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vendredi 18 septembre 2026

EVIL DEAD BURN de Sébastien Vaniček (2026) par Luc B.


C’est le sixième rejeton de la saga horrifique et démoniaque initiée par Sam Raimi, en attendant le septième. 

- Mais pourquoi avoir été voir un truc pareil ? [ FLASH ! FLASH ! ]
- Non s'il vous plait, pas de... Je répondrai à toutes vos questions à la fin de mon laïus. [ FLASH ! FLASH ! ]

la Deadite
Le premier
EVIL DEAD sort en 1981, Sam Raimi est un parfait inconnu, le film est réalisé avec trois bouts de ficelles, petit budget. Et affole le box-office. L’époque est aux slashers, HALLOWEEN, VENDREDI 13 et autres FREDDY, mais Sam Raimi, rajoute une dimension démoniaque, du gore très gore, et de l’humour noir.

La recette reste inchangée pour les EVIL DEAD 2 et 3, du même Raimi, qui ensuite fera fructifier la franchise à partir de 2013 : remake, spin-off, suite. Sam Raimi reste producteur de la série, choisit les réalisateurs, et pour ce EVIL DEAD BURN a confié les rênes au français Sébastien Vaniček, qui s’était fait remarquer avec VERMINES il y a trois ans.

Comment un réalisateur français allait-il poser sa patte sur l’univers très codifié du genre ? Très simple, il ne la pose pas ! Ah si, son héroïne Alice Price (l’actrice suisse Souheila Yacoub, qui a débuté au cinéma avec Gaspard Noé, et vue dans DUNE) fume une clope au début, et une à la fin. On est donc dans du cinéma subversif. Ou cette réplique de son mari qui lui reproche ses embrassades à son beau frère: « tu sais, en France, on se fait une branlette pour se dire bonjour ». Moment de poésie rabelaisienne. Et puis on entend lors d’une scène d’obsèques « La chanson des vieux amants » de Jacques Brel, et à la fin « Elle était si jolie » d’Alain Barrière. La french’s touch se résume à : clope, branlette, crooner d’Ehpap (rendons pour l'occasion à Brel sa nationalité belge).

Pour le reste, on prend les mêmes et on recommence, sachant que pour y comprendre quelque chose il faut avoir vu les deux premiers de la nouvelle trilogie. On a la deadite (créature démoniaque) Jessica qui cherche à retrouver une dague dont on dit qu’elle est la seule arme à pouvoir terrasser les démons. Elle s’en prend d’abord à Will Price (le mari d’Alice), le zombifie, qui plus tard sortira de son cercueil pour zombifier à son tour son papa, etc... etc... toute la famille Price y passera, même la mamie en fauteuil roulant, qui inquiète dès la première seconde, ce n'est pas le sens du suspens qui étouffe le réalisateur. 

Après une séquence pré-générique où deux jeunes pêcheurs sont déchiquetés, broyés, concassés par une Jessica vindicative - efficace en termes d’horreur mais sans rapport avec le schmilblick - la suite du film tient dans une réunion de famille, tendue, dans une grande baraque isolée - forcément - où tout le monde finira par s’entre-tuer. Ce qui n'est pas aisé, puisqu'un deadite est résistant. Ainsi, papa, rigolard, se tire trois balles en pleine gueule, mais continue à cavaler avec ses trois trous dans le crane !  

On relèvera une scène pas mal dans l’habitacle d’une voiture ou papa s’en prend à sa belle fille, les broches de l’appui-tête en guise de fourche. Ensuite, c’est le crescendo habituel, à qui le tour, et comment ? Tous les ustensiles de cuisine ou outil de jardinage y passent, mention à la débroussailleuse qui tranche, charcute et décapite. Personne ne sera épargné, même le chien massacré à coups de fourchette. Le chien ? Ah non, brave bête…

Le scénario mince comme une feuille Rizla+ regorge d’incohérences et de grotesques, la première étant : mais Alice, pourquoi tu ne te tires pas dès la première alerte ? (un marqueur de ce genre de productions, les protagonistes, sous le coup de l'émotion sans doute, sont cons comme des bites). Comment le massacre au crématorium à l’issue de la cérémonie n’alerte personne ? Parce que ça laisse des traces aux murs ces petites plaisanteries. 

dfhdfh
Santé ! 
Comment Alice (elle s’est finalement dit qu’il était temps de décamper) se retrouve sur un chantier situé à des kilomètres, pourquoi flics et ambulances débarquent, et pas avant ? Et surtout, pourquoi la maléfique Jessica, qui semble tout connaître sur tout, ne s’en prend-elle pas directement à celui qui connaît le secret de la dague ? Scénario d'une inconsistance crasse, simple support pour tourner des plans. 

