Les musiciens, on va donc les entendre, jouer et parler. Enfin, presque. Car l’autre idée de mise en scène, est de filmer les interviews sans le son ! Surprenant effet, on se tourne vers la cabine de projection pour vérifier s’il n’y a pas de bug, mais non, c'est fait exprès. Les propos tenus apparaissent dans un second temps, comme les cartons d’un film muet. Dans le but de ne pas interférer avec la musique ? Pourquoi pas, mais alors dans ce cas, pourtant certains sont muets, et d’autres pas ? Et pourquoi n'avoir pas sous-titré tout le film pour laisser la place entière à la musique ? C’est dommage.
Ce qui dommage, donc, c’est aussi de ne jamais entendre Klaus Mäkelä. Un problème d'égo ? Je ne cause pas au même rang que la plèbe ? On le voit beaucoup à l’image, le film commence sur lui, dans les couloirs, il est filmé sous tous les angles, suant à grosses gouttes, diriger par gestes tonitruants. Il aurait été intéressant d’avoir son ressenti, sur sa conception de la musique, sur l’orchestre et les musiciens, mais aussi sur le dispositif original de Philippe Béziat.
Le réalisateur fait des focus sur certains musiciens. Un cornettiste dont c’est le dernier concert (c’est assez émouvant, on voit la main de son voisin se poser sur son bras juste après son dernier solo), cette violoniste venue d’Arménie (mais pourquoi la suivre, elle, dans la rue ?), le percussionniste du fond inquiet du respect du tempo, le violoniste vétéran entré dans l’orchestre il y a 45 ans. Assez beau aussi les contrebassistes, dont un jeune gars qui s’écoute, comme s’il s’entendait pour la première fois, qui refait ses gestes, où le recrutement à l'aveugle d'une altiste.
Une séquence est amusante. Ecran noir sur lequel s’affichent des citations anonymes de musiciens, qui racontent l’envers du décor, du genre « mon voisin de pupitre joue super bien, mais quel con ! », la lassitude après 20 ans, les petites jalousies (« moi je n’ai jamais de solo ! »), ce sentiment de n'être qu'un rouage de la belle mécanique générale.
Beaucoup de sous-titres dans NOUS L’ORCHESTRE, mais curieusement, pas quand il faut, c’est dommage. On entend quoi comme œuvres ? On n’sait pas. Il faut attendre le générique de fin pour identifier des passages de « Le Sacre du printemps » ou « Petrouchka » de Stravinsky, le « Concerto en sol » de Ravel, « Le Mandarin merveilleux » de Bartók, la « Symphonie n°8 » de Malher, et plein d’autres… C’était compliqué d’incruster les titres ? Comme le nom des intervenants, les chefs invités ? Boum, ça débarque comme ça, on ne sait pas qui, pourquoi. Mention à un ce vieux bonhomme encore gaillard : Herbert Blomstedt, 97 ans aux pruneaux.
Vous aurez compris que je reste dubitatif par les parti-pris de mise en scène qui ne rendent pas le film pédagogique. Comme le travail du chef d'orchestre, sa vision de l'œuvre, n'est pas expliquée. Dommage. Seul un gars comme le Toon y trouverait son bonheur, lui n’a pas besoin de sous-titre !
Je pensais qu’on assisterait à la création d’une œuvre, ses rouages, à la chronologie des répétitions, espionnant comme la petite souris comment les cordes travaillent, les soufflants, comment l'ensemble s'assemble. Et finir sur une captation entière d'un mouvement de symphonie.
Dommage que toute cette technique inédite en terme de prise de son soit desservie par un montage anarchique, sans lien, sans récit ni réel point de vue.






Bon, un film pour le Toon, quoi. Et encore...
RépondreSupprimerM'enfin Shuffle, quel est cet a apriori !!! Je me gausse...
RépondreSupprimerBen justement certainement pas.
Si on réunit 120 musicos (moins ou plus, des deux sexes) dans une salle avec une disposition précise (question de climat et de timbres), ce n'est pas pour se faufiler les filmer en contre plongée. Heureusment que les filles sont en robes longues.... 😅😅😅😅😅
La vue de l'ensemble surtout avec une bonne place centrale permet d'écouter en 3 D.
Karajan avait parfaitement spécifier le job du maestro : "plus vite, moins vite, plus fort, mois fort avec un petit détail pour préciser le motif"... J'aime beaucoup Klaus Mäkelä en couple avec Yuja wang...
Je verrai ça quand ça passera sur le câble, Luc a tout dit... "montage anarchique, sans lien, sans récit ni réel point de vue." Pas vendeur le Luc !
Oui incoyable : Herbert Blomstedt, 98 ans cette année a fait un malaise à San francisco dans la 9ème de Bruckner. Un petit soutien pour mieux l'installer et c'était reparti.... Il du annuler des concerts à Berlin pour... la 9ème de Mahler, 1H20, une partition diaboliques.... Il va faire comme Molière cet Homme.
RépondreSupprimerPetite précision: Molière n'est pas mort en scène, mais chez lui, après une représentation. On ne souhaite ni l'un ni l'autre au susnommé Blomstedt que je n'ai d'ailleurs pas l'honneur de connaître. Il y a quand même un truc qui me surprend, c'est que les musiciens ne s'entendent pas les uns les autres. Vu le niveau desdits musiciens, c'est fortement improbable, mais en cas de (léger) couac/décalage, il se passe quoi?
