubs. Des claviers ? A part sur la reprise - presque méconnaissable - de Taj Mahal de « Give your woman what she wants » (album Giant Step), ce ne sont que quelques phrases éparses, que l'on peut entendre quand ils ne sont pas noyés par le tandem de guitares belliqueuses ; de bonnes grosses Gibson (et apparemment une Duesenberg - superbe guitare allemande, entre Grestch et Gibson – et une Telecaster avec un double-stack en position chevalet), bien grasses et baveuses, favorisant les fréquences graves.               

 Puristes, fuyez pendant qu'il est encore temps ! Fuyez devant cette débauche d'électricité déballée par ce trublion traître à son école. Car finalement l'affiliation à la musique des douze mesures se limite à l'emploi de la gamme pentatonique, ainsi qu'à la source d'inspiration principale. Parce qu'au niveau du son, c'est sacrément Heeaavyyy !!! D'ailleurs, par bien des côtés, Steve Hill And The Masjestik devraient combler les amateurs de Foghat (notamment celui des opus "Night Shift", "Energized" et "Foghat Live") ainsi que feu-Steve Johnson, Tony Spinner, The Lost, Savoy Truffle, The Dusters, Rob Tognoni, Leslie West et des deux premiers ZZ-Top ; voire le Black Crowes de Remedy, et même The White Stripes, et Black Keys. Un peu comme si Elmore James était né dans les 70's, et s'était pris de face des jeunes blancs-bec, tels que West, Iommi, Young, (par exemple), puis avait intégré un groupe de Heavy-Rock et branché sa guitare dans un double-corps Marshall.
"The Damage Gone" évoque un obscur power-trio de Heavy-rock de 1982, Messendger, dont le guitariste jouait aux doigts sur une Gibson LesPaul bien saturée.


Pas une voix de minet non plus pour ce Québécois ; son timbre est relativement grave, dans un registre « rageur nonchalant » à peine voilé.
Donc, attention, Blues-Rock, oui, mais relevé à la sauce Heavy-rock et Hard-blues. 

Du lourd qui fait taper avec force du pied (« Stomp your feet !! »). Les titres lents, "Too Much Pressure", "The Terrible One" et l'instrumental "The Mighty", empreints d'une lourdeur suffocante, frôlent un Stoner aux réminiscences psychédéliques. A mon avis, ces derniers représentent la partie la moins intéressante du disque.

« Robert Johnson et Black Sabbath, c'est la même musique. Foreigner et Black Sabbath, ce n'est pas la même musique... ZZ Top, Pantera (!?) et Muddy Waters, c'est la même musique. Poison ce n'est pas la même musique (rires !...) » dixit Steve Hill. Cela cerne un peu le personnage, et en fera certainement hurler bon nombre (sacrilège ! Mécréant !!).


Pourtant le québécois a débuté sa carrière comme un pur musicien de Blues (1er opus en 97, et récompensé à cet effet), mais, depuis quelques années, et ce même s'il reconnaît toujours écouter régulièrement du Blues traditionnel d'après-guerre, il a considérablement musclé son Blues. L'album précédent, « Devil in my Heels » confirmait déjà le nouveau tournant. Ce dernier étant même nettement plus marqué Hard-Rock. Désormais, ce qui le « fait tripper », c'est l'énergie. Et de l'énergie, il en a à revendre, le gaillard. En fait, il s'agit plus d'un retour que d'une évolution, car avant son premier enregistrement, de l'aveu même de Hill, il pratiquait  un Blues très fortement imprégné de Rock. Et ce, bien trop pour les propriétaires de clubs.

6 reprises sur 13 pièces : un remuant « Lost Woman » des Yardbirds, avec une approche sonore semblable à celle de la version de James Gang, un dantesque "Up jumped the Devil (Preachin' Blues)" de Robert Johnson, une donc de Taj Mahal, un assez bon « I'll be around » du Chester Burnett, un burné « Going down » de Don Nix (restant inférieure à celle de Freddie King, et même celle de Jeff Beck, mais qui a la sagesse de ne pas s'éterniser avec des soli en-veux-tu en-voilà), pour finir en beauté sur « The Fire down below » de Bob Seger
.  Aucune n'est conforme à l'original. Steve s'est réapproprié ces derniers de façon à ce qu'ils se fondent dans l'ambiance générale de l'album ; sans pour autant se montrer irrévérencieux (ce n'est certainement pas l'avis de tout le monde). Pratiquement un tour de force.

Steve Hill, avec l'aide de ses Majestiks (qui ne sont pas là pour faire de la figuration), sait faire feu de tout bois.
PLAY IT LOUD !!

Une mention spéciale pour le batteur, Sam Harrisson, qui ne s'est pas limité aux traditionnels patterns inhérents au Blues-Rock.

  1. The One - 4'18
  2. Who Do You Think You Are - 3'12
  3. Lost Woman - 2'58
  4. Up Jumped The Devil - 3'08
  5. Too Much Pressure - 4'18
  6. Give Your Woman What She Wants - 2'50
  7. I'm Dying For You - 4'10
  8. Sarah-Sue - 6'00
  9. The Mighty - 3'18
  10. The Terrible One - 4'04
  11. I'll Be Around - 5'27
  12. Going Down - 3'16
  13. The Fire Down Below - 6'55

Steve Hill, Chants & guitare (canal gauche) - Johnny Flash, guitare (canal droit) - Rock Laroche, basse - Sam Harrisson, batterie








(1) Célèbre leitmotiv de Confucius, popularisé vers 521 av.JC. (inspiré après avoir vu et écouté une formation de bardes en tournée mondiale) 

1 commentaire:

  1. Shuffle master25/8/11 08:53

    Pas mal, pas mal, roboratif. Allez, hop, au panier.

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