- Vous ne vous attendiez tout de même pas à une finesse psychologique toute bergmanienne dans l'écriture ? 
- Certes, mais au moins être surpris, étonné, un minimum d'originalité... 

Donc va-t-on se rattraper avec la mise en scène ? Foutaise ! Des plans hachés (sic), ultra courts, pas plus de 4 secondes. Des idées de cinéma ? Peau d’zob ! Tout semble avoir déjà été filmé cent fois. Aucun travail sur les cadres ou la lumière qui pourraient ficher la trouille, tout y est filmé comme si l'électricité n'existait pas, les rares touches de couleur sont rouges... Ambiance abusivement malsaine, mais rien d’anxiogène. Vu le décor et les tronches c’était le moins. 

EVIL DEAD BURN
serait comme un étal de boucherie, on désosse, on retire le gras et les abats, c'est bêtement répétitifs, sans surprise, lassant. Chaque coup de couteau est surligné par un grondement musical tonitruant. Même pas peur, et pire, on s’emmerde franchement. Rarement un film d’1h50 m’a paru durer 4h00. Évidemment aucun humour, aucune ironie, aucune référence aux classiques du genre. Les cinéphiles n’ont rien à se mettre sous la dent, à moins que le plan du regard à travers la porte fracassée soit un hommage à SHINING. 

- Bah alors pourquoi avoir été voir ça ? 
- Voyez mon attaché de presse.  

Sébastien Vaniček nous fait le coup des scènes bonus tin tin tin en cour de générique de fin (la mamie jambes coupées qui rampe sur l'asphalte / retour de Ellie du précédent opus EVIL DEAD RISE), histoire sans doute de nous sortir de notre léthargie. Je ne sais pas si le producteur Sam Raimi a aimé le résultat, si son poulain français a répondu à ses attentes, si c’est le cas, c’est que le curseur est tombé bien bas. 

Ce truc n’a strictement aucun intérêt. 


Couleur - 1h50 - format scope 1:2.35 

- M’sieur Luc B [ FLASH ! FLASH ! ] pourquoi avoir été voir ce nanar ? 
- Pas tout le monde à la fois [ FLASH ! FLASH ! ] et s’il vous plait pas de photo… Film projeté dans un cinéma de quartier dans le cadre d’un cycle horreur, et quelqu’un qui connaît quelqu’un que je connais avait une place gratos… 
- Comment le public a-t-il réagi ? Y a-t-il eu un débat après la projection ?
- On était douze, dont la moitié était visiblement des potes de l’organisatrice. Un débat ? Je sais pas, je suis parti tout de suite, y'avait ni binouzes ni cahouettes… 
- Est-ce que vous irez voir EVIL DEAD WRATH déjà annoncé pour l’année prochaine ? [ FLASH ! FLASH ! ] 
- La conférence de presse est terminée, M'sieur Luc left the building.

👉 Le film est la suite de EVIL DEAD RISE, chroniqué à Noël (!) par Bruno :  - clic ici -  



14 commentaires:

  1. Shuffle Master.18/9/26 14:09

    Bien rigolé, pour cet éreintement en règle, avec une assez belle définition du cinéma subversif. Les films d'horreur, de zombies...etc, je ne peux pas, j'ai vraiment l'impression de perdre mon temps.