SupprimerOui, tu as raison pour Molière, j'y ai pensé, mais c'était l'idée de l'artiste qui ne veut jamais abandonner dont je parlais. Bernstein n'a pas pu terminer un concert, trop épuisé par son cancer qui l'emportera peu de temps après… En 1996, Mariss Jansons s'effondre à Oslo à cause d'un premier infarctus. Il continuera de les enchainer jusqu'en 2019 (76 ans)… Mais chaque concert deviendra un risque pour ce chef très sympathique…
SupprimerBon bref, les musiciens ne s'entendent pas vraiment… il y a des petits décalages bien évidement, des notes pas trop justes, surtout chez les violonistes… On ajoute des panneaux "coupe son" en plexiglass entre les trombones (dernier rang) et violoncelles juste devant.
Anecdote : lors de la création de la suite scythe de Prokofiev (le second mouvement est une arme de destruction musicale 😊), un violoncelliste aurait dit "c'est vraiment parce que j'ai quatre gosses à nourrir !).
J'ai vu la bande-annonce. Le gars qui parle de millisecondes me fait marrer. Tu parles, il y a des effets de "tombée" de notes (résonnance) qui perdurent…. Il ne se passe rien, on continue... et basta pour les mélomanes fâcheux qui les discernent !!!
Jeudi il y aura un billet sur Fauré. Justement j'en ai profité pour évoquer la naissance au forceps de l'orchestre de Paris qui est bon, tout de même, mais n'a jamais réussi, en raison de conflits futiles, à se hisser vraiment au rang de grand orchestre international…
Tu t'es abonné à Mezzo ? Déjà que les concerts, qu'ils soient de classique, de jazz, de rock, de klaxons, ... ça vaut pas les disques, alors des zicos qui répètent ...
RépondreSupprimerSi j'ai bien compris, ça vaut pas Tar ou Wiplash ...
Mezzo, je l’ai gratos quand Orange oublie que je ne suis pas abonné, quelques semaines dans l’année. Ce film est un documentaire sorti au cinéma. Question mise en scène ca ne vaut evidemment pas Tár ! Je pense que la bonne idée aurait été de le faire sous forme de série, en 4 ou 6 épisodes. Mais avec pour l’écouter un sacré matos audio. Dans une salle bien équipée, ca envoie le (haut) bois. Claude, les caméras sont minuscules, disposées sous les pupitres je pense, il n’y a pas de cadreur qui se faufile à quatre pattes !
RépondreSupprimer"il n’y a pas de cadreur qui se faufile à quatre pattes !" Ah bon ? Je suis déçu 😊. Je ne me suis pas posé la moindre question technique sur ces plans bizarres.
RépondreSupprimerEn fait j'ai Mezzo, je crois... Mais je ne regarde jamais. Comme Lester je préfère le disque (CD ou LP) écouté il est vrai sur du matériel audiophile assez haut de gamme. Ok les climax sont compressés en symphonique, mais sur les petites formations (trio, quatuors) c'est très réaliste et je peux écouter ce que je veux quand je veux. J'ai plusieurs Opéras en DVD et je branche la sortie audio RCA sur l'amplifiacteur de la chaîne...
J'adore Kate Blanchett, elle est divine mais Tar est truffé d'incohérence, je n'ai pas aimé le personnage... La 5ème de Mahler en plus, je la sens mal barrée... Enfin à mon humble avis... Ils vont s'entretuer pendant la répétition du rondo !!!
Pour info, tu as quoi comme système d'écoute?
RépondreSupprimerPlatine LP Rega P6 + cellule goldring 1042 MM
RépondreSupprimerAmpli Lavardin Is REf + Carte intégrée pour Phono + Câble auditorium 120
Lecteur CD Rega Saturn
Tuner Rega 3 (plus disponible) + antenne Dynalab. ST2.
Enceintes B&W Nautilus 805.
Record : le lecteur laser du Saturn a dû être changé au bout de ... 17 ans (Rega en a en stock :))
Ah oui....Lavardin, connais pas... Les B&W ça fait un moment que ça me démange.
SupprimerVoilà qui est très... précis.
SupprimerLavardin est une marque Française de Nevers (je crois) qui fabrique des amplis 100% à la main ! Composants qualité militaire, cablâge en paladium, or et argent... des gaines "un peu secrètes". Ils supprime les "distorsions de mémoire". En classique, les timbres sont très naturels...
RépondreSupprimerEn fait j'achète depuis un bail ces appareils un peu confidentiels chez HIFI 113 tenu parAlain Choukroun dans Paris 15 qui vend du matos comme on vend des pianos ou des guitares de marque.... B&W abuse sur les prix. Les 805, l'entrée de gamme Nautilus sont à 12 000 € ! Faut pas deconner, celles que j'ai coûtaient 4000€.en 2007. L'évolution n'est plus assez convaincante pour justifer cette inflation ! Alain ne le les vends plus... Les JBL L82 sont extras pour le prix ! Une exception pour cette marque peu réputée en classique...
https://hifi113.com/
Prtite question tu habites où ?
Bon WE...
Choukroun, c'est une référence dans le milieu audiophile. Bel ensemble en effet. Je suis allé jeter un œil (inspecter...) sur le site Lavardin. J'habite Mont-de-Marsan, où comme dans beaucoup d'endroits, il n'y a absolument rien en matériel. L'employé d'un magasin d'électro-ménager du centre ville étant branché hifi, il avait monté un petit auditorium à l'étage, for honorable. Mais le magasin a fermé (Darty, But...etc) , le mec est parti à la retraite, le schéma classique. J'avais un lecteur CD à changer pour une deuxième chaîne dans le "bureau" (ancien garage...) et je suis allé chez Perfect son à Pau. Pas mal du tout, même si comme souvent dans le milieu, le type est bien élitiste. Je lui ai pris le petit Atoll MD 100, ayant déjà depuis au moins 20 ans l'IN 100.
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