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    1. Problème récurrent d'une majorité de films de genre. On semble croire lamentablement qu'il suffit d'un déballage d'effets gore pour réaliser un film saisissant. Terrifiant ? Quand on voit un film de 1963 comme "La Maison du Diable" (The Haunting) où tout (ou presque) est suggéré, et que c'est probablement mille fois plus intéressant, on se demande si, aujourd'hui, on n'a pas copieusement régressé. On tombe dans la facilité des effets spéciaux au détriment de l'histoire. Même "Evil Dead", 1er du nom, n'a pas tellement que ça (oui, c'est relatif) de scènes gores. L'absence de budget avait poussé cette troupe d'apprentis, à faire fonctionner leurs méninges pour jouer avec les lumières et les plans de caméra. Rappelons au passage que dans les réalisations de Sam Raimi, ça fourmille de référence à Lovecraft, Stephen King, Clint Eastwood, Métal Hurlant (Heavy Metal), Sergio Leone et Tex Avery... entre autres 😊
      C'est comme les films de zombies. Avec George Romero, il y avait quelques scènes de boucherie, et puis avec l'incursion dans le genre d'un frappa dingue comme Lucio Fulci, ça a débordé sur la surenchère. - Ce que semble faire d'ailleurs, d'après la chronique, ce "Evil Dead Burn" -. Du coup, l'effet de surprise, le suspens, les "passages haletants" disparaissent en laissant place à un déballage stérile et incessant de charcutage artisanal

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  2. Oserais-je faire une comparaison (toute cinéphilique bien sûr) avec le cinéma porno ? Rares sont ceux qui sortent du lot, se contentent de se conformer au cahier des charges, que la décence m'interdit ici de préciser. Le genre "slasher" obéit à des codes. On pourrait dire la même chose du western. Le film d'horreur a beaucoup de succès encore aujourd'hui, les films sortent en été, sans promotion particulière, et font beaucoup d'entrées en salle. Il y a une vraie clientèle pour ce genre, et ce depuis 50 ans. C'est comme le heavy métal, on n'en parle jamais dans les médias, on s'en moque parfois, mais les concerts et festivals sont blindés. Ma fille qui était avec moi sur ce "Evil Dead" (qu'elle a trouvé nul aussi) a vu ensuite le dernier "Resident Evil", dont elle m'a dit beaucoup de bien. Comme souvent, quelque soit le genre abordé, un film est réussi s'il y a une vraie proposition de cinéma, de mise en scène, un point de vue, une écriture. Si c'est pour photocopier ce qui a déjà été fait, sans proposer de la nouveauté (au risque de décevoir les fans) ce ne sera que de la redite, un simple produit.

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    1. Ou le cahier décharge, en l'occurrence. Mouarf...

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    2. Shuffle Master.19/9/26 11:12

      Je n'avais pas osé la faire.

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    3. Le dernier "Resident Evil" a effectivement bonne presse.
      Sinon, question "cahier des charges", les messieurs qui l'imposent, devraient revoir leur copie. Depuis quelques années, il semblerait qu'on s'évertue à flinguer toutes les "sagas" - "univers" -. Même les histoires inspirées de romans dérapent, glissant vers des eaux boueuses - pour ne pas dire la fange. Il y a aussi trop de trop...

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    4. Osez, comme disait Alain... Et osons, comme dirait François.
      En plus, c'est parfaitement raccord avec notre RIP de demain ("Z'êtes une pute... (...) Non, l'aventure moderne n'est pas dégueulasse, nous avons des éthiques !")... Ce serait bien que cette série noire s'arrête un p'tit peu, d'ailleurs car c'est l'hécatombe en ce moment...

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  3. Ce sont les films de Cronenberg comme la Mouche, scanners, faux-semblants qui me mettent un peu mal à l'aise. Les slashers même pseudo comique comme les "castors zombies" avec contamination de pin-up qui se retrouvent à poil avec une raquette de pingpong scotchée dans la raie du c**l ne m'amuse guère. Dans la saga Evil Dead, j'ai un faible pour le 3ème dans un moyen-âge lofcratien burlesque qui est mon favori même si complètement hors sujet par rapport aux deux premiers.... Du guignol pour adultes insensibles...

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  4. Ce genre de films, ça traduit depuis une quarantaine d'années (depuis que les banquiers et les comptables ont pris le pouvoir dans le milieu artistique et segmenté les productions, un type de produits conçus pour un public bien précis) la fuite en avant dans une multitude de sous-genres (jouer plus vite et plus fort en musique, faire passer le message au détriment de l'écriture en littérature, aligner les morts et les tonnes de faux sang dans les films dits d'horreur, ...).
    Combien de gens qui vont voir ce machin ont vu des films de Tourneur, La maison du diable citée plus haut, la nuit des morts vivants de Romero, ou ont saisi l'humour et le second degré des deux premiers Evil dead (le troisième est en roue libre totale) ou du Braindead de Peter Jackson ? On peut supposer que Vanicek les a vus et avait peut-être un autre résultat final en tête, mais le type qui à Hollywood tenait le chéquier lui a clairement fait comprendre ce qu'il attendait de lui ...

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    1. C'est malheureusement probable... Lorsqu'on propose à Mickey Rourke de tourner "L'Irlandais", basé sur un roman de Jack Higgins sur l'IRA (qui a été inspiré par un triste fait réel), est plus qu'enthousiaste. Bien que né aux USA, il se sent de grandes affinités avec l'Irlande son père (môman est elle d'origine française) et s'implique totalement dans le film. Cependant, déçu en cours de tournage, il témoignera qu'au 2/3 ou 3/4 du film, un producteur - ou une caricature avec généreux embonpoint, gros cigare puant, bagouses et comportement irrévérencieux et hautain - débarque en plein rush pour voir l'avancement et les maquettes. Satisfait, il impose néanmoins plus de scène de bisous-bisous - et dont une à oilpé - et un degré supplémentaire de violence... Pour Mickey, ce rustre qui n'avait finalement que faire de l'histoire, encore moins de l'art, avait gâché le film.

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  5. P.S. : Imaginons, rien qu'un instant, qu'un film tel que "Wolf" (oui, celui avec ... - aïe mama ! - Michelle Pfeiffer) sorte aujourd'hui dans les salles obscures... Un bide ?
    Voire "Aux Frontières de l'Aube", "Fright Night", "La Mouche", "L'Antre de la Folie"... Il n'a qu'à constater ce qu'a fait Hollywood avec le remake de "La Maison du Diable" (THe Haunting) avec le bubble-gum carton-pâte "Hantise"... Une honte ! Depuis des années, trop souvent, on tourne les films de genre - tout comme parfois de SF et de Fantastique - comme des clips vidéos !
    Exceptionnellement, le préquel de "The Thing" n'est pas décevant 👍

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  6. Les films d'horreur ont toujours eu la côte, ils sortent l'été généralement, quand le public visé est en vacances. On ne compte plus les remake, suites, préquels, dérivés divers de film sortis il y a 40 ou 50 ans. On en est à combien de Prédator, Alien, Halloween, Cannibale Machin Chose... Et puis de nouvelles franchises sont arrivées, Resident Evil, Destination finale, Conjuration... Et puis des séries TV aussi. Des films pas si couteux, et relativement faciles à faire puisque respectant scrupuleusement les codes du genre. Dans le lot, il y a parfois de bonnes surprises, si le réalisateur est inspiré, si on lui donne les moyens d'être original. Le plus intéressant c'est lorsque de grands metteurs en scène reprennent ce genre. Hitchcock, Robert Wise, Richard Fleischer, Cronenberg, Polanski, Friedkin, et évidemment Kubrick. J'en oublie surement. Il y a eu récemment de bons film d'horreur français, angoissants, des petits budgets, "La nuée", "Grave" de Julia Ducournau, les films de Coralie Fargeat. Ou même "Coupez !" de Hazanavicius, gore et hilarant.

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  7. J'ai oublié de citer De Palma avec "Carrie" dont j'apprends le remake sous forme de série. Au propos édulcoré. Il y avait dans ces années là, contre culture oblige, une volonté de choquer les bonnes mœurs, secouer le bourgeois, certains films étaient vraiment déviants, voyeuristes, même racoleurs, malaisants. La violence côtoyait la sexualité, c'était aussi l'époque où le porno n'était plus clandestin, était diffusé en salle. Les premiers films de Wes Craven, ou ce "I spit on your grave" que j'ai découvert récemment, qui a donné d'innombrables suites, contient des scènes de viols très réalistes, film interdit de projection dans plein de pays, ou en version coupée.

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  8. Bonjour Luc B. Désolé mon message n'a pas de rapport avec votre publication, mais je jette une bouteille à la mer. Cela concerne une illustration de montage de rock progressif posté par Ben je crois, je n'arrive pas à trouver de référence musicale pour la boule rouge, jaune et noire dans le cadre de Rush entre Gentle Giant et King Crimsom. Je sèche lamentablement. Si vous pouviez m'aider ce serait sympa. Merci